PIRE (Alain) EXPERIENCE – Apex

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Résumé des épisodes précédents : Alain Pire nous surprend très agréablement en 2014 avec le premier album de son Experience, ʺCambridgeʺ, véritable leçon de psychédélisme à l’anglaise directement en provenance de Sixties encore toutes chaudes. Il réitère son forfait en 2017 avec un deuxième album ʺSongs from the 13th floorʺ, où il continue de rendre hommage au psychédélisme américain et anglais des origines, en ajoutant un peu plus de sa touche personnelle et de son expérience, acquise au cours d’une bonne quarantaine d’années passées dans divers groupes. Et voici maintenant ʺApexʺ, troisième livraison d’Alain Pire, qui a recommencé l’aventure avec ses complices habituels, Marcus Weymaere (batterie) et René Stock (basse).

Encore une fois, nous allons sortir les lauriers de la caisse en carton et en paver le chemin pour accueillir ce troisième opus toujours aussi convaincant et érudit en matière de rock psychédélique authentique. Il y a en effet une règle au sujet du rock psychédélique, c’est que c’est d’abord du rock avant d’être une musique fleurie et volontiers aérienne. On ne fait pas de bon rock psychédélique si on appuie pas un peu sur les guitares, la rythmique et si on n’insuffle pas un minimum d’énergie revitalisante dans les mélodies. D’excellentes formations psychédéliques comme Bohemian Vendetta, Beacon Street Union, les Strawberry Alarm Clocks, Savage Resurrection, Southwest F.O.B., Love, Litter, les Neighb’rood Children, Koala, Yellow Payges, Jefferson Airplane ou Quicksilver Messenger Service (pour n’en citer que très peu parmi les légions de groupes psychés plus ou moins connus qui hantèrent les années 60) savait aussi faire tonner l’électricité et pas seulement se contenter de gentillesse feutrées et cosmiques.

Alain Pire conserve cette philosophie de l’authenticité psychédélique en associant avec maestria les élans intersidéraux et les éclats vivifiants d’un rock ayant aussi les pieds sur terre. Son troisième album continue d’explorer le filon et nous réserve encore de belles surprises, avec une huitaine de morceaux un peu plus concis qu’à l’accoutumée (cinq minutes de moyenne) et qui ont tous leur personnalité. On décolle vers Jupiter sous la poussée énorme de ʺI saw the light todayʺ, suffisamment puissant et enlevé pour mettre l’auditeur sur orbite. On remarque tout de suite la basse hyper travaillée de René Stock, qui va faire des merveilles tout au long du disque. On retrouve cette belle basse sur le chaloupé et floydien ʺOn the other sideʺ, où elle met en relief les fabuleux solos d’Alain Pire, qui chante ici d’une voix de jeune éphèbe pré-adolescent, masquant avec une étonnante facilité ses 65 printemps. Cet éternel jeune homme nous emmène de retour en 1969 sur un ʺRun awayʺ très nostalgique et très agile. 1969, c’est l’année où tout se joue, avec Woodstock et Altamont qui marquent l’émergence des festivals géants et des dernières illusions du flower power, l’année où le psychédélisme cède peu à peu du terrain au hard rock, qui va régner sans partage au cours de la décennie suivante, l’année de Neil Armstrong et de Charles Manson, l’un partant pour la Lune et l’autre provoquant la descente aux enfers. Toute une époque… ʺOnly a northern songʺ est travaillée à ses débuts à la guitare sèche mais ne tarde pas à faire éclater des gerbes de psychédélisme électrifié jusqu’aux yeux, pour un autre grand moment de cet album, magnifique par le contrepoint entre la sauvagerie de la guitare et l’angélisme du chant. Même enthousiasme avec ʺHave some funʺ qui galope comme un étalon rose à fleurs vertes dans un champ de marguerites mauves. Les Beatles de 1966 et les Who de 1969 ne sont pas loin sur ʺNever go your wayʺ, où une guitare en reverb et une rythmique indomptable font la loi et imposent le respect.

Avec cette première salve de morceaux, nous étions déjà comblés mais Alain Pire nous sort ses cartes maîtresses sur les deux derniers et plus longs morceaux de son album, au cours d’un ʺInto the deepʺ lâchant de nouvelles vagues de guitares envoûtantes et puissantes et un ʺLost on a cloudʺ qui refuse de redescendre sur Terre et lâche au passage quelques ondées électriques bien senties à coups de réverbération et d’orgue Farfisa.

Alors que le premier album était une référence au psychédélisme anglais, que le deuxième était plus proche du psychédélisme américain, ʺApexʺ fait référence aux initiales de l’Alain Pire Experience et se veut peut-être une référence à lui-même. Ce n’est pas usurpé car Alain Pire et son groupe peuvent sans problème se poser comme des mètres-étalons du bon goût et de la pertinence en matière de rock psychédélique néo-classique.

Le groupe :

Alain Pire (chant et guitare)
Marcus Weymaere (batterie)
René Stock (basse)

L’album :

“I saw the light today” (05:53)
“On the Other Side” (04:52)
“Run Away” (03:57)
“Only a Northern Song” (03:10)
“Have some Fun” (02:52)
“Never go your Way” (03:54)
“Into the Deep” (07:08)
“Lost on a Cloud” (07:08)

Le Facebook d’Alain Pire Experience
https://alainpireexperience.bandcamp.com/album/apex

Pays: BE
Autoproduction
Sortie: 2019/04/24

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