SEVEN STEPS TO THE GREEN DOOR – The?Lie (The BOOK?, part 2)

57 Participations
Notre évaluation
L'évaluation de lecteur
[Total: 0 Moyenne: 0]

Pour bien comprendre la genèse de cet actuel concept-album, il faut revenir d’abord au premier jalon du concept en lui-même, c’est à dire l’opus ”The?BOOK” paru en 2011 qui mettait sur un même pied d’égalité l’importance du contexte de l’écriture (le fanatisme religieux)…donc l’histoire sous-entendu les textes et, la corrélation parfaite avec la composition de la musique. Huit ans plus tard le groupe emmené par Marek Arnold (Toxic Smile, Cyril, SSTTGD, Damanek…) et Ulf Reinhardt (présent lui-aussi dans de nombreuses formations allemandes) remet le couvert avec ce second volet ”The?Lie”, conçu de la même manière, un concept ici basé sur l’histoire de Thoralf Koss avec ici des textes de George Andrade, ce dernier s’occupant aussi des parties narratives et de la conception du livret qui accompagne le disque. Pour George cet album est un nouvel opéra-rock conçu à la fois par le biais de l’histoire de Thoralf, les textes de George et la musique du duo Marek-Ulf, le tout pour nous compter la seconde étape (la suite de l’histoire de Samuel devenu un homme et promis à un grand destin) qui ce qui devrait être une trilogie, un concept-album nous parlant à nouveau de la religion mais sous divers aspects : “l’histoire d’une famille rattrapée par les actions fanatiques des chefs religieux ou des pères de l’église”, d’où découle d’autres réflexions quelque part métaphysique sur “ les divergences de vue”, “le symbolisme de l’église”,” la réconciliation vis à vis des actions menées au nom de Dieu”…un vaste thème qu’il n’est pas facile d’appréhender loin de là !

Voilà déjà en partie le décor planter d’une œuvre manifestement hors-normes et ce, à tous les points de vue puisque hormis le fait que l’histoire racontée et donc le contexte sont importants et complexes, l’équipe qui réalise la facette musicale est-elle aussi à la mesure d’une grande réalisation sonore. En effet et outre nos deux maîtres de cérémonie (Marek et Ulf), la formation Seven Steps To The Green Door se complète d’une part d’une pléiade de musiciens chevronnés (11 au total) et d’autre part, d’un grand nombre de chanteurs et chanteuses (8 au total) afin de représenter les différents personnages de l’histoire qui nous est contée (Samuel, le père, la mère, Noah…). Sachez d’ailleurs que certains musiciens présents font déjà partie de groupes connus (Camel, Damanek, UPF, Samurai Of Prog, Project : Patchwork, Mélanie Mau & Martin Schnella, Flaming Row…) , cette dernière référence étant plutôt proche de la démarche musicale développée ici, puisque nous aurons affaire à ce que l’on appelle du crossover (ou fusion si vous voulez) où, on mélange allègrement tous les styles passant du rock au métal sans oublier le jazz.

Sur ce passons en revue les 11 éléments composant ce fameux concept-album, une nouvelle pierre angulaire ou plus simplement un nouveau jalon dans l’histoire des grands albums de l’école allemande avec tout d’abord, quelques accords de guitare acoustique et un fond mystérieux qui accompagnent une première narration de George Andrade qui introduit le décor de l’histoire. Puis c’est la très belle voix de Peter Jones qui introduit une orchestration plus enjouée où, d’autres voix, le saxophone et les synthés font leur apparition pour un premier vrai morceau dans l’esprit crossover où tous les instruments et toutes les voix se mettent en mouvement avec un savant mélange vocal masculin-féminin mais aussi, un beau chassé-croisé entre les synthés et le saxophone. La section rythmique forcent alors le saxophone à partir dans les cieux avec en accompagnement les chœurs à plusieurs voix.

L’orgue prend ensuite le relais pour maintenir une atmosphère soutenue quelque peu vintage, qui prend alors de la vitesse et de la force pour s’orienter vers quelque chose de plus métal tout en restant attrayant. Si la musique se fait pêchue, il en va de même pour le chant le tout nous embarquant dans un tourbillon de notes histoire de rester vif d’esprit puis, tout se calme et permet le lancement d’un très beau solo de guitare ici accompagné du piano d’une batterie temporisée. Un passage posé magique (”A Dream That Strayed I”) qui permet au chant lui-aussi de se faire de velours, idem pour le saxophone qui accompagne une nouvelle narration, bien sûr le reste de l’orchestration (synthés, batterie, basse…) suivent le mouvement. Ajoutons que le travail vocal reste à chaque instant impeccable qu’il se fasse tout en douceur ou tout en force, idem pour la musique qui oscille au gré des mouvements du concept.

Si les envolées rock et métal sont bel et bien présents à certains moments, les passages posés et travaillés (en fait tout est travaillé ici) jouent jeu égal, permettant d’offrir au public un album multiple-couleurs où les concepteurs ont su faire varier à la fois la musique et le chant. A l’image de ”A Dream That Strayed II” qui se fait tout en velours et tout en subtilité, qui respecte finalement sa dualité avec sa première partie proposée plus avant dans l’album, littéralement magnifique ! Chant et narration aériens continuent notre belle prospection à travers une œuvre de toute grande envergure, qui permet encore l’envolée d’un autre magnifique solo de guitare. En fait tout est d’envergure jusqu’au bout, offrant à chaque amateur, un concept-album hors du commun qui atteint les hautes sphères de ce que sait faire de mieux l’école allemande actuelle…véritable chaudron de magiciens ! Au final voilà un concept-album incontournable !!!

Félicitons le travail d’écriture de Thoralf Koss (l’histoire) et de George Andrade (textes), la conception de Thoralf et de Marek Arnold, la traduction de Diana Günther, la musique de Marek Arnold et de Ulf Reinhardt, la maîtrise des chants par Marek et Ulf, les arrangements de Marek…Ulf…Luke Machin, le mastering et le mixage de Martin Schnella et enfin l’enregistrement…l’édition et la production de Marek sans oublier l’artwork de Janine Rojé

Line-up musiciens:
Ulf Reinhardy (batterie et percussions)
Marek Arnold (piano, orgue, claviers, saxophone, clarinette…)
Luke Machin (guitare électrique)
Michael Schetter (basse soliste)
Stephan Pankow (guitare électrique)
Andreas Gemeinhardt (guitares électrique et acoustique, basse)
Denis Strassburg (basse)
Steve Unruh (violon soliste)
Jason Melidonie (guitare soliste)
Susan Kammer (hautbois)
Gerd Albers (guitare acoustique)

Line-up chanteurs/chanteuses :
Lars Köh, Peter Jones, Jana-Christina Pöche, Anne Trautmann, Sören Flechsig, Annemarie Schmidt et Amelie Hofmann

Pays: DE
Progressive Promotion Records PPRCD071
Sortie: 2019/04/30

https://www.facebook.com/ssttgd/

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!