PENDEJO! – Sin Vergüenza

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Voici un groupe pas banal : un combo stoner néerlandais qui chante en espagnol et dont le chanteur joue aussi de la trompette. ¡Pendejo! est basé à Amsterdam mais a de profondes liaisons avec le monde hispanique par l’intermédiaire de son chanteur et phénomène de foire El Pastuso, une espèce de bad boy directement sorti des films de Tarantino, avec la tronche de Jack Nicholson en prime. Lui et ses sbires sont depuis 2006 à la tête de ¡Pendejo!, un nom qui signifie “trou du c…” ou “petit branleur” en espagnol, en tous cas un mélange des deux car le langage ordurier espagnol est très subtil. Avec son chant en espagnol en plein pays néerlandais, ¡Pendejo! fait penser à une bande de derniers partisans du duc d’Albe qui aurait pris le maquis dans les polders afin de préparer le retour des descendants de Charles-Quint chez les Bataves. Le groupe a d’affligé le monde chrétien de trois albums, “Cantos a la vida” (2010), “Atacames” (2014) et le tout nouveau “Sin vergüenza” qui tient toujours le même niveau de qualité par rapport à ses prédécesseurs.

Jaap Monchito (basse), Jos Pepellin (batterie), Arjan Er Juan (guitare) et El Paltuso (chant et trompette) pratiquent un stoner couillu à mi-chemin entre Dozer et Atomic Bitchwax. La recette qui présidait aux secrets de fabrication des deux précédents albums se retrouve ici dans son entièreté quand il s’agit de décrire le style de ¡Pendejo! : riffs musclés, avalanches de décibels passés à la rôtissoire, chant rugueux de conquistador aux cordes vocales rincées à la téquila et ces assauts de trompettes mariachi qui donnent tout leur sel aux compositions du groupe.

Ce troisième album se veut d’ailleurs un peu plus fin dans son écriture et surtout plus sensible au moment d’aborder des passages à la trompette, véritables démonstrations de gravité et d’émotion. Les choses démarrent dans une brutalité tauromachique avec “Don Gernan”, qui lâche guitares et trompettes sur un mode lourdement viril. La tension énorme est maintenue sur “La cagada no termina” et l’album découvre tout son savoir-faire sur l’excellent “Hacia la luz” qui fait résonner en son milieu un superbe solo de trompette en guise de refrain. Il faudra attendre “El espejo” pour retrouver ces hauts niveaux émotionnels, bien que des bombes comme “La mala de la tele”, “Bulla”, “El timon holandés” ou “El rutger” possèdent des qualités tout aussi comparables, mais dans un domaine beaucoup plus explosif. On termine dans la grandeur avec deux derniers titres qui réussissent à tenir en haleine jusqu’au bout, avec le massif “Llanto” et le militant “Facista”, hymne antifasciste en mode doom metal.

Si vous ne connaissez pas encore ¡Pendejo!, je ne saurais trop vous conseiller d’y jeter un coup d’oreille. Aperçus en Belgique lords de l’édition 2015 du DesertFest et en première partie de Monster Magnet à Leuven en mai dernier, ¡Pendejo! est un groupe dont on ne saurait accueillir la montée en puissance qu’avec bienveillance.

Pays: NL
Sortie: 1018/11/30
Graviton Records

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