TRONOS – Celestial mechanics

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Tronos est un groupe tout nouveau, tout beau qui vient de sortir son premier album. A l’écoute de cette impressionnante galette, on se dit bien que les types qui évoluent sur ce disque ne sont pas des perdreaux de l’année, la puissance d’exécution et la force colossale découlant des chansons ne pouvant pas provenir d’un gang de boutonneux à peine nés au moment des attentats du 11 septembre 2001. L’intuition était bonne puisque les recherches révèlent que ce n’’est ni plus ni moins que le mythique Shane Embury, bassiste du non moins mythique combo grindcore Napalm Death qui mène la danse sur ce coup-là. Et de plus, l’homme est accompagné de deux autres costauds : le chanteur claviériste guitariste Russ Russell (ex-Meathook Seed et Absolute Power, deux projets dans lesquels Shane Embury joue aussi) et le batteur Dirk Verbeuren, sujet d’Anvers ayant accumulé une expérience professionnelle ultra-respectable (Aborted, Abyssal Vortex, Anaon, Artsonic, Anatomy of I, Bent Sea, Cadaver, Colosso, Eostenem, Freya, Headline, Hespera, Lyzanxia, Mortuary, Nuclear Blast Allstars, One-Way Mirror, Phase One, Phazm, Powermad, The Project Hate MCMXCIX, Pulse of Nebulae, Scarve, Solium Fatalis, Stenval, Taliangörögd, Vetur, Warrel Dane, Withered Moon) au point d’être actuellement le batteur attitré de Megadeth.

Autrement dit, ce trio madré va nous travailler un métal rugueux à l’ancienne, sans fioritures ni dentelles. Pour en rajouter dans le respect déjà inspiré par Tronos, précisons que le groupe a également eu recours à des invités tout aussi prestigieux : Billy Gould (Faith No More), Troy Sanders (Mastodon) et l’archi-over-légendaire Dan Lilker (Anthrax, Nuclear Assault, Stormtroopers of Death, Holy Moses). Ces trois bassistes viennent en fait prêter main forte à Shane Embury, qui préfère assurer la guitare sur cet album de Tronos.

Alors, que trouve-t-on dans ce premier album? Du gros, du gras, du lourd mais aussi du digne, comme en témoigne l’accrocheur premier morceau ʺWalk among the dead thingsʺ, qui allie doom metal musclé et sonorités rappelant Fear Factory. Dans la même veine, ʺJudas cradleʺ vient aplatir quelques kilotonnes de doom imposant et sénatorial sur nos cervelles désemparées. Le ton est classique, mais ça fait toujours rire. Le travail du batteur Dirk Verbeuren est colossal, servant ses maîtres hurleurs et tapageurs sur tous les tempos, y compris les plus énervés (ʺThe ancient deceitʺ, ʺBirth wombʺ). Tronos compose aussi des titres un peu plus longs, qui invitent à la rêverie du troll après un combat contre les titans (ʺThe past will wither and dieʺ, ʺVoyeurs of nature’s tragediesʺ, ʺPremonitionsʺ). Dans ces passages, une petite touche de psyché ou de progressif n’est pas à exclure, genre Opeth.

Lorsqu’on fait l’association d’idées Shane Embury = Napalm Death = Birmingham, on comprend parfaitement l’inclusion en final d’une reprise de Black Sabbath, groupe emblématique de la capitale des Midlands. En l’occurrence, Tronos fait un choix intéressant en évitant les habituels classiques ʺParanoidʺ ou ʺIron manʺ et porte son dévolu sur ʺJohnny Bladeʺ, titre datant du dernier album historique enregistré avec Ozzy Osbourne, ʺNever say dieʺ (1978). C’est bien vu car ce morceau injustement oublié en provenance d’un album injustement sous-estimé (la première face de ʺNever say dieʺ est excellente, réécoutez) est encore un beau brûlot de la part du Sabbath moribond de l’époque. La réinterprétation qui en est faite ici est parfaitement respectueuse de l’original, avec un chant imitant assez bien celui d’Ozzy. Voilà une bien belle façon de terminer un album hautement sympathique, à la facture classique et charnue.

Pays: GB
Century Media
Sortie: 2019/04/12

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