SUN KING RISING – Delta tales

0 Participations
Notre évaluation
L'évaluation de lecteur
[Total: 0 Moyenne: 0]

Voici un groupe qui débarque de nulle part avec des musiciens non répertoriés par les services, au passé inconnu mais qui semblent dotés d’une grande expérience au regard du très bon album ʺDelta talesʺ que Sun King Rising vient de commettre.

Et pourtant, lorsqu’on analyse un peu la documentation disponible sur le Net au sujet de Sun King Rising, on découvre rapidement que son leader John Blangero n’est pas tout à fait un musicien professionnel à plein temps, puisqu’il partage son amour de la musique avec un métier de docteur en génétique, professeur dans une université du Texas et sommité scientifique ayant à son actif près de 700 articles spécialisés et des conférences données dans une quarantaine de pays. On a ici une sorte de professeur Raoult qui joue du rock ‘n’ roll pendant ses moments libres. Bluffant.

Et le mieux, c’est que le type n’est pas du tout mauvais, il est même extrêmement doué, notamment avec une voix chaude et sableuse, entre Bruce Springsteen et Captain Beefheart, excusez du peu. John Blangero a en fait une solide expérience de la musique puisqu’il a appris le piano étant petit et qu’il a pu jouer au cours de sa jeunesse dans des groupes de reprises (Anxiety’s Moment), puis un combo prog composant ses propres chansons (Harlequin, devenu ensuite Harlequin Reborn).

Puis les activités musicales ont laissé place aux études de médecine parce que la vie de bohème, c’est bien beau mais il faut quand même rapporter de quoi bouffer à la maison. Vingt ans plus tard, John Blangero a finalement été repris par le démon de la musique et a fondé ce groupe Sun King Rising avec de la famille et des amis, comme le cousin Steve Schuffert à la guitare, David Granati (The Granati Brothers) au mixage, le batteur George Perilli (Michael McDonald), Andy Taravella (ADD Band) ou le batteur Mark Francis (Harlequin Reborn). Notons aussi la présence derrière la console de deux légendes du rock américain underground des années 70 : John Sferra (Glass Harp, groupe heavy psych culte) et Steve Acker (Law, un groupe funk rock du milieu des années 70).

Ici, sur ce premier album ʺDelta talesʺ, John Blangero laisse libre cours pour son amour du rock sudiste, du gospel et de l’americana, acquis avec l’écoute d’artistes comme Joe Cocker, Leon Russell, l’Elton John des débuts ou Dan Penn. Le titre de l’album est choisi à dessein, en référence au Delta du Rio Grande, le grand fleuve du Texas qui coule pas très loin de la maison de John Blangero. Les compositions, tout en restant classiques dans ces genres de prédilection, sont tout simplement magnifiques. On reste en arrêt devant des pépites comme ʺMilkweed and thistleʺ, ʺDown the Delta roadʺ, ʺBeneath the southern sunʺ, ʺEvangeline in the Morningʺ ou ʺLove turns greyʺ. Et là se pose la question de savoir pourquoi un album est bon alors qu’il navigue dans des eaux musicales ultra-fréquentées depuis des décennies. John Blangero et ses complices auraient pu nous servir l’album americana usé jusqu’à la corde, avec ses guitares bluesy et country, ses chœurs gospel appuyés et tout le tralala qui va avec. Et là, cependant, c’est l’épiphanie, l’éveil d’un nouveau jour, un truc impeccable. La production y est sans doute pour beaucoup, avec ce son clair et étincelant, la profondeur du champ sonore, un mixage fin qui met en valeur tous les éléments des chansons, des cuivres soignés jusqu’aux chœurs féminins, en passant bien sûr par la voix puissante de John Blangero et la splendeur de ses accords de piano. Les chansons sont enlevées mais sans emphase, le rythme est dynamique sans être excité. Tout tombe bien, pile là où ça doit être.

Le classic rock vu par une grosse tête bardée de diplômes aurait pu donner quelque chose de prétentieux, du prog pour astrophysiciens binoclards ou des circonvolutions post-core aux partitions en forme d’équations à dix-huit inconnues. Mais ici, le docteur John Blangero sait rester simple et spontané, comme n’importe quel hard-rocker n’ayant qu’un CAP de plâtrier en poche. Il fait certes les choses sérieusement mais il a une capacité certaine à laisser parler son cœur, ce qui n’est pas toujours évident.

Le groupe :

John Blangero (chant et piano)
George Perilli (batterie)
Jeff Bremer (basse)
Hermie Granati (piano électrique)
Steve Acker (guitare, production)
David Granati (guitare, ingé-son)
The Cold City Horns (cuivres)
Shawn Mayer (choeurs)
Rozz Chapman (choeurs)
Kelly Connors (choeurs)
Bob Esterly (saxophone)

L’album :

ʺThe Snakeʺ (03:38)
ʺMilkweed and Thistleʺ (06:12)
ʺDown The Delta Roadʺ (03:20)
ʺIn A State Of Graceʺ (04:14)
ʺTake it downʺ (04:14)
ʺBeneath The Southern Sunʺ (05:28)
ʺEvangeline in the Morningʺ (03:16)
ʺLove Turns Greyʺ (03:34)
ʺDrive Me to Nashvilleʺ (04:02)
ʺLet There Be Lightʺ (05:25)

https://sunkingrising.bandcamp.com/album/delta-tales
https://www.facebook.com/SunKingRising/

Pays: US
Peacock Sunrise Records
Sortie: 2020/10/02

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!