KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD – L.W.

0 Participations
Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

On vous avait parlé de la première partie de cet album, intitulé ʺK.G.ʺ (pour King Gizzard) et bien sûr, la suite ʺL.W.ʺ (pour Lizard Wizard) est sortie comme prévu en février 2021. Comme j’avais déjà chroniqué ʺK.G.ʺ, je me sentais en devoir de dire un mot sur le petit frère ʺL.W.ʺ. Mais vous savez, avec la furie du monde moderne, les obligations de toutes sortes, on ne s’appartient plus et les désirs de maîtriser l’emploi du temps sont souvent contrecarrés. Mais enfin, c’est l’été, on a le temps et l’occasion de parler de ʺL.W.ʺ se révèle enfin. Il ne faut d’ailleurs pas tarder car ces diables de King Gizzard & The Lizard Wizard ont bien entendu sorti un nouvel album depuis.

On sait désormais que le groupe australien animé depuis une quinzaine d’années par Stu McKenzie sort des albums à la cadence d’une usine de chars russes pendant la bataille de Moscou. Le fan consciencieux de King Gizzard sort à peine du magasin où il a acheté le dernier album en date qu’il voit déjà le camion de livraison décharger les exemplaires de l’album suivant devant la boutique qu’il vient de quitter. La paire d’albums ʺK.G.ʺ et ʺL.W.ʺ constitue respectivement les seizième et dix-septième album de l’œuvre plantureuse du Roi Gésier.

Là où ʺK.G.ʺ furetait dans un psychédélisme orientalisant, ʺL.W.ʺ poursuit un peu la même logique en s’écartant de temps à autre du chemin officiel. Comme sur le précédent album, l’empreinte de Stu McKenzie est toute puissante, le garçon signe en exclusivité cinq des neuf morceaux, co-écrit deux titres avec Ambrose Kenny-Smith, en fait un autre avec Joey Walker et laisse à ce dernier la paternité d’un titre (ʺAtaraxiaʺ, pour ne pas le nommer).

Ce morceau représente d’ailleurs un moment différent dans le cours du disque, avec sa structure plus traditionnelle en couplet-refrain-solo-nouveau couplet et son tempo un peu plus rock et funky. Le reste des chansons se veut un peu plus électrifié et tendu que le contenu du premier disque de la série mais on est tout de même promené dans des circonvolutions orientales qui lorgnent du côté du delta du Gange, les rives du Brahmapoutre ou les contreforts de l’Himalaya. La coopération entre Stu McKenzie et Ambrose Kenny-Smith est le point fort de l’album puisque les deux titres qu’ils ont composés ensemble trônent en milieu de disque et constituent l’apogée de l’ensemble avec notamment ce grand moment d’extase hypnotique qu’est ʺStatic electricityʺ

D’autres petites perles dérivent sur les eaux dormantes du King Gizzard. On peut aussi remarquer ʺEast-West linkʺ, qui est la suite logique de ʺStatic electricityʺ, ainsi que la fin d’album, qui va révéler une incroyable floraison rutilante et explosive. ʺSee meʺ amorce le mouvement avec son chant répétitif et tantrique, sa variété de rythmes et la subite accélération qui vient marquer sa conclusion. Ces ambiances sont l’introduction idéale pour le phénoménal final ʺK.G.L.W.ʺ qui déverse sur l’inconscient collectif des coulées de sludge metal au tempo ultra lent, véritable mur vertical contre lequel vient se fracasser la caravane orientaliste qui animait le disque jusque-là. Le titre de ce morceau suggère la réunion des forces sonores développées tour à tour dans ʺK.G.ʺ puis ʺL.W.ʺ. Comme deux rivières se rejoignant dans un gigantesque fleuve, ʺK.G.L.W.ʺ révèle ainsi l’esprit total de cet exercice des albums jumeaux. King Gizzard a en fait gardé la maîtrise du processus jusqu’au bout, livrant un parcours parfait camouflé sous des développements qui ont pu paraître erratiques à un moment ou à un autre. On finit donc dans la grandeur et cela valait la peine de parler de cet album, qui se montre à mon avis plus convaincant que son grand frère. Mais de toutes façons, avec King Gizzard & The Lizzard Wizard, il n’y qu’une option : adhérer sans réserve.

Le groupe :

Stu Mackenzie (chant, guitare et flûte)
Joey Walker (guitare et chant)
Ambrose Kenny Smith (harmonica, chant et synthétiseurs)
Lucas Skinner (basse)
Cook Craig (guitare)
Michael Cavanagh (batterie)

L’album :

ʺIf Not Now, Then When?ʺ (03:50)
ʺO.N.E.ʺ (03:40)
ʺPleuraʺ (04:11)
ʺSupreme Ascendancyʺ (03:39)
ʺStatic Electricityʺ (05:49)
ʺEast West Linkʺ (03:08)
ʺAtaraxiaʺ (05:17)
ʺSee Meʺ (04:04)
ʺK.G.L.W.ʺ (08:28)

https://kinggizzard.bandcamp.com/album/l-w
https://www.facebook.com/kinggizzardandthelizardwizard

Pays: AU
KGLW Records
Sortie: 2021/02/26

Laisser un commentaire

Music In Belgium