SVART CROWN – Wolves among the ashes

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Malgré son nom à consonance germanique, Svart Crown vient de la riante Méditerranée, de la bonne ville de Nice, plus précisément. Mais Svart Crown ne semble pas profiter du soleil qui darde ses rayons sur la Promenade des Anglais, il préfère rester dans l’ombres des caves, à ruminer un death metal particulièrement colérique, souvent équipé de coutelas black metal pour entailler de plus profondes blessures dans nos tympans.

On reste aussi assez étonné de voir un groupe français signé par les Allemands du label Century Media. Pour que les bûcherons d’outre-Rhin s’intéresse à un gang de kékous de la Côte d’Azur, ce n’est sûrement pas à cause des olives et des tomates séchées. La raison, on la découvre rapidement quand on écoute le cinquième album du combo, un ʺWolves among the ashesʺ qui ne laisse rien debout après son passage. L’ami Michel Serry nous avait déjà prévenus sur sa chronique du précédent album ʺAbreactionʺ (2017), premier à faire son entrée chez Century : Svart Crown ne fait pas de quartier.

Côté personnel, il y a un peu de changement dans le groupe. JB Le Bail, chanteur, guitariste, fondateur et Gruppenführer absolu de Swart Crown depuis 2004 a retrouvé son fidèle guitariste Clément Flandrois (absent du dernier album mais présent sur les trois premiers), a également récupéré le batteur Nicola ʺRankoʺ Muller (qui avait joué sur l’album ʺProfaneʺ en 2013) et a embauché à la basse un certain Julien Negro, vieux renard traînant dans de multiples groupes de la Côte d’Azur (Anthropia, Hamka, Lord of Mushrooms, Spheric Universe Experience, Freitot, Harmony, ex-Krysalyd, ex-DXS, ex-Kabbal).

Cette équipe renouvelée se lance dans une fournaise insoutenable et expédie entre les deux yeux des projectiles oscillant entre le death metal bien épais et le black metal purulent. Dans la première catégorie, ʺBlessed be the foolsʺ est un exemple et dans la seconde, ʺAt the altar of beautyʺ se hisse au rang de l’excellence. Mais Svart Crown sait aussi tromper son monde en interposant dans la bataille un magnifique morceau lent, ʺDown to nowhereʺ, d’inspiration doom, qui apaise tout le monde et nous jette dans une admiration craintive. Le monstre va-t-il se réveiller à nouveau? La réponse est bleuargh! quand on entend à nouveau tonner un épais mur de guitares qui annonce les tourbillons houleux d’ʺExoriaʺ, titre capable de filer des frayeurs aux Toulousains de Gojira. Décidément, le métal extrême français fait rage dans le sud du pays, où on rivalise d’audace pour fissurer la planète à coups de riffs. Ici, Svart Crown sort le grand jeu avec un death sérieusement travaillé sur près de sept minutes, complexe et massif.

Et en guise de final, Svart Crown sort les atouts chromés de dessous le paquet. ʺLiving with the enemyʺ, avec ses huit minutes, est tout simplement bluffant. Le groupe a quitté les terres du death et du black pour chevaucher dans des plaines voisines d’un psychédélisme blafard en début de morceau et dont le voile menaçant s’écroule devant une nouvelle poussée de death à plusieurs visages, à la langueur doom, au désespoir sludge et à la batterie black. Ici, le bête schéma couplet – refrain – couplet – solo – refrain est complètement dispersé aux quatre vents. Svart Crown s’enfonce dans une complexité entêtante, jalonnée par de multiples changements de tempos et d’atmosphères. Gojira vient de le mettre sur sa liste des prétendants au trône à surveiller de près car le coup d’état à son encontre devient de plus en plus envisageable.

Ça y est, Johnny Hallyday est définitivement enterré, la France vient d’entrer dans la modernité métallique avec ses deux bottes cloutées. Plus question de tremper un doigt de pied en frissonnant, Svart Crown vient d’y plonger la tête la première.

Le groupe :

JB Le Bail (guitare et chant)
Clément Flandrois (guitare et chant)
Julien Negro (basse et chœurs)
Nicolas ʺRankoʺ Muller (batterie et chœurs)

L’album :

ʺThey Will Not Take Our Death in Vainʺ (01:44)
ʺThermageddonʺ (04:37)
ʺArt of Obedienceʺ (05:24)
ʺBlessed Be the Foolsʺ (03:57)
ʺAt the Altar of Beautyʺ (05:21)
ʺDown to Nowhereʺ (04:03)
ʺExoriaʺ (06:47)
ʺLiving with the Enemyʺ (08:34)

https://www.facebook.com/SVARTCROWN/

Pays: FR
Century Media
Sortie: 2020/02/07

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