LA JUNGLE – Ephemeral Feast

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Jamais à court d’inspiration, les lascars de La Jungle n’en finissent pas d’occuper en permanence le devant de la scène. Rien que depuis la publication de « Fall Off The Apex » l’an dernier, Mathieu et Rémy alias Jim et Roxie ont notamment commandité un clip hallucinant pour « Hyperitual » et tourné un autre, frappadingue, pour « Du Sang Du Singe ». En plus d’enregistrer un inédit (« I Eat Faces And I Love It ») destiné à un split single avec Za! à l’occasion du vingtième anniversaire du label JauneOrange, ils ont complété leur collection de remixes et de démos sur cassette.

Mais ce n’est pas tout. Ils ont également repris le « No Limit » de 2 Unlimited pour la compilation caritative « Sick Sad World » au profit du Secours Populaire tout en peaufinant leur passion brassicole via de nouveaux breuvages houblonnés à leur image. Sans oublier leur raison de vivre : du live, des concerts et des festivals à foison. Notamment en France où leur popularité grandit à vue d’œil, comme on a pu s’en rendre compte lors de notre récente visite à Angers.

Leur réputation de workaholic n’étant plus à démontrer, on n‘est dès lors absolument pas surpris de déjà voir arriver leur cinquième album. Composé au début de la pandémie du côté du Rockerill et enregistré un an plus tard comme son prédécesseur à Honfleur en Normandie avec Hugo-Alexandre Pernot, « Ephemeral Feast » étale toute la frustration engendrée par les confinements à répétition. Inutile de dire que l’ambiance se veut moins festive qu’à l’accoutumée, comme le démontre « Intruder », introduction pleine d’urgence et point de départ d’une plaque délibérément sombre. Même si les efficaces « Hallow Love? » et « Rivari » dans la foulée pourraient presque prétendre le contraire.

Le point commun entre ces deux plages ? Des textes qui, s’ils restent très onomatopéiques, tendent vers un semblant de récit (pour la première fois, les paroles sont imprimées dans le leaflet). Que les puristes se rassurent, les bidouillages sonores, la structure sinueuse et la rythmique tribale empêchent tout malentendu malheureux. L’ami Rémy s’en donne d’ailleurs à cœur joie sur le particulièrement foufou « No Eyes » et le crescendo « The Lake ». Entre-temps, l’urgence de « Couleur Calcium » compense le semblant d’euphorie apporté par « Another Look To The Woman In The Gloom », sorte de respiration colorée à mi-parcours.

Car l’ambiance n’est clairement pas la fête. Outre le Covid, les problématiques climatiques et sociétales comptent parmi les préoccupations du duo. À ce propos, la pochette une nouvelle fois empruntée à l’œuvre de Gideon Chase (Peeble Lady, métaphore visuelle d’une dame Nature plus fragile que jamais) illustre à merveille leurs propos. Pour peu, « VVCCLD », longue plage de clôture glaciale, hypnotique et retenue, fait presqu’office d’agonie. Nul ne doute que les récents événements socio- et géopolitiques alimenteront grassement leur inspiration. Les connaissant, l’album numéro six ne devrait dès lors pas tarder…

Tracklisting
« Intruder »
« Hallow Love? »
« Rivari »
« No Eyes »
« Another Look To The Woman In The Gloom »
« Couleur Calcium »
« De Verna »
« Intron »
« The Lake »
« VVCCLD »

Pays : BE
Sortie : 2022/06/10
Black Basset/A Tant Rêver du Roi/Rockerill/Stock

(8/10)

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