GEMINI SYNDROME – 3rd degree – The raising

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Le néo-métal, ou nu metal, a eu ses grandes heures durant les années 1990 (Korn, Deftones, Limp Bizkit, Kid Rock…), puis s’est gentiment dissipé dans un mainstream plus commercial au fur et à mesure qu’il se coupait avec d’autres genres. Qu’est-il devenu aujourd’hui ? Une sorte de monstre qui plaît désormais à des artistes pop qui l’introduisent dans leur musique afin de faire bon genre (voir des petites louloutes aussi insignifiantes que mignonnes comme Poppy, Grimes ou Rina Sawayama). Il est peut-être un groupe potentiellement capable de remettre un peu de crédibilité au nu-metal actuel : Gemini Syndrome.

Ce groupe se forme à Hollywood en 2010 autour d’Aaron Nordstrom (chant et claviers), Brian Steele Medina (batterie et programmation), Alessandro “AP” Paveri (basse) et Meegs Rascón (guitare, arrivé en 2017 en remplacement de Charles Lee Salvaggio et Daniel Sahagun). Gemini Syndrome sort son premier album ʺLuxʺ en 2013, où il révèle des influences en provenance de Mudvayne, Five Finger Death Punch ou Tool. Cet album sorti chez Warner Bros est présenté comme le premier d’une trilogie et parvient à monter à la 150e place du Billboard, tout en s’assurant une troisième place dans le classement du Billboard Heatseekers, consacré aux groupes débutants. Trois ans plus tard, c’est Century Media qui s’intéresse aux Californiens en les intégrant dans sa filiale Another Century, au moment de la parution de ʺMemento moriʺ, deuxième album qui continue à se frayer un chemin dans les charts (115e au Billboard US et carrément premier au Heatseekers).

Les choses se présentent donc au mieux pour Gemini Syndrome, qui bénéfice d’un visuel fort, avec son chanteur albino de haute taille, Aaron Nordstrom, qui a aussi une fibre de philosophe. Ce n’est pas pour rien que les deux premiers albums de Gemini Syndrome s’appellent ʺLuxʺ et ʺMemento Moriʺ. Ils correspondent au cycle de la vie défendu par Nordstrom. Il y a d’abord la lumière de la vie (ʺLuxʺ), puis il faut accepter de se souvenir qu’on meurt tous un jour (ʺMemento Moriʺ) et enfin, il y a la renaissance, quelque part sous une nouvelle forme. C’est l’objet du troisième album ʺ3rd degree – The raisingʺ, promu par Nordstrom avec force philosophie de comptoir. D’après lui, notre passage sur Terre n’est qu’une transition et les corps des musiciens de Gemini Syndrome se sont efforcés au cours de cet album de transmettre des leçons aux autres humains de cette planète qui pourront ainsi identifier des choses qu’ils ont découvertes, soigner de vieilles plaies et connaître de nouvelles choses au sujet d’eux-mêmes.

Bon, très bien… Ce qu’on apprend surtout, c’est que Gemini Syndrome a beaucoup écouté les groupes classiques du nu metal, a tripatouillé le tout avec un peu de metalcore et nous fournit ici un album à l’originalité très discrète. Les choses commencent avec un mélange de néo et de mélodie (ʺReintegrationʺ), puis vient un petit saupoudrage metalcore (ʺIDKʺ) et de grosses ficelles destinées à faire sautiller le public lors de futurs festivals (ʺDie with meʺ). La mise en place continue de tourner autour du pot (vrai nu metal ? metalcore de synthèse ? on ne sait toujours pas) avec ʺBaptized in fireʺ, qui sort les grosses guitares mais continue de finasser avec le chant mi éthéré, mi énervé d’Aaron Nordstrom. On commence à sentir le vent tourner en faveur du nu metal à partir de ʺChildren of the sunʺ, avec ses ambiances rappelant Deftones, prélude aux deux morceaux les plus puissants de la sélection, ʺAbandonedʺ et ʺBroken reflectionʺ.

C’est ce court milieu d’album qui fait un peu vibrer car ensuite, la seconde partie du disque va se mettre tranquillement en vitesse de croisière, avec des titres plus routiniers, bien que certains épisodes tentent l’expérimentation (l’intermède bassiste ʺSum quod erisʺ, le final ʺFiat luxʺ). Le recours important à des atmosphères de ballades ralentit considérablement l’allure d’un disque qui avait déjà eu un peu de mal à trouver une route droite lors de son démarrage.

On ne saurait remettre en question l’honnêteté et la sincérité des propos musicaux tenus par Gemini Syndrome, qui croit à son truc de cycles de la vie et qui espère que les auditeurs qui écouteront leur disque ne seront plus les mêmes après écoute qu’avant écoute. On peut juste regretter le manque d’originalité et d’audace qui auraient pu remettre un peu le nu metal en selle. Leur album tient sans doute la route du point de vue technique mais la route est celle qui a été visitée maintes et maintes fois. Nous n’avons pas trouvé d’informations sur le classement de cet album dans les charts américains. Peut-être le soufflé est-il déjà retombé.

Le groupe :

Aaron Nordstrom (chant et claviers)
Brian Steele Medina (batterie et programmation)
Alessandro “AP” Paveri (basse)
Meegs Rascón (guitare)

L’album :

ʺReintegrationʺ (03:39)
ʺIDKʺ (03:35)
ʺDie With Meʺ (03:21)
ʺBaptized In Fireʺ (04:19)
ʺChildren of the Sunʺ (03:51)
ʺAbandonedʺ (04:21)
ʺBroken Reflectionʺ (03:32)
ʺSum Quod Erisʺ (02:26)
ʺBest of Meʺ (03:54)
ʺAbsolutionʺ (03:05)
ʺHold the Lineʺ (03:54)
ʺWhere We Started Fromʺ (03:44)
ʺFiat Luxʺ (03:14

https://www.facebook.com/GeminiSyndrome

Pays: US
Century Media
Sortie: 2021/10/15

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