GREEN JELLY – Garbage band kids

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Ici, ce n’est plus un retour, c’est une véritable résurrection qu’opère le légendaire Bill Manspeaker, rugueux leader du mythique combo Green Jellÿ, d’abord connu sous le nom de Green Jellö et qui a balancé dans les gencives son punk rock gueulard et rigolo depuis une quarantaine d’années.

Oui, l’histoire remonte à loin, à 1981 exactement, avec la formation de ce groupe dans la bonne ville de Buffalo dans l’État de New York. Green Jellÿ s’exclue lui-même du maintream commercial confortable avec un punk rock taillé pour les ruelles sombres, les bouches d’égout et les lupanars clandestins. Le résultat est une discographie de tout juste cinq albums, commencée en 1989 sous le nom de Green Jell-ö (ʺTriple live möther gööse at Budokanʺ, avec le morceau le plus connu du combo, ʺThree little pigsʺ), puis sous le nom de Green Jellö (ʺCereal killer soundtrackʺ, 1993), avant de devenir Green Jellÿ pour les albums ʺ333ʺ (1994) et ʺMusick-to-insult-your-intelligence-byʺ (2009). On le voit, les espaces entre chaque album se sont allongés, on a attendu 15 ans pour avoir l’avant-dernier album, puis 12 ans pour ce dernier en date.

Mais ceci ne signifiait pas que Bill Manspeaker se la coulait douce entre chaque album. L’homme a la particularité de tourner les deux tiers de l’année d’un bout à l’autre des États-Unis, débarquant seul dans les villes où l’attendent des fans ayant constitué un groupe d’accompagnement local, ce qui fait que Green Jellÿ peut s’enorgueillir de posséder le plus grand nombre de membres au monde, avec près d’un millier de musiciens répartis dans tous les États-Unis. King Gizzard & The Lizard Wizard et Gogol Bordello sont enfoncés.

Tout ceci est expliqué sur le dernier album, qui bénéficie en plus d’une riche illustration. La pochette du disque est hilarante, et on trouve dans le livret intérieur tout un jeu de dessins dus aux créateurs des cartes Garbage Pail Kids, qui sont au punk ce que les Pokémons sont aux débiles prisonniers du consumérisme idiot. Il y a donc de quoi s’amuser l’œil en regardant ces facétieuses images tout en se faisant reluire les oreilles à l’écoute des 17 morceaux péteurs qui constituent l’album. 17 morceaux, c’est pour la version CD car les acquéreurs de la version vinyle devront se contenter de seulement 12 morceaux.

Il est difficile de comptabiliser le nombre de musiciens ayant intervenu sur ce disque car Bill Manspeaker ne s’est pas contenté de convoquer des membres des Trailer Park Boys, Suicidal Tendencies, Fishbone, The Dwarves, Piledriver, Hacksaw Jim Duggin ou Kittie, il a aussi permis à une centaine de fans de participer à l’écriture et à l’enregistrement de certaines parties des titres. C’est vrai qu’il ne faut pas s’appeler Mozart pour composer ce punk potache et hâbleur qui constitue le menu de cet album. On y ajoute quelques pincées de crossover thrash et de grosses louchées d’humour bas du front et on peut alors se taper un banquet de bon gros punk rock hardcore à tendance comique troupier, coussin péteur et rigolade lycéenne dégénérée. Du premier morceau ʺPukeboxʺ au dernier titre ʺHolyman backʺ, c’est Laurel et Hardy en crête iroquoise, Mel Brooks en short militaire et rangers cloutées ou les Monty Python montés sur des Harley-Davidson rouillées qui nous déboulent sur la tronche, tailladant tout à coups de ʺPunk rock popʺ, ʺBack alley dentistʺ, ʺBeat my meatʺ, ʺWeirdoʺ, ʺFreetoe feetʺ ou autres tueries du même genre. Bien sûr, dans le tas, Bill Manspeaker et son armée nous glissent une nouvelle version de leur hit ʺThree little pigsʺ, pour commémorer le bon vieux temps, la gloire passée et refiler quelques derniers coups de pied au derrière pour bien enfoncer le clou.

Voilà, ce truc est l’anti-Radiohead par excellence, c’est un bon prétexte pour se marrer et prendre du bon temps devant le barbecue cet été, tout en dérangeant les voisins avec de la musique jouée trop fort. Le punk n’est pas mort !

Le groupe :

Bill Manspeaker (chant)
Un nombre incalculable de fans (tout le reste)

L’album :

ʺPukeboxʺ (03:19)
ʺSilence of the Squarepantsʺ (03:30)
ʺPunk Rock Popeʺ (03:18)
ʺFuxt Itʺ (02:59)
ʺBoy Who Cried Wolfʺ (03:57)
ʺDrinking Songʺ (02:34)
ʺBack Alley Dentistʺ (02:11)
ʺChampionʺ (02:23)
ʺ333ʺ (03:54)
ʺHey Hey Heyʺ (03:37)
ʺBeat My Meatʺ (02:34)
ʺWeirdoʺ (02:30)
ʺFreetoe Feetʺ (02:30)
ʺBallad of Green Jellyʺ (04:47)
ʺThree Little Pigsʺ (06:23)
ʺMaegnus Aerenaʺ (03:56)
ʺHolyman Backʺ (01:57)

https://greenjellysuxxmexico.bandcamp.com/album/garbage-band-kids
https://www.facebook.com/greenjellosuxx/

Pays: US
Cleopatra Records
Sortie: 2021/06/04

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