EVERGREY – The Atlantic

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Mesdames et Messieurs, bienvenue à bord.
Le capitaine Tom S. Englund (chant, guitares rythmiques, composition) vous emmène sur son navire pour la dernière étape d’un voyage entamé en 2014 avec l’excellent « Hyms For The Broken » et poursuivi il y deux ans avec « The Storm Within » un poil moins marquant.

Intitulé « The Atlantic », l’ultime volet de cette trilogie nous propose une traversée mouvementée des différents océans de la vie. Au gré des tempêtes ou des vents maritimes plus calmes, l’aventure de la vie complexifie chaque jours davantage la personnalité d’un homme, le construit ou le détruit, le change… Voici l’idée globale du thème véhiculé par cet album issue de l’esprit torturé, sensible et ô combien intelligent de Tom S. Englund.

Il a toujours été difficile de cantonner Evergrey à un style particulier : à la fois Metal, Progressif, Power, Heavy…en 20 ans de carrière, le groupe s’est forgé une réputation solide et a surtout réussi l’exploit de gagner le respect d’un panel assez large de fans de Metal.
En ce sens, « The Atlantic » renforce encore plus cette reconnaissance et pourrait même faire rentrer le combo scandinave dans la légende, car ici tout est réuni pour atteindre l’excellence…

La production d’abord, signée Jacob Hansen, qui confère au groupe une puissance rarement entendue sur un album d’Evergrey, tout en laissant briller de mille feux le sens de la mélodie mélancolique des Suédois. Tout est bien en place, chaque instrument se distingue aisément tout en se fondant dans la masse musicale des compositions pourtant plus orientées « guitares » que jamais.

La qualité des compositions ensuite : la richesse des textes se met au diapason de la musique. Dans la tempête ou sur les eaux douces, les compos présentées ici naviguent toujours de concert musicalement et lyriquement. Dès le premier titre, « The Silent Arc », la magie opère et surprend entre la brutalité des riffs presque black (j’ai dit « presque »), la beauté des paroles et la subtile mélodie plus mid-tempo du refrain.

Les frissons viennent tour à tour nous courber l’échine au gré de ce voyage dans un océan musical varié toujours marqué de l’empreinte reconnaissable d’Evergrey. Entre riffs inspirés du Black, rythmiques thrash, tonalités Doom (« All I Have ») ou accents Pink Floyd (« Current »), le navire ne dévie jamais de sa trajectoire face à cette déferlante de vagues inégales.
Et malgré cette diversification, le tout est homogène et surtout ne se noie pas dans un abus d’orchestrations comme on pouvait retrouver sur « The Storm Within ».

L’interprétation et la créativité des musiciens enfin. On a l’impression que ces gars-là ont atteint la maturité musicale ultime, à savoir qu’ils semblent au sommet de leur art. Bien encadrés par le producteur Jacob Hansen, l’équipage ne présente aucune faille. L’inspiration et les arrangements du claviériste Rikard Zander, qui livre ici de magnifiques mélodies de piano comme sur « End Of Silence », administre à l’œuvre la touche de classe qu’elle mérite, en discrétion mais indispensable. La section rythmique est sans faille. Le batteur Jonas Ekdahl martèle ses fûts sans jamais trop en faire et le bassiste Johan Niemann s’y associe à merveille.

Mais que dire du travail accompli par Henrik Danhage aux guitares et Tom S. Englund au chant ? Entre rythmiques brutales, riffs variés et soli inspirés, le premier déploie tout son talent avec beaucoup de feeling. Quant au sieur Englund, il délivre sa performance la plus aboutie vocalement depuis des lustres. Indépendamment de son timbre naturellement chaud et de son insolente facilité à imaginer des mélodies accrocheuses, il parvient à nous faire ressentir ses émotions les plus poignantes.

Si la fin abrupte du voyage laisse perplexe quand « The Ocean » se termine, c’est parce qu’on ne ressort pas indemne de l’expérience. Il faut plusieurs écoutes pour discerner les nombreux trésors de « The Atlantic », un chef-d’œuvre à l’état pur qui marquera les esprits.

Au cours de cette croisière longue de 54 minutes environ, les suédois nous font vivre toutes sortes d’émotions : noirceur et mélancolie surtout, mais aussi brutalité et beauté…le tout enjolivé de poésie.

J’arrête décrire, je remets mon casque, j’appuie sur « repeat », je ferme les yeux…

Liste des morceaux:

  1. A Silent Arc
  2. Weightless
  3. All I Have
  4. A Secret Atlantis
  5. The Tidal
  6. End Of Silence
  7. Currents
  8. Departure
  9. The Beacon
  10. This Ocean

Pays: SE
AFM records
Sortie: 2019/01/25

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