IMPERIALIST – Zenith

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Ce groupe s’appelle Imperialist, pas l’Imperialist thrash suédois qui n’a fait qu’une démo en 2006, mais un Imperialist américain qui vient de Monrovia. Pas le Monrovia, capitale du Libéria, mais Monrovia dans la banlieue nord de Los Angeles, au pied des Monts San Gabriel. Tout cela pour faire comprendre que le principal problème d’Imperialist est de lutter contre le générique, le risque d’être pris pour un autre ou de venir d’un endroit qui n’est pas son berceau d’origine. Il serait facile de se prémunir de ces risques en optant résolument pour une originalité inattaquable. En ce sens, Imperialist a quelques caractéristiques propres. D’abord il est composé d’une équipe entièrement d’origine latino-américaine : Rod Quinones (batterie), Bryant Quinones (guitare), Sergio Soto (chant et guitare) et Joshua Alvarez (basse), ce qui n’est pas étonnant quand on vient de Los Angeles, ville historiquement mexicaine piquée par les Américains. Ensuite, Imperialist joue du black metal mais a eu la bonne idée de remplacer les diablotins et les sabbats de sorcières par des thèmes de science-fiction. La peur et l’angoisse suscitée par leur black metal ne vient donc pas des tréfonds des enfers mais du sommet des étoiles.

Ce n’est pas bête, mais cela aurait pu encore plus le faire si Imperialist avait accompagné son style de nouveautés du point de vue musical, histoire de faire un peu évoluer le black metal vers un aspect plus scientifique et pourquoi pas plus progressif. Le groupe a eu l’occasion de commettre un premier EP en 2015 (ʺQuantum annexationʺ), où c’était encore Richard Nunez qui tenait la basse. Puis, avec l’arrivée de Joshua Alvarez (ex-Dei Anathema, ex-Knight Eternal, deux petits groupes de black défunts également originaires de Los Angeles), Imperialist a stabilisé ses effectifs et a pu sortir son premier album ʺCipherʺ (2018) sur le label Transcending Obscurity.

Nous avions eu l’occasion de chroniquer ce premier album qui, avec le recul et la comparaison avec son successeur, se révélait très intéressant et plein de promesses. Sur ʺZenithʺ, par contre, on est loin d’atteindre le sommet car il semble qu’Imperialist ait recentré sa technique sur des perspectives beaucoup plus étroites, faisant appel au seul black metal, dense et agressif, avec très peu d’ouvertures vers de la mélodie ou des genres alternatifs.

Si l’introduction au nom étrange ʺ01011000ʺ se répand dans un calme inquiétant basé sur des accords en quarte augmentée, le reste de l’album verse rapidement dans un black metal monolithique, envahi de guitares agressives et d’une rythmique très speed mais complètement mécanique. ʺThe mawʺ est ainsi le premier de ces morceaux fonceurs et bruts, parfois aérés par des passages un peu plus lents mais très brefs. Il n’est pas le plus long cependant car Imperialist nous réserve des pièces de six à huit minutes pour la suite, intéressantes dans les thèmes abordés mais toujours limitées au black metal le plus basique. Du point de vue purement technique, les bonshommes assurent une maîtrise irréprochable de leurs instruments mais on a toujours cette petite impression d’avoir entendu leurs chansons des tas de fois chez les premiers combos black (Immortal, Mayhem).

Les écoutes successives ne parviennent pas à éliminer cette impression et on est donc obligé de conclure qu’Imperialist a assuré un certain service minimum pour illustrer des chansons qui restent certes de très bonne tenue (par exemple, ʺHe who mastered shapesʺ) mais qui manquent de ce petit plus qui aurait pu faire décoller le disque précisément dans un cosmos froid et inhumain, puisque c’est précisément là qu’Imperialist veut nous emmener. On espère que la fusée d’Imperialist sera révisée de fond en comble pour le prochain album car on aimerait bien retrouver ce qui avait fait la grandeur de leur album ʺCipherʺ.

Le groupe :

Rod Quinones (batterie)
Bryant Quinones (guitare)
Sergio Soto (chant et guitare)
Joshua Alvarez (basse)

L’album :

ʺ01011000ʺ (02:11)
ʺThe Mawʺ (05:28)
ʺParallax Descendsʺ (06:17)
ʺHe Who Mastered Shapesʺ (08:29)
ʺMajesty of the Voidʺ (07:08)
ʺTerminal Odysseyʺ (05:56)
ʺBeyond the Celestial Veilʺ (08:17)

https://imperialistus.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/Imperialistofficial/

Pays: US
Transcending Obscurity
Sortie: 2021/11/19

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