LIVE BURIAL – Curse of the forlorn

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Les bouchers sonores de Live Burial se sont à nouveau échappés du cimetière pour venir répandre encore une fois la terreur avec un troisième album que l’on considérera comme supérieur au précédent ʺUnending futiilityʺ, ce qui n’est pas peu dire. Nous avions eu en effet l’occasion de chroniquer cet album, paru chez le label Transcending Obscurity en 2020 et qui tressait déjà une flatteuse réputation pour ces Anglais, passés maîtres dans le death metal old school particulièrement burné.

Ici, on retrouve plus ou moins la même équipe, avec les enfants de chœur Jamie Brown (chant), Rob Hindmarsh (guitare), Lee Anderson (basse) et Matthew Henderson (batterie), à la différence que le guitariste Richard Codling, présent sur les deux premiers albums, a désormais rendu sa place au tout premier guitariste du groupe, Jake Bielby, qui sévissait dans Live Burial en 2012-13, aux tout débuts du combo. Le retour au bercail d’un membre fondateur a sans doute eu des effets bénéfiques sur la créativité du groupe puisque Live Burial nous livre ici un ʺCurse of the forlornʺ encore plus puissant et massif que le précédent disque, avec un apport de nuances supplémentaires que l’auditeur habitué à de déchirer les tympans à coup de death metal saura repérer.

Une fois n’est pas coutume, on va commencer la description de ce nouvel album par le visuel, avec une pochette signée Luke Oram, un illustrateur de Bristol qui a déjà une trentaine d’œuvres derrière lui, au service de groupes death ou progressifs. Sa spécialité dans les dessins inspirés par le fantastique, la science-fiction ou l’horreur en fait un artiste magnifique, capable de retourner aux fondamentaux de la peinture classique, genre Michel-Ange, ça ne rigole pas. Ici, la pochette de l’album de Live Burial suggère l’inquiétude : que va trouver le type qui voit l’eau s’agiter devant lui ?

Certainement un démon sorti du fonds des âges qui va lui ravager les neurones, comme le fait la musique de Live Burial sur ce nouvel album. On est immédiatement capté par le mélange entre puissance massive et poussées mélodiques, et cela dès le premier titre ʺDespair of the lost selfʺ qui envoie une ambitieuse introduction immédiatement suivie d’un feu roulant de violence sonore irrépressible. Les instruments se distinguent tout de suite, avec la polyrythmie insensée de la batterie, le rouleau compresseur d’une basse à la fois dévastatrice et subtile, les solos féroces des guitares qui dégainent parfois des poussées dramatiques de très haut vol, sans oublier le chant ursidé surexcité de Jamie Brown, dont les gargouillis horrifiques sont d’une redoutable efficacité.

Le groupe a sensiblement augmenté la durée moyenne de ses morceaux, passant de cinq à six/sept minutes, avec un final apocalyptique approchant les douze minutes. Il y a de quoi peaufiner les compositions et leur apporter la dose nécessaire de dramaturgie et d’intensité. On se fait donc secouer dans tous les sens tout en partant vers des hauteurs brûlantes à l’écoute de tueries comme ʺThe ordeal of purificationʺ (qui surprend avec ses breaks racés et rugueux), ʺMy head as tributeʺ (et sa succession d’épisodes lourds et violents), le cannibale ʺExhumation and executionʺ qui tue tout ou le complexe et entêtant ʺBlood and copperʺ. Et ʺThis prison I call fleshʺ termine l’album dans un spectacle sonore grandiose, avec introduction à la médiévale et aplatissage de tout ce qui reste encore debout sous une tonne de crucifix en fonte.

Par son inventivité et sa capacité à renouveler le genre death tout en restant classique, Live Burial se rapproche dans l’excellence des légendes anglaises comme Bolt Thrower ou Benediction. On doit voir ici un champion tout à fait inévitable dans la jeune scène death anglaise qui a encore des choses à dire. Il serait intéressant de surveiller le calendrier des concerts de Live Burial car un petit passage de ce groupe en Belgique serait une occasion de s’offrir le grand frisson sur scène, le groupe ayant aussi dans ce domaine une solide réputation.

Le groupe :

Jamie Brown (chant)
Rob Hindmarsh (guitare)
Lee Anderson (basse)
Matthew Henderson (batterie)
Jake Bielby (guitare)

L’album :

ʺDespair of the Lost Selfʺ (7:16)
ʺThe Ordeal of Purificationʺ (5:16)
ʺMy Head as Tributeʺ (5:06)
ʺExhumation and Executionʺ (5:32)
ʺBlood and Copperʺ (6:40)
ʺSepulchre of Collapsed Kingdomsʺ (5:35)
ʺThis Prison I Call Fleshʺ (11:42)

https://liveburialdeath.bandcamp.com/album/curse-of-the-forlorn-death-metal
https://www.facebook.com/LiveBurial/

Pays: GB
Transcending Obscurity
Sortie: 2022/09/23

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