PARALYDIUM – Worlds beyond

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Lorsque j’avais quelques années de moins (deux ou trois décennies, pas plus), je restais pendu des jours entiers aux notes de l’album ʺOdysseyʺ du Rising Force d’Yngwie Malmsteen, paru en 1988. Quel album! Que de souvenirs quand on a vingt ans ! Et puis j’ai découvert le Velvet Underground… Donc, adieu veaux, vaches, cochons, Yngwie Malmsteen et ses prétentions de génie de la guitare, sa pompe, sa morgue et tout le métal mélodique à guitaristes surdoués vidé également avec l’eau du bain.

Mais ne voilà-t-il pas que trente ans plus tard, de jeunes spadassins tout aussi suédois que le précédent, enivrés de métal progressif hyper-chiadé et produit au millimètre, viennent à nouveau tourmenter mes vieux jours, défier mon petit monde musical fait de snobisme expérimental et de psychédélisme pour vieux gardien de chèvres post-soixante-huitard. Voici ces jeunes gens de Paralydium qui me font basculer à nouveau dans mes souvenirs d’adolescent idiot, dans la spontanéité juvénile et dans une considération renouvelée pour les grandeurs prog. Je l’avais juré, ʺmétal progressif, je ne boirai plus de ton eauʺ, mais que me veux-tu ? Arrière ! Ah ! Je ne peux résister. Je tombe à nouveau sous ton charme, comme un démon de midi capturant les anciens soldats du hard rock désormais blanchis sous le harnais.

Mais qui sont ces jeunes blancs-becs de Paralydium ? Comment ont-ils fait, dès ce premier album, pour frapper aussi profondément au cœur et réveiller les vieux souvenirs s’agitant désormais au mépris des rhumatismes et donnant envie de partir une nouvelle fois à l’assaut, avec le heavy metal conquérant pour principe et la puissance des guitares pour seule loi ? Sans doute ont-ils simplement agi comme cette fameuse madeleine de Proust, établissant un lien direct entre un souvenir précis et une sensation. Pour moi, ça a été le quatrième album d’Yngwnie Malmsteen et tout ce qu’il m’a apporté à l’époque. Pour d’autres, ce sera peut-être un Dream Theater, un album de Gotthard, un disque de Rainbow, un truc récent suédois genre Symphony X, que sais-je encore. Peut importe le chemin pourvu que la magie opère.

En tout cas, négliger cet album pour les amateurs de métal progressif cavalier et fier serait un manquement grave à l’éthique, car de ʺEnter Paralydiumʺ à ʺSeeker of the lightʺ on reste soufflé devant les performances instrumentales remarquables de ce combo, qui démantèle les manches de guitares avec la grâce d’un mousquetaire survolté, dévale les touches de claviers en mode Formule Un, met en avant un chanteur au superbe organe et entretient des rythmiques de charge de la huitième brigade légère en pleine bataille. ʺWihin the sphereʺ, ʺSynergyʺ, ʺFinding the parangonʺ ou ʺThe sourceʺ ont la parure classique des grands albums de métal mélodique des années 80, avec une science poussée du riff, des breaks rythmiques typiquement prog et tout le panache qui va avec. Ces types sont restés coincés en 1988 mais qui s’en soucie ? C’est un vrai bonheur, une cure de jouvence pour les vieux et une leçon de musique couillue pour les jeunes qui nous les brisent avec leur metalcore standardisé. Bref, c’est un album glorieux.

Le groupe :

John Berg (guitare)
Georg Härnsten Egg (batterie)
Jonathan Olsson (basse)
Mikael Blanc (claviers)
Mikael Sehlin (chant)

L’album :

ʺEnter Paralydiumʺ (1’51)
ʺWithin The Sphereʺ (5’16)
ʺSynergyʺ (7’25)
ʺFinding The Paragonʺ (5’38)
ʺCrystal Of Infinityʺ (4’23)
ʺAwakeningʺ (2’09)
ʺThe Sourceʺ (6’25)
ʺInto Divinityʺ (5’06)
ʺSeeker Of The Lightʺ (7’29)

https://www.facebook.com/paralydium/

Pays: SE
Frontiers Music
Sortie: 2020/06/12

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