NIGHT DEMON – Year of the demon

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On abandonne ici toutes les sous-classifications métalliques, toutes ces branches que sont le death metal, thrash metal, black metal, doom metal, stoner metal et j’en passe pour retourner aux sources, au tronc original du heavy metal pur jus. Et pour retrouver l’esprit originel du métal, avant sa division cellulaire commencée à partir de 1983, rien de tel que Night Demon, ces Ricains qui sont restés coincés en octobre 1981 et qui nous distillent depuis 2011 un breuvage authentique, vierge de toute étiquette superflue.

Ce groupe vient de Ventura en Californie et se présente comme un trio de types qui savent de quoi ils parlent quand on aborde la question du heavy metal. Le guitariste Armand John Anthony accompagne sur scène le légendaire combo Cirith Ungol (50 ans d’existence), dont fait aussi partie le bassiste chanteur Jarvis Leatherby depuis 2015. Si ce ne sont pas des lettres de noblesse métalliques, ça, Cirith Ungol… C’est bien simple, ce groupe a sorti son premier album ʺFrost and fireʺ en 1981, l’année même où Jarvis Leatherby poussait ses premiers vagissements à la maternité. De plus, Leatherby a aussi été membre accompagnateur sur scène d’un autre joyau historique de la New Wave of British Heavy Metal, Jaguar. C’est dire s’il connaît son métal classique sur le bout des doigts. Le troisième larron est le batteur Dusty Squires, qui n’a que Night Demon comme seule expérience.

Night Demon a démoulé des forges de Vulcain deux albums, ʺCurse of the damnedʺ (2015) et ʺDarkness remainsʺ (2017), aussitôt repérés par le label Century Media qui les a édités en coopération avec la maison allemande Steamhammer, filiale de l’imposante SPV. Le groupe a également gagné ses galons de légende avec un double album ʺLive darknessʺ (2018), qui rendait parfaitement compte du potentiel scénique du trio.

Et puis, il y a eu 2020 et la pandémie mondiale qui a renvoyé Night Demon dans ses foyers au moment où il débutait une grosse tournée américaine. Mais les hommes de Night Demon ne se sont pas tourné les pouces pour autant, décidant de sortir six singles avec des titres nouveaux, des reprises et des extraits de concert. Ces pressages en vinyle coloré se sont vendus comme des petits pains et les fans voraces du groupe ont rapidement mis la main dessus. Les éditions étant limitées, le reste du monde s’est retrouvé privé de ces précieux objets, qui proposaient des morceaux tout frais (ʺEmpires fallʺ, ʺKill the painʺ, ʺAre you out thereʺ, ʺVysteriaʺ), des reprises de groupes légendaires comme Cirith Ungol (ʺ100 mphʺ), Le Griffe (ʺFast bikesʺ), Thin Lizzy (ʺThe sun goes downʺ) et des reprises en live de groupes non moins légendaires, Iron Maiden (ʺWasted yearsʺ) ou Scorpions (ʺIn tranceʺ, ʺTop of the billʺ). Qui plus est, les reprises de Scorpions ont été jouées en la présence du grand Uli Jon Roth, guitariste historique du groupe teuton dans les années 70.

Eh bien, tout ceci est désormais disponible sur une seule compilation intitulée ʺYear of the demonʺ, en référence à cette satanée année 2020 qui avait mis par terre toute l’industrie de la musique, pour ne citer qu’elle. Et là, je dois dire que c’est Noël avant l’heure. D’abord, parce que ça donne l’occasion – pour ceux qui ne connaissaient pas Night Demon – de découvrir un groupe parfait en matière d’orthodoxie métallique. Avec eux, ce sont les grands modèles Armoured Saint, Saxon, Iron Maiden, Savatage, Manowar, Anvil, Tygers Of Pan Tang et j’en passe qui ressurgissent dans nos tympans dans une impeccable ribambelle d’acier. Ça joue vite, ça joue puissant, ça joue avec une expertise pointue et on s’en prend plein la poire. Mais le plus jouissif reste quand même ces reprises magnifiques de Thin Lizzy (un ʺThe sun goes downʺ accéléré à coups de fouet), de Scorpions (en mode explosif, avec Uli Jon Roth, en plus !) et de Maiden (un éclatant et festif ʺWasted yearsʺ, avec un public déchaîné). Sans oublier ces raretés que sont la reprise de ʺFast bikesʺ de Le Griffe, un groupe obscur de Stoke-on-Trent ayant sorti deux EPs en 1983 et 1984 (ça, il faut quand même le trouver !) et l’énorme ʺ100 mphʺ de Cirith Ungol, digne d’un gros assaut surpuissant à la Motörhead, le truc qui aplatit tout.

Bref, sautez dans n’importe quel objet roulant capable de vous emmener chez le premier disquaire venu et frayez-vous un chemin à coups de masse d’armes pour atteindre le rayon Night Demon afin de saisir un exemplaire de cette excellente compilation. Je ne sais pas si je vais être encore capable d’écouter Cradle Of Filth après ça, tiens…

Le groupe :

Jarvis Leatherby (basse et chant)
Armand John Anthony (guitare)
Dusty Squires (batterie)

L’album :

ʺEmpires Fallʺ (02:45)
ʺKill the Painʺ (04:18)
ʺAre You Out Thereʺ (04:16)
ʺVysteriaʺ (02:57)
ʺIn Tranceʺ (06:43)
ʺFast Bikesʺ (02:58)
ʺ100 MPHʺ (02:59)
ʺThe Sun Goes Downʺ (03:35)
ʺWasted Yearsʺ (05:20)
ʺTop of the Billʺ (03:01)

https://www.facebook.com/nightdemonband

Pays: US
Century Media
Sortie: 2022/03/25

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