UNEARTH – Extinction(s)

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Pas moins de trois groupes américains utilisent le nom d’Unearth. Mais comme les deux premiers (du death metal du Nouveau Mexique et du grunge de Seattle) ont disparu corps et biens durant les années 1990, il ne reste plus que l’Unearth de Wakefield (Minnesota) qui officie dans une veine metalcore depuis 1998. Aïe ! Du metalcore… Rassurons-nous tout de suite : Unearth pratique un metalcore suffisamment couillu et a suffisamment d’expérience dans le métier pour être crédible dans le genre, et ressembler en fait assez bien à des combos leaders comme Lamb Of God ou All That Remains.

Puisqu’on parle de Lamb Of God, signalons tout de suite que le guitariste d’Unearth, Buz McGrath, a fait partie de l’équipe de tournée du combo virginien. Buz McGrath (un nom bien porté pour un guitariste…) est aussi un des trois éléments permanents d’Unearth depuis sa fondation. Le groupe est effectivement scindé entre un trio de musiciens aux commandes depuis toujours (on ajoute l’autre guitariste Ken Susi et le chanteur Trevor Phipps) et une section rythmique assez instable qui a déjà consommé deux bassistes et trois batteurs. Les derniers arrivés dans ces spécialités sont Nick Pierce (pour la batterie, en 2012) et Chris O’Toole (pour la basse, en 2014). Avec ce nouveau line-up, Unearth a réalisé ses albums «Watcher of rule» (2014) et «Extinction(s)» (2018), respectivement sixième et septième albums de la série.

Notre camarade Michel Serry avait liquidé sans ménagement à la mitrailleuse lourde, munitions titane, l’avant-dernier album «Watchers of rule», envoyant ce disque dans le club ultra-sélect des onze albums les plus mal notés sur les près de 9700 que notre site a traités depuis sa création en 2002. Peut-être a-t-il eu la main un peu lourde, mais il avait parfaitement vu les faiblesses de cet album, malheureusement le moins bon de la discographie du groupe. Je peux vous dire qu’avec «Extinction(s)», Unearth relève sensiblement le niveau de son inspiration. Les morceaux sont plus agressifs ou en tous cas plus soucieux de revenir à des fondamentaux métalliques au lieu de répétitions de schémas metalcore jusqu’à plus soif. Des morceaux comme «Incinerate», «Survivalist», «Cultivation of infection» ou «Sidewinder» savent lâcher du lourd et ne rechignent pas non plus à tendre une main discrète en direction du hardcore.

Même dans les titres un peu plus enclins au metalcore de base, on sent chez le groupe une envie de transcender les faiblesses habituelles du genre en y mettant plus de hargne et en essayant d’être imaginatif sur les passages mélodiques («No reprisal», «One with the sun»). Il semble donc qu’Unearth ait redonné un petit coup de fouet à sa carrière discographique en soignant particulièrement les compositions de ce dernier album. De là à hurler au chef-d’œuvre, il y a une marge mais dans l’ensemble, le dossier d’Unearth est bien défendu avec cette dernière production.

Pays: US
Century Media
Sortie: 2018/11/23

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