SUPER FLORENCE JAM – Super Florence Jam

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D’accord, l’Australie, c’est loin et on ne sait pas toujours ce qui se passe en temps réel sur la scène rock de ce pays. Et ça ne date pas d’hier, AC/DC ayant par exemple sorti trois albums entiers sur un label local en 1975-76 avant de se faire connaître en Europe fin 1976. Ce retard à l’allumage est dommage car chez nous, on rate souvent des phénomènes musicaux extraordinaires ou on les attrape en cours de route alors qu’ils sont déjà populaires sur leurs terres d’origine. Car l’Australie a toujours été un pays captivant en matière de rock et c’est une vérité qui nous revient à l’esprit chaque fois qu’on tombe sur une petite pépite, comme c’est le cas ici avec Super Florence Jam.

La particularité de ce premier EP de Super Florence Jam est que lorsqu’on le découvre en Europe, on s’aperçoit qu’il est sorti il y a plus de dix ans en Australie et qu’à l’heure actuelle, ce groupe a complètement disparu de la circulation. C’est encore un effet de la politique du label australien Bird’s Robe, qui célèbre en ce moment ses dix ans d’existence et qui procède pour l’occasion à la réédition et à la distribution de disques qui n’avaient jamais pointé le bout de leur nez sous nos latitudes jusqu’à maintenant. Le label nous a fait le coup récemment pour le premier album de The Nerve et il réédite son forfait avec le premier EP de Super Florence Jam.

Ce groupe hante les quartiers de Sydney vers 2005 et parvient à enregistrer un EP sous la direction de Clayton Segelov. L’homme a l’idée de suggérer à Super Florence Jam de compresser leur rock progressif en quelque chose de plus direct et de plus énergique, ce qui donne un EP six titres qui va se diffuser comme une traînée de poudre dans les milieux rock underground de Sydney au moment de sa parution en 2009. Le groupe joue dans tous les bars et clubs de la ville, étend son influence jusqu’à Brisbane, Melbourne et Adelaïde, joue en première partie de combos significatifs comme British India, Airbourne, Dallas Crane, Philadelphia Grand Jury, Shihad, 28 Days, Bertie Blackman ou Mental As Anything. L’apogée du groupe correspond à la naissance du label Bird’s Robe et en quelque sorte, Super Florence Jam peut être considéré comme un catalyseur ayant engendré une nouvelle vague de groupes rock australiens au début des années 2010 (sleepwakeswaves, We Lost The Sea, Closure In Moscow, The Crooked Fiddle Band, Toehider, Solkyri et bien sûr King Lizzard & The Lizard Wizard ou Pond).

Mais le rôle de Super Florence Jam va s’arrêter là après un autre EP en 2011, le groupe se contentera d’une petite reformation éphémère en 2014. C’est bien regrettable car leur EP éponyme est un petit trésor de rock explosif à la fois garage, prog, funk et alternatif qui rebondit dans tous les coins grâce à une énergie exemplaire et des compositions léchées. On s’éclate avec les excellents ʺGhetto project fabulousʺ qui sert de tracteur apte à propulser le reste du disque dans les hautes sphères, ou encore ʺThe circleʺ, ʺMarcyʺ ou le grandiose ʺNo timeʺ, révélant toute la maîtrise et l’originalité des membres du groupe.

Voilà encore une occasion de découvrir un des secrets bien gardés du rock australien et il n’y a pas à hésiter une seconde sur Super Florence Jam : ces gens-là étaient grands.

Le groupe :

Adam Krawczyk (chant et guitare)
Laurence Rosier Staines (guitare, chant et claviers)
Mike Solo (batterie)
Alex Tulett (basse)

L’EP :

ʺGhetto Project Fabulousʺ (02:43)
ʺThe Circleʺ (04:29)
ʺMarcyʺ (03:28)
ʺTen Yearsʺ (03:09)
ʺNo Timeʺ (04:54)
ʺNo Man’s Landʺ (05:12)

https://birdsrobe.bandcamp.com/album/super-florence-jam
https://www.facebook.com/superflorencejam/?ref=page_internal

Pays: AU
Bird’s Robe Records
Sortie: 2021/07/16

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