FLASH – In the USA

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Nous retrouvons Flash, excellent groupe anglais des années 70, dont nous avions déjà eu l’occasion de parler en 2010 dans le contexte des rééditions de ses albums ʺFlashʺ (1972), ʺIn the canʺ (1972) et ʺOut of our handsʺ (1973). Ce groupe formé par le guitariste Peter Banks après son passage dans Yes en 1969-70 était un petit maître dans l’art de tresser du rock progressif pêchu, vivifiant et complexe. Comme bien des groupes anglais, Flash a tenté de conquérir les États-Unis. Il faut dire que les bons résultats commerciaux de ses albums au pays de l’Oncle Sam (33e, 121e et 135e place dans l’ordre pour les trois disques au Billboard 200) avaient incité le groupe à tenter une percée décisive de l’autre côté de l’Atlantique. L’Amérique a toujours été le Saint Graal pour les groupes anglais et la conquête de ce pays était l’étape indispensable pour se retrouver dans l’Histoire ou au contraire sombrer dans la série B au niveau mondial. Il y a donc eu ceux qui ont réussi (Beatles, Rolling Stones, Led Zeppelin, Black Sabbath…) et ceux qui ont échoué (Status Quo, Slade, Uriah Heep…), Deep Purple étant un cas particulier puisqu’il a rencontré plus de succès aux États-Unis que dans son Angleterre natale lors de ses débuts en 1968.

Mais revenons à Flash. En 1972, ce groupe nouvellement formé et signé sur le label Sovereign possède des atouts de poids, avec l’excellent jeu de guitare de Peter Banks, la basse métronomique et rassurante de Ray Bennett (par ailleurs compositeur majoritaire des chansons du groupe), le chant expressif et péremptoire de Colin Carter et les prouesses du batteur Mike Hough. Ces quatre mousquetaires du rock progressif dans ce qu’il a de meilleur sont remontés comme des pendules à l’idée d’aller soumettre les Yankees lors de tournées marathon. Trois tournées américaines vont donc être organisées entre juillet 1972 et novembre 1973. La première dure deux mois et voit Flash se lancer 49 fois sur les planches de salles de concert un peu partout aux USA, de l’est à l’ouest et du nord au sud. Les groupes avec lesquels Flash joue font rêver : Dust, Chamber Brothers, Blue Öyster Cult, Black Sabbath, Black Oak Arkansas, Argent, Beck Bogert & Appice, Rory Gallagher, Savoy Brown, Foghat, Joe Cocker, Allman Brothers, Gentle Giant, Chuck Berry, Amboy Dukes, Canned Heat…

À peine revenu au pays fin septembre 1972, Flash fomente de nouveaux plans pour repartir aux States. Dès décembre 1972, une deuxième tournée de deux mois est organisée. C’est essentiellement la moitié est du pays qui est visitée, avec des groupes de soutien ou headliners comme Roxy Music, Humble Pie, Flo & Eddie, Steve Miller Band ou Quicksilver Messenger Service ou Jo Jo Gunne. Dès que la machine à remonter le temps est inventée, je file au Ford Auditorium de Detroit le 22 décembre 1972 pour voir Flash jouer sur la même scène que Blue Öyster Cult. Notons qu’un concert enregistré à Kansas City le 21 janvier 1973 a déjà fait l’objet de l’album live ʺIn publicʺ, sorti en octobre 2013.

La troisième tournée a lieu du 7 août au 17 novembre 1973, où Flash donne 65 concerts (avec une dizaine de dates annulées) et partage la scène avec Wishbone Ash, Santana, Grand Funk, T.Rex, Brownsville Station, Captain Beyond ou Three Dog Night, entre autres. Le moindre recoin des États-Unis est visité par Flash, qui ne ménage pas ses efforts pour donner tout ce qu’il a sur scène.

Toutes ces précieuses informations sur les dates des concerts américains figurent dans le magnifique livret du triple CD ʺFlash in the USAʺ, qui sélectionne une bonne vingtaine de morceaux captés sur scène en différents endroits des États-Unis. Les concerts ne sont pas complets et on trouve en général deux ou trois morceaux, à part les six titres du concert au My Father’s Place de Roslyn dans l’État de New York, le 1e août 1972. Pour le reste, on trouve aussi des performances données aux studios Ultrasonic d’Hempstead (New York) le 18 juillet 1972, au Capitol Theatre de Paissac dans le New Jersey le 16 décembre 1972, à Indianapolis le 27 décembre 1972, à Burbank en Californie le 9 octobre 1973, à Miami le 26 octobre 1973 ou à Cape Cod le 24 août 1973.

La masse d’informations disponibles dans le livret est tout simplement formidable, avec des photos, des affiches des extraits de journaux. C’est une véritable encyclopédie qui raconte par le menu les détails de ces tournées américaines par Flash. Mais il y a juste un petit problème : le son…

En effet, la plupart de ces enregistrements ont été captés dans le public, plus rarement sur les consoles des radios et il faut malheureusement admettre que la rugosité du son ne sert pas les morceaux, qui sont souvent passionnants lorsqu’ils s’étendent sur plus de dix minutes. Mais le côté bootleg mal dégrossi reste néanmoins un problème. Autre point faible de ce triple CD : on retrouve à de très nombreuses reprises les mêmes morceaux. Par exemple, ʺChildren of the universeʺ revient cinq fois, ʺBlack and whiteʺ quatre fois, tout comme ʺSmall beginningsʺ. Les meilleurs extraits sont en fait les quatre morceaux du concert aux studios Ultrasonic à Hempstead, qui viennent d’une diffusion en radio. En comparaison, les trois morceaux du concert de Paissac qui viennent juste après sont quasiment inaudibles.

On reste donc sur une note de déception par rapport au produit fini, surtout si on est un fan de Flash. Pour ce qui est du livret et de l’objet, c’est une petite merveille. Mais le contenu est loin de valoir le contenant. On reste donc avec l’album ʺIn publicʺ, qui lui était impeccable au niveau sonore, pour se consoler en espérant qu’un jour, de nouveaux enregistrements live de Flash soient découverts, à condition d’être irréprochables au niveau sonore.

Le groupe :

Peter Banks (guitare)
Colin Carter (chant)
Mike Hough (batterie)
Ray Bennett (basse)

L’album :

CD 1
ʺBlack And Whiteʺ (12:47)
ʺThere No Moreʺ (11:54)
ʺMonday Morningʺ Eyes (5:39)
ʺSmall Beginningsʺ (7:52)
ʺChildren of the Universeʺ (10:44)
ʺLifetimeʺ (incomplete) (6:11)

CD 2
ʺSmall Beginningsʺ (8:46)
ʺThere No Moreʺ (10:08)
ʺChildren of the Universeʺ (11:01)
ʺDreams of Heavenʺ (14:03)
ʺSmall Beginningsʺ (8:11)
ʺBlack and Whiteʺ (12:45)
ʺChildren of the Universeʺ (12:33)

CD 3
ʺSmall Beginningsʺ (8:31)
ʺBlack And Whiteʺ (12:55)
ʺChildren of the Universeʺ (11:56)
ʺDead Aheadʺ (4:48)
ʺPsychosyncʺ (4:39)
ʺChildren of the Universeʺ (8:28)
ʺBlack And Whiteʺ (12:44)
ʺThe Bishopʺ (5:13)
ʺManhattan Morning (Christmas ’72)ʺ (6:39)

https://thinklikeakey.bandcamp.com/album/in-the-usa-live-recordings-1972-73
https://www.facebook.com/tlakmusic

Pays : GB
Think Like A Key Music
Sortie : 2022/09/09

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