SUGAR QUEEN & THE STRAIGHT BLUES BAND – Live

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J’ai eu récemment le privilège d’assister à la naissance d’un album live. C’était au petit club Listwaar d’Oud-Heverlee, à une portée de fusil de Leuven, le 25 janvier dernier. Sugar Queen et son groupe y donnaient un concert destiné à être enregistré pour un album. Et moins de deux mois plus tard, la restitution de cet événement musical sortait sous la forme d’un CD. En matière de rapidité, c’est presque un exemple. Le choix de Sugar Queen ,alias Michele Denise (à qui l’on doit déjà l’album ʺ340 bluesʺ) de sortir rapidement ce disque s’est un peu fait au détriment du contenant mais certainement pas du contenu. Côté pochette, en effet, on fait fi ici de la surenchère de photos et de détails, ce ʺLiveʺ se présentant sous la forme d’un simple digipak illustré par deux photos de la chanteuse en gros plan, informant sur le nom des musiciens et des techniciens ayant participé à l’enregistrement et au mixage, la liste des morceaux et c’est à peu près tout.

C’est donc une sobriété presque calviniste qui règne sur le packaging mais, tout compte fait, on s’en fout un peu du moment que le contenu regorge de richesses sonores et de luxuriance musicale. Et c’est précisément un bien riche contenu que nous livrent Sugar Queen et ses boys sur cette galette live. Andy Aerts (guitare), Jean Raven (guitare), le nouveau venu Erwin Huigen (basse) et le chevronné batteur Thierry Stievenart accompagnent la Reine Sucre sur une dizaine de morceaux forgés au coin du meilleur bon sens blues. Michele Denise interprète ici des titres de son cru et nous démontre une sincérité blues impeccable. Sa voix profonde et chaude prend immédiatement le commandement et règne sur l’album avec grandeur. Ses guitaristes ne se laissent néanmoins pas dominer aussi facilement et placent des solos futés et précis, sous la protection bienfaitrice d’une rythmique réglée aux petits oignons. Dans le style, ʺGive sugarʺ, ʺWanna take my manʺ, ʺBig Mama told meʺ (hommage à Big Mama Thornton), ʺTwos and fewsʺ, ʺI can’t waitʺ ou ʺHold your drankʺ sont des gourmandises à consommer sans modération.

On n’aurait pas été contre une petite reprise, d’autant que le témoin visuel que je suis peut attester qu’il y a eu une version du ʺEvilʺ de Willie Dixon qui a été jouée le jour du concert. Mais les compositions personnelles de Sugar Queen ont tout des classiques. Dans ce lot, seuls trois titres ont déjà pu être écoutés sur le premier album, les autres étant des compositions nouvelles. C’est ainsi qu’on peut faire connaissance avec ʺBullock bluesʺ, ʺNothing’s gonna hold me backʺ, ʺTravelling g manʺ, ʺBig leg girlʺ ou l’excellent final ʺHold your drankʺ.

S’il fallait trouver un petit talon d’Achille à cet album live, ce serait la timidité des enchaînements entre les morceaux, la communication de la chanteuse avec le public entre deux chansons ayant été effacée de la bande-son. Cela aboutit à donner un petit côté automatique et lointain à l’interaction entre le groupe et le public, ce qui n’a pas du tout été le cas en vrai. Pour y avoir été, je peux vous dire que ce soir-là, le lien unissant l’audience et le groupe était vivace et chaleureux. Comme quoi, les montages et les reconstitutions après coup peuvent parfois masquer la réalité profonde d’un événement.

Mais à part ça, le disque reste hautement sympathique et je ne saurais trop vous encourager à le découvrir, afin de mieux faire connaissance avec une artiste douée et sincère. Vivement le prochain album!

Pays: US
Autoproduction
Sortie: 2019/03/15

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