OLIVER, Miles – Between the woods

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Ne vous laissez pas méprendre par le nom de cet artiste : Miles Oliver, malgré son pseudonyme anglophone, est tout ce qu’il y a de plus français. Parisien d’origine, le jeune homme marque en fait très tôt un intérêt passionné pour l’Amérique. Pas celle d’Hollywood et des films de super-héros idiots, pas celle des Californiens bodybuildés faisant du surf, mais plutôt celle de ces gens discrets qui ne se montrent pas, qui souffrent en silence, qui vivent comme tout le monde, sauf qu’ils se trouvent dans la première puissance économique du monde. L’Amérique de ʺManchester by the seaʺ plutôt que celle de ʺFast & Furious 7ʺ (ou 8, ou 9, on s’en fout), en quelque sorte.

Miles Oliver ne se contente pas de rêvasser devant ses idoles musicales du blues ou du grunge, il va sur le terrain, part en tournée aux States, pour y présenter les chansons de ses albums. Des albums, il y en a jusqu’à présent quatre : ʺBreatheʺ (2014), ʺI miss boredomʺ (2016), ʺColor meʺ (2018) et ce nouveau ʺBetween the woodsʺ. Ce disque sort un peu plus tard que le délai habituel de deux ans entre les disques de Miles Oliver car ce dernier s’est pas mal occupé à écrire au cours de 2019 et 2020. C’est après une tournée de trois semaines aux États-Unis pour la promotion de son album ʺColor meʺ que Miles Oliver absorbe mentalement des tas d’émotions visuelles et sonores. Cette Amérique vue par lui-même, il va la décrire sur papier dans un livre intitulé ʺBetween the wordsʺ, qu’il va rédiger tout au long de l’année 2019.

Et en bon musicien, il ne pouvait pas manquer de transformer les mots en notes et en accords, ce qui allait donner l’album ʺBetween the woodsʺ. Sans faute de frappe, car les deux titres sont bien différents. Armé de sa seule guitare, Miles Oliver trace une route dans des sentiers où de mêlent folk psychédélique, blues minimaliste et rock lo-fi dénudé. Il expose son Amérique à lui, celle qu’il a vu dans les champs de coton du Mississippi (ʺSave meʺ), dans les asiles d’aliénés (ʺDemontiaʺ). Il fait jaillir au jour les fantômes qui l’ont assailli, celui d’un ami disparu (ʺJune 66ʺ) ou celui de Kurt Cobain qui flotte dans ʺMyberdeenʺ. Il traduit en notes profondes et graves les forces spirituelles qu’il a pu capter dans des expériences ésotériques (ʺ3/8 tarotʺ) ou sentir en découvrant des histoires de vengeance de victimes sur leurs oppresseurs (ʺThe song I hateʺ). La voix sépulcrale de Miles Oliver donne tout son charme et toute sa force à cet album qui s’électrifie très rarement (ʺJune 66ʺ) et qui incite plutôt au calme et à la rêverie.

En écoutant Miles Oliver, on pense aussi à des artistes comme Bonnie Prince Billy, Sonic Youth, Troy Von Balthazar ou même un peu Tom Waits. On imagine aussi des paysages ou des sentiments qui restent forts, que l’on soit en hiver ou en été, dans la tristesse ou dans la joie. Tout cela pour dire qu’on gravite ici un peu plus près du beau, du vrai et du bien.

L’artiste :

Miles Oliver (guitare et chant, claviers, rythmique)

L’album :

ʺSave Meʺ (04:39)
ʺ3/8 Tarotʺ (03:15)
ʺDemontiaʺ (01:58)
ʺJune 66ʺ (03:29)
ʺStay With Meʺ (02:57)
ʺLost And Found Roomʺ (02:56)
ʺThe Song I Hateʺ (05:27)
ʺLast Timeʺ (04:01)
ʺMyberdeenʺ (01:17)
ʺPortland IʺI (03:31)
ʺRoad Is My Roomʺ (03:02)
ʺThis Is A Lieʺ (03:22)

https://milesoliver.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/milesoliversings

Pays: FR
Atypeek Music
Sortie: 2021/04/09

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