QILIN – Petrichor

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Autre petite trouvaille faite par hasard sur Bandcamp, le groupe stoner français Qilin et son très intéressant album instrumental ʺPetrichorʺ. Thomas V. (guitare), Frédéric Bonneau (guitare), Benben Caillet (basse) et Mathieu Guibert (batterie) forment ce groupe à Paris en 2015 et se donnent pour but d’explorer les possibilités offertes par le stoner en matière instrumentale. Il n’est effectivement pas question ici de s’encombrer d’un chanteur qui viendrait embêter tout le monde avec des paroles portant soit sur la politique, soit sur la bière et les filles, soit sur la dépression nerveuse ou encore sur le mythe de l’Atlantide. Chez Qilin, on ne fait pas dans la littérature et on privilégie plutôt le langage de bons gros riffs stoner, dans la bonne vieille tradition du genre, tel qu’on le pratiquait il y a une vingtaine d’années.

Car Qilin ne s’encombre pas non plus de qualifications en sous-genres et sous-sous-genres du stoner, il se tient à la ligne radicale et historique du stoner de la fin du 20e siècle, avec ses aspirations aux rock lourd, au rock psychédélique et aux mythes désertiques qu’il peut générer. Qilin, ce n’est pas vraiment des pérégrinations labyrinthiques dans le sludge metal, le doom metal ou le post-death metal funéraire et agricole, c’est du stoner rock façon Kyuss, Yawning Man, Domkraft, Spaceslug, Kylesa, Sleep, Yob, Colour Haze ou Stone From The Sky, point barre.

On retrouve tout de suite cet esprit pionnier du stoner des années 90 sur le premier morceau ʺThrough the fireʺ, qui assure une solide prise en main dès les premières secondes, histoire de montrer au monde de quel bois Qilin est capable de se chauffer. Un premier morceau de premier album, c’est important pour un nouveau groupe, c’est là qu’il joue sa carte de la séduction ou se plante pour de bon. Ici, l’examen de passage est brillamment réussi, avec une association entre riffs hard rock et psychédélisme velu. Ensuite, c’est une question de doigté et d’intelligence des compositions, qui vont former une progression vers l’excellence, avec des durées de titres de plus en plus longues. On démarre avec les quatre minutes du massif ʺLabyrinthʺ et on culmine avec les dix minutes des deux derniers morceaux ʺMyrmidon’s big jamʺ et ʺHead of Medusaʺ, conclusions brillantes d’un album où les musiciens ont fait preuve de rigueur dans les constructions mélodiques, d’habileté dans l’exécution des solos et d’inspiration dans le mélange feutré entre rock pour mammouth et psychédélisme raffiné et lysergique. Les deux guitares chargées en effets fuzz et wha-wha commettent des exploits sonores granitiques et la section rythmique est toujours là pour faire s’écrouler les murailles.

Cet album aurait pu sortir il y a vingt ans, ça n’aurait rien changé. On est ici dans la simplicité qui font les classiques et même si tout cela a déjà été pratiqué maintes fois, c’est toujours aussi efficace.

Le groupe :

Thomas V. (guitare)
Frédéric Bonneau (guitare)
Benben Caillet (basse)
Mathieu Guibert (batterie)

L’album :

ʺThrough The Fireʺ (08:32)
ʺLabyrinthʺ (04:24)
ʺCold Pine Highwayʺ (06:10)
ʺSun Strokes The Wallʺ (07:11)
ʺMyrmidon’s Big Jamʺ (10:38)
ʺHead Of Medusaʺ (10:47)

https://qilin.bandcamp.com/album/petrichor
https://www.facebook.com/qilintheband/

Pays: FR
Autoproduction
Sortie: 2020/11/13

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