LORNA SHORE – And I return to nothingness (EP)

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Je tiens à apporter une petite correction à la précédente chronique concernant l’album ʺImmortalʺ de Lorna Shore, paru en 2019. Je disais qu’Adam De Micco (guitare lead et basse) avait créé le groupe en 2010, mais ce n’est pas tout à fait exact. Adam De Micco est arrivé en remplacement d’Aaron Brown, qui tenait la guitare lead et qui avait participé avec les autres membres originaux à un premier EP ʺTriumphʺ sorti fin 2010. Adam De Micco arrive début 2011 et agit envers Lorna Shore comme un coucou qui pique le nid des autres oiseaux. Dès qu’il se pointe dans le groupe, le guitariste rythmique et le batteur s’en vont et finalement, les membres originaux restants (Tom Barber au chant et Gary Herrera à la basse) finissent par partir au bout de quelques années, si bien qu’Adam De Micco est désormais le dernier membre de Lorna Shore première mouture tout en n’étant pas membre fondateur.

Pour rappel, Lorna Shore est un groupe américain qui joue du deathcore en amalgamant les éléments les plus insupportables du death et du metalcore. Sur ces bases-là, on est mal partis et l’album ʺImmortalʺ avait démontré dans quelle absurdité on peut tomber quand on pousse ces styles dans leurs retranchements les plus extrêmes. Ici, on pourrait dire que le EP ʺ…And I return to nothingnessʺ est plus supportable qu’ʺImmortalʺ pour la simple et unique raison qu’il est plus court. Avec trois morceaux, il dure trois fois moins longtemps et est donc trois fois moins pénible. Mais ça, c’est pour la quantité. Parce qu’en matière de qualité, la souffrance de l’auditeur qui n’est pas très porté sur le deathcore (c’est-à-dire la population mondiale de moins de 17 ans) sera exactement la même qu’à l’écoute d’ʺImmortalʺ.

Il y a quand même un petit changement avec l’arrivée du nouveau chanteur Will Ramos (ex-Monument of a Memory, ex-A Wake in Providence). Ramos remplace le précédent chanteur CJ McCreery non parce que ce dernier avait un chant insupportable mais parce qu’il était accusé d’abus sexuels. La seule chose que l’on peut reprocher à Will Ramos, ce ne sont pas des abus sexuels mais des abus vocaux. Celui-ci vient poser des hurlements de cochon à l’abattoir sur trois nouvelles chansons qui conservent la ligne du précédent album, avec des nappes de synthétiseurs qui affichent une mélodie agaçante, alors que le batteur tape le plus vite possible sur ses fûts en commettant des breaks intempestifs à tout bout de champ et que le guitariste vient asperger le tout de solos hyper-techniques mais dépourvus de feeling.

Le premier morceau ʺ…And I return to nothingnessʺ était déjà insupportable dans ce genre mais les deux autres titres touchent à l’aberration sonore. Des chœurs pompeux introduisent ʺOf the abyssʺ, qui dérive finalement dans un vain exercice de hurlements porcins mitraillés par un rythme de batterie soudainement ralenti à l’extrême. Même grand n’importe quoi pour le dernier morceau ʺTo the hellfireʺ, où les grognements supposés être menaçants ne suscitent finalement qu’un petit rire gêné de la part du critique qui se dit que décidément, une certaine partie du métal contemporain ne peut être comprise que par des gens d’une génération bien précise, celle née au début du siècle, alors qu’on semble perdre une unité qui retenait encore entre eux les anciens et les modernes.

Bon, on ne va pas vous faire le dessin plus longtemps. Il paraît que Lorna Shore est assez prisé aux États-Unis, même par la critique. Dans le pays de ʺFast & furiousʺ, ça n’a plus rien d’étonnant. Ce qui serait dommage, c’est que le théorème qui veut que toute idée saugrenue apparaissant aux États-Unis finit toujours par débarquer en Europe à plus ou moins long terme se réalise encore pour Lorna Shore. Tiens, je vais aller réécouter tout Obituary, ça me changera les idées…

Le groupe :

Adam De Micco (guitare lead)
Austin Archey (batterie)
Andrew O’Connor (guitare rythmique, basse)
Will Ramos (chant)

L’album :

ʺ…And I Return to Nothingnessʺ (6:09)
ʺOf the Abyssʺ (5:43)
ʺTo the Hellfireʺ (6:09)

https://www.facebook.com/LornaShore/

Pays: US
Century Media
Sortie: 2021/08/13

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