NEBULA – Transmission from Mothership Earth

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Nebula fait partie des formations historiques du stoner qui ont sorti un album encore au 20e siècle. D’où le principe : tout groupe ayant sorti au moins un EP au siècle dernier et qui est encore actif de nos jours est un représentant véritable du stoner ou du doom le plus authentique. Tout ce qui vient après n’est que de la petite plaisanterie. Cet axiome confère à jamais un caractère sacré à des groupes comme Fu Manchu, Monster Magnet, Spiritual Beggars, Brant Bjork, Queens Of The Stone Age, Orange Goblin, Goatsnake, Bongzilla, Karma To Burn, Fireball Ministry, Solace (qui a sorti un album en décembre 2019, neuf ans après son dernier album, ouargh!), Pentagram, Saint Vitus, quelques autres groupes et bien entendu Nebula, dont les premiers EP datent des années 1997-99 et le premier album de 1999.

Nebula nait en 1997 de la scission au sein de Fu Manchu du guitariste Eddie Glass et du batteur Ruben Romano, qui quittent le groupe de Scott Hill pour tenter leur propre expérience. Avec les albums ʺTo the centerʺ (1999), l’odieusement puissant ʺChargerʺ (2002), ʺAtomic ritualʺ (2003) et ʺApolloʺ (2006), Nebula se révèle un solide clone de Fu Manchu, plus porté cependant sur le côté psychédélique et spatial du stoner. Après un EP ʺHeavy psychʺ en 2009, on perd la trace du groupe d’Eddie Glass et de Ruben Romano. Il faut dire que ce dernier en a profité pour quitter le groupe en 2007, afin de fonder son propre groupe The Freeks (avec les légendaires Scott Reeder, Jack Endino et John McBrain), auteur de quatre albums dont le dernier est sorti en 2018.

The Freeks est un fantastique groupe à suivre mais on est content de retrouver aussi Nebula qui a fait son retour en avec un nouvel album ʺHoly shitʺ sorti en 2019, où Eddie Glass était entouré de Tom Davis (basse) et Michael Amster (batterie). Ce disque n’avait rien perdu de la niaque heavy psychédélique que Nebula est capable de placer dans des tympans fumants. Et surprise, le trio est de retour dès 2022 avec une nouvelle livraison intitulée ʺTransmission from Mothership Earthʺ, qui arrive à point nommé pour nous emporter autour de la galaxie, bien loin des vicissitudes que traverse actuellement notre planète.

C’est le label romain Heavy Psych Sounds qui édite cette nouvelle galette, comme il l’avait fait pour le précèdent ʺHoly shitʺ. On s’en réjouit d’avance car Heavy Psych Sounds est le label hyperactif en matière de stoner qui a toujours la main sûre quand il s’agit de choisir ses poulains (Black Rainbows, Crypt Trip, High Reeper, Brant Bjork, Nick Oliveri, Acid Mammoth, Yawning Man…). Et ici, il frappe à nouveau très fort en libérant dans l’espace ce nouveau disque de Nebula qui est un plus touffu et des plus conceptuels que le groupe ait pu sortir.

Il est question ici de voyager dans le cosmos, le titre de l’album y invite, mais on est aussi frappé par le côté foncièrement terrestre du son, qui fait émaner des nappes désertiques des amplis. L’album a quand même été enregistré en plein désert de Mojave, ce ci expliquant sans doute cela. Eddie Glass et ses hommes ont composé des morceaux à la fois complètements trippy mais également complexes dans leurs structures. L’enchaînement des morceaux, quasiment sans temps mort, suggère une histoire, une recherche dont on ne sait pas si elle est suggérée par l’album ou si elle provient de notre inconscient, mis en appétit par la proposition très psychique faite par la musique du groupe.

On se retrouve avec une succession de morceaux à la fois hallucinés, planants et épais, dont certains sortent du lot, comme le long ʺWarzone speedwulfʺ qui met en place toute une batterie d’effets sonores semblant venir de Mars, l’halluciné ʺI got so highʺ et ses péripéties guitaristiques totalement psychédéliques et jubilatoires, un ʺExistential bluesʺ granitique placé en orbite autour de notre cerveau enfumé ou le final ʺThe four horsemenʺ qui revient au désert avec ses étonnantes touches de trompettes mariachi. On n’oubliera pas non plus l’efficace ʺHighwiredʺ placé au début de l’album et qui se charge de faire décoller la fusée Nebula dans un maelstrom d’effets réverbérés, de chant passé au Vocoder et d’une furia de guitares fuzz à mort.

L’album est court, 38 minutes, mais il est capable de distordre le temps pour nous coller haut dans un infini intergalactique de premier ordre. On retrouve ici le Nebula inspiré du début des années 2000 et on ne peut qu’espérer un prochain passage scénique du groupe dans nos contrées, à l’occasion du prochain DesertFest, par exemple.

Le groupe :

Eddie Glass (chant et guitare)
Tom Davies (basse)
Michael Amster (batterie)

L’album :

ʺHighwiredʺ (4:08)
ʺTransmission from Mothership Earthʺ (4:08)
ʺWilted Flowersʺ (5:19)
ʺMelt Your Headʺ (3:55)
ʺWarzone Speedwulfʺ (7:18)
ʺI Got So Highʺ (4:47)
ʺExistential Bluesʺ (5:21)
ʺThe Four Horsemanʺ (3:13)

https://www.heavypsychsounds.com/
https://www.facebook.com/NebulaBand

Pays: US
Heavy Psych Sounds
Sortie: 2022/07/22

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