STRAUSS, Mick – Southern Wave

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Rares sont les artistes qui se la jouent profil bas au point d’être pour ainsi dire absents des réseaux sociaux. À l’instar de Nathan Roche, voix du Villejuif Underground, Arthur B. Gillette ne s’étale pas à foison sur la toile. Pourtant, le gaillard peut déjà se targuer d’une carrière plus que respectable. Guitariste cofondateur de Moriarty au milieu des années 90, le Franco-Américain assure également le rôle de bassiste au sein d’Astéréotypie, un collectif emmené par quatre chanteurs autistes. Parallèlement, il produit des documentaires radiophoniques et compose des bandes sonores tant pour le cinéma que pour le théâtre. Délibérément en retrait, il publie pourtant aujourd’hui « Southern Wave », un premier album solo sous le nom de Mick Strauss.

Il s’agit toutefois de nuancer car derrière ce pseudo se cache davantage un projet parallèle en bonne et due forme plutôt qu’un simple alter-ego. Parmi les musiciens impliqués, on retrouve ainsi son collègue au sein de Moriarty Vincent Talpaert à la basse, Rowen Berrou à la batterie mais aussi Jennifer Hutt (aperçue notamment aux côtés de Will Oldham) au violon, aux claviers et aux chœurs. Réalisée et co-produite par Vincent Taurelle (dont le CV inclut notamment Beck, Air et Don Cavalli), la plaque oscille entre deux époques bien distinctes : le rock sudiste des sixties et la new/cold wave des eighties. Sa mission consistait donc à faire cohabiter les deux vagues en dosant subtilement leur contenu.

Un rôle d’équilibriste essentiel à la réussite d’un album au son bien moins daté que son titre ne laissait présager. On se retrouve même par moments en territoire post-punk un rien moins glacial qu’à l’accoutumée, à l’instar des imparables « At Night When It Hurts » et « Frozen Hands » alors que « Pick My Poison » ferait rougir Squid de jalousie. Ceci dit, la voix caverneuse et la phrasé-parlé du chanteur dont les intonations renvoient à Lou Reed de manière troublante (l’intro « Alien Libertine », le planant « Close Your Eyes ») posent les bases de compositions addictives aux succulentes nappes synthétiques (« Sin Under Our Skin », « Jin Yan Z Blues »). Mais lorsqu’il y incorpore des enregistrements de citoyens américains glanés lors d’une visite aux States en 2019, elles prennent une direction plus terre-à-terre (« Crying Mobile » et ses influences gospel, « Flashback Weekend ») que l’hypnotique et psyché « Know Your Cover Legend » et le musclé « Centralia’s Ghost » accentuent un peu plus. Avec « Southern Wave », l’homme de l’ombre a peut-être enregistré l’album qui lui correspond le mieux…

Tracklisting
« Alien Libertine »
« At Night When It Hurts »
« Jin Yan Z Blues »
« Sin Under Our Skin »
« Flashback Weekend »
« Frozen Hands »
« The Way We Love »
« Centralia’s Ghost »
« Crying Mobile »
« Know Your Cover Legend »
« Close Your Eyes »
« Pick My Poison »

Pays: FR
Sortie: 2021/07/09
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