KVERNBERG, Ola – Steamdome II

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Nous avions eu l’occasion de faire connaissance avec Ola Kvernberg au moment de la sortie de son album ʺSteamdomeʺ, qui marquait en quelque sorte l’arrivée à la maturité pour ce jeune saxophoniste norvégien de 36 ans au moment de la sortie de cet album. Aujourd’hui, Ola Kvernberg vient de fêter ses 40 ans et revient avec une suite à son ʺSteamdomeʺ, tout aussi intéressante que le premier volume.

Entretemps, il faut signaler que la carrière d’Ola Kvernberg, déjà bien positionnée sous d’excellents auspices, s’est envolée grâce à l’album ʺSteamdomeʺ, gros succès en Norvège (top 10 des vinyles les plus vendus dans ce pays) et également une œuvre très écoutée dans le reste de l’Europe, avec sa vision rafraîchissante du jazz-rock modernisé, si bien qu’il existe maintenant un terme pour qualifier ce genre de musique, le nu-jazz.

Si Ola Kvernberg annonce peu de changements sur ce nouveau disque en ce qui concerne la composition du personnel, il révolutionne au contraire le contenu de la musique avec un style radicalement novateur. Les compagnons d’Ola Kvernberg sont toujours Erik Nylander (batterie), Nicolai Hængsle (basse), Daniel Buner Formo (guitare) et Øyvind Blomstrøm (basse). Seuls changent Martin Winstad (percussions) et Olaf Olsen (batterie), qui remplacent Hans Hulbækmo et Børge Fjordheim aux mêmes postes.

Là où il y a novation profonde, c’est dans la musique, qui opte résolument pour un tournant électronica et dance, pour lesquelles le jazz va servir de liant tout en apparaissant plutôt en filigrane. Le tout reste instrumental et est mené par un formidable souffle rythmique qui déploie une incroyable énergie et une intarissable fraîcheur. Le groupe d’Ola Kvernberg privilégie les morceaux longs (huit à quatorze minutes) et trouve un véritable plaisir à échafauder rythmiques dansantes, percussions tribales, percées en solos des claviers ou du violon électrique. Les passages hypnotiques de ʺGet downʺ font forte impression, alors que l’orchestre tutoie l’orientalisme sur les rythmiques nonchalantes de ʺCarbonadoʺ. ʺHypogeanʺ est encore plus subtil avec la batterie toujours alerte et le violon enjôleur qui ouvre régulièrement la voie à des poussées rythmiques enivrantes. On citera encore les montages rythmiques très travaillés de ʺDevil wormʺ et ses 14 minutes qui sont l’occasion d’élaborations alambiquées et en même temps très spontanées. On termine avec un ʺDiamondiferousʺ plus doux, plus introspectif et plus jazz, qui voit Ola Kvernberg nous bercer avec son violon avant de refermer cet album sur une excellente impression.

ʺSteamdome IIʺ est le digne successeur de ʺSteamdomeʺ, une continuation du voyage intrépide de ces musiciens de jazz au pays de l’électronique et de la danse, avec une impeccable conjonction entre le savoir-faire instrumental d’Ola Kvernberg et de ses hommes, associé à une modernisation du jazz, dont on peut se demander s’il a encore quelque chose à voir avec celui des origines. Mais cela montre les potentialités métamorphiques quasiment infini du genre, qui d’adapte sans cesse aux temps nouveaux.

Le groupe :

Ola Kvernberg (violon)
Erik Nylander (batterie)
Nicolai Hængsle (basse)
Daniel Buner Formo (guitare)
Øyvind Blomstrøm (basse)
Martin Winstad (percussions)
Olaf Olsen (batterie)

L’album :

ʺArpyʺ (09:32)
ʺThe Vaultʺ (01:41)
ʺGet Downʺ (10:18)
ʺCarbonadoʺ (08:41)
ʺHypogeanʺ (07:56)
ʺDevil Wormʺ (14:10)
ʺDiamondiferousʺ (09:19)

https://ola-kvernberg.bandcamp.com/album/steamdome-ii-the-hypogean
https://www.facebook.com/OlaKvernberg/

Pays: NO
Grappa Records
Sortie: 2021/04/23

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