SUNSTORM – Afterlife

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Décidément, Ronnie Romero est en train de devenir le pompier de service du métal mélodique : appelé sur tous les fronts, il se déplace de projet en projet, vient donner des coups de cordes vocales chez tous les copains qui en ont besoin et s’impose peu à peu comme l’une des voix rock évidentes du moment. On avait pu l’entendre chez Vandenberg en 2020, il est venu illustrer une des chansons du dernier album du Magnus Karlsson’s Free Fall, il était récemment chez l’Intelligent Music Project de Milen Vrabeski, il a retrouvé récemment ses amis de Lords Of Black pour un excellent dernier album et le voici à reboucher les trous chez Sunstorm après le départ de l’éminent et légendaire Joe Lynn Turner de ce groupe couvé depuis toujours par le label Frontiers Music. Et si Ronnie Romero est si actif un peu partout, c’est sans doute parce que son patron officiel Ritchie Blackmore, qui l’a recruté dans son fameux Rainbow, ne lui donne rien à faire puisque Rainbow n’a toujours pas édité le moindre album depuis sa nouvelle résurrection il y a quelques années.

Et le bon Ronnie a bien raison de dispenser son talent là où il peut car c’est toujours un plaisir d’entendre résonner sa voix forte, mélange miraculeux entre celle de Joe Lynn Turner et celle du regretté Ronnie James Dio. Donc, pour en revenir à Sunstorm, voilà comment ça se passe en ce moment. Le groupe a déjà quelques rondelles dans la besace depuis 2006 puisqu’il en est ici à son sixième album, après ʺSunstormʺ (2006), ʺHouse of dreamsʺ (2009), ʺEmotional fireʺ (2012), ʺEdge of tomorrowʺ (2016) et ʺRoad to hellʺ (2018). Depuis l’album ʺEdge of tomorrowʺ, c’est une équipe d’accompagnement de Joe Lynn Turner entièrement nouvelle qui a été mise en place, les nouveaux Simone Mularoni (guitare), Nik Mazzucconi (basse) et Alessandro Del Vecchio (claviers) remplaçant les anciens Uwe Reitenauer, Dennis Ward et Chris Schmidt (batterie). Mais après l’album ʺThe road to hellʺ, c’est Joe Lynn Turner en personne qui quitte l’attelage, sans doute fatigué par les problèmes cardiaques qu’il avait subis en 2018. Il faut dire que le bonhomme atteindra les 70 ans cette année et le poids des ans commence à se faire sentir, même si le bon Joe Lynn passe toujours plus de temps chez le chirurgien esthétique que dans les hôpitaux. Il a donc fallu trouver un chanteur capable de rivaliser avec Turner sur le plan vocal et bien entendu, Ronnie Romero était tout trouvé pour cela.

Et c’est sans le moindre scrupule que cette équipe de Sunstorm, qui ne comprend désormais plus aucun membre original, se lance dans un nouvel album qui va nous sortir tous les bons coups du hard rock mélodique, dans souci d’innover mais sans non plus manquer de qualité. C’est un peu comme si on se retrouvait en 1982, à l’époque de l’excellent ʺStraight between the eyesʺ de Rainbow, une année où Ronnie Romero avait un an et où Joe Lynn Turner tenait le micro dans le groupe de Ritchie Blackmore. La magie du temps qui passe fait maintenant que c’est Ronnie Romero qui remplace Joe Lynn Turner dans Rainbow mais comme Rainbow attend toujours la pluie pour rayonner à nouveau, Ronnie Romero remplace Joe Lynn Turner dans un succédané de Rainbow. Car Sunstorm sonne ici ni plus ni moins comme du Rainbow, un cran en dessous bien sûr mais quand même à un niveau qui permet de ne pas bouder son plaisir en écoutant de très bonnes mélodies accrocheuses (ʺAfterlifeʺ, ʺSwan songʺ, ʺBorn againʺ, ʺHere for you tonightʺ) ou les performances de Ronnie Romero qui montre aussi de temps à autre qu’il est capable de vocaliser dans les plates-bandes de David Coverdale (ʺI found a wayʺ). Alessandro Del Vecchio fait tonner son orgue comme ce bon vieux David Rosenthal (qui était dans Rainbow en 1982), tandis que le bassiste et le batteur s’amusent à reconstituer la rythmique indestructible du duo Roger Glover/Bobby Rondinelli sur ʺStraight between the eyesʺ. Seule la guitare de Ritchie Blackmore reste inimitable mais Simone Mularoni ne démérite pas avec de superbes solos et harmonies de son cru qui permettent quand même de déduire que Sunstorm n’est pas complétement un clone de Rainbow.

On peut donc se laisser aller sans honte à apprécier ce disque bien sympathique, brillant petit prince de série B qui défend bien son pré carré dans le domaine codifié du hard rock mélodique resté coincé dans les Eighties. Pas de bouleversements exceptionnels ici, ni de création surprise d’un nouveau genre musical, mais du bon hard rock à l’ancienne superbement ficelé, produit dans l’amour de l’art et plein d’allant.

Le groupe :

Ronnie Romero (chant)
Simone Mularoni (guitare)
Nik Mazzucconi (basse)
Alessandro Del Vecchio (claviers)
Michele Sanna (batterie)

L’album :

ʺAfterlifeʺ
ʺOne Step Closerʺ
ʺSwan Songʺ
ʺBorn Againʺ
ʺStrongerʺ
ʺI Found a Wayʺ
ʺLost Foreverʺ
ʺFar From Overʺ
ʺHere for You Tonightʺ
ʺDarkest Nightʺ
ʺA Story That You Can Tellʺ

https://www.facebook.com/SunstormMusic

Pays: IT
Frontiers Music
Sortie: 2021/03/12

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