TANGLED THOUGHTS OF LEAVING – Deaden the fields (réédition de 2011)

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Le label australien Bird’s Robe Records commence à être bien connu de nos services puisqu’il a passé toute l’année 2021 à fêter son dixième anniversaire en rééditant nombre d’albums ayant marqué ses débuts. Encore une fois ici c’est une réédition anniversaire qui correspond aussi au dixième anniversaire d’un premier album qui vient attirer notre attention. Nous avons affaire à Tangled Thoughts Of Leaving, un combo originaire de Perth donnant dans un jazz-rock et post-rock tout à fait fascinant.

Le groupe est formé en 2007 par Aaron « Polly » Pollard (piano, synthés, sampler, chant), Luke Pollard (basse, sampler), James Hoey (batterie, remplacé plus tard par Bhen Stacy) et Andrew « Andy » McDonald (guitare, remplacé par Paul Briggs en 2016). Tangled Thoughts Of Leaving commence à éditer des albums en 2008 avec son premier EP ʺTiny fragmentsʺ, suivi d’un album partagé avec ses compatriotes de Sleepmakeswaves l’année suivante.

C’est avec ce premier long format ʺDeaden the fieldsʺ, paru en juillet 2011, que le groupe des frères Pollard décolle dans les milieux autorisés, ceux qui connaissent la valeur du post-rock basé sur de fortes influences jazz. Entièrement instrumental, cet album est un formidable voyage dans un jazz-rock progressif qui empreinte autant à King Crimson, qu’au Mahavishnu Orchestra, en passant par des références plus modernes comme Mogwai, Kayo Dot ou Swans. C’est le piano qui donne le ton, avec ses progressions aventureuses, son lyrisme de haut vol, en contrepoint d’effets électroniques qui brouillent à dessein la donne. C’est là où se situe la marque de fabrique du groupe. Sans ces effets, on aurait simplement une version instrumentale d’Arcade Fire, ce qui serait déjà intéressant mais manquerait bougrement d’originalité. Il faut s’attacher sur son fauteuil avec une sangle et se fixer le casque audio sur les oreilles avec de la colle forte pour ne pas rater une miette de ces compositions complexes, qui n’hésitent pas à donner dans la longueur amazonienne (17 minutes pour le premier titre ʺLandmarksʺ, onze minutes pour ʺDeep rivers run quietʺ, 14 minutes pour le dernier ʺThey found my skull in the nest of a birdʺ, intitulé bien délirant au passage).

L’ambiance générale du disque est aussi le fruit d’une concentration du groupe sur lui-même, qui s’est enfermé dans une ancienne ferme transformée en studios Sleepwalker’s Dread, à une heure de route au sud-est de Perth. Là-bas, aucune distraction, juste quelques kangourous croisant au large et des serpents roupillant sous la caillasse. Un lieu idéal pour mener une expérience intérieure profonde, que l’on retrouve sur les morceaux, assez sombres, qui composent cet album. ʺLandmarksʺ nous en met déjà pour 17 minutes de jazz-rock chahuté, mais on est aussi secoué par les divagations de la guitare qui effectue des montées en crescendo captivantes sur ʺ…And sever us from the presentʺ ou ʺDeep rivers run quietʺ. Quelques obsédés du classement musical qui sévissent sur le Net ont appelé cela du crescendocore, terme restrictif qui ne rend pas complètement compte du style de Tangled Thoughts Of Leaving, qui a bien plus de cordes à son arc. On l’entend planer gracieusement sur ʺDeaden the fieldsʺ et se livrer à toutes sortes de manipulations polyrythmiques sur le houleux ʺThey found my skull in the nest of a birdʺ qui termine l’album dans un tourbillon électro-jazzy apte à décontenancer une fois de plus l’auditeur.

Par la suite, Tangled Thoughts Of Leaving se fendra des albums ʺYield to despairʺ (2015) et ʺTetherʺ (2018), qui continuent de révéler le talent du groupe. Ce dernier n’est pas resté planqué en Australie et a eu l’occasion de pratiquer les scènes du monde entier, notamment en compagnie de Russian Circles, This Will Destroy You, 65daysofstatic, Sleepmakeswaves, We lost The Sea, Karnivool, Dead Letter Circus ou Boris. Certains en Belgique connaissent déjà sans doute Tangled Thoughts Of Leaving, s’ils ont fréquenté le Dunk Festival, qui a accueilli le groupe plusieurs fois.

En tous cas, pour ceux qui ne le connaissent pas, les présentations sont indispensables car Tangled Thoughts Of Leaving est une autre de ces perles musicales trop longtemps dissimulées en Australie, pays qui se pose de plus en plus comme l’alternative rock la plus crédible pour ceux qui commencent à se lasser du rock mercantile anglo-américain.

Le groupe :

Aaron « Polly » Pollard (piano, synthés, sampler, chant)
Luke Pollard (basse, sampler)
James Hoey (batterie)
Andrew « Andy » McDonald (guitare)

L’album :

ʺLandmarksʺ (17:20)
ʺThrow Us to the Windʺ (08:40)
ʺ…And Sever Us from the Presentʺ (04:15)
ʺDeep Rivers Run Quietʺ (11:12)
ʺDeaden the Fieldsʺ (06:11)
ʺThey Found My Skull in the Nest of a Birdʺ (14:17)

https://ttol.bandcamp.com/album/deaden-the-fields
https://www.facebook.com/TangledThoughtsOfLeaving

Pays: AU
Bird’s Robe Records
Sortie: 2021/10/15

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