VARIOUS ARTISTS – Austin Boogie Crew, 5 years of modern funk

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J’ai longtemps hésité avant d’expédier cette chronique dans les tuyaux de publication de Music In Belgium, car nous avons affaire ici à du funk. Mes atermoiements venaient du fait que notre webzine est essentiellement consacré à la musique rock. Donc, chez nous, pas de menuet, pas de tango, pas de salsa, pas de fado ou de musique traditionnelle turkmène. Mais qu’en est-il du funk ? Nous parlons bien de pop music, nous parlons parfois de jazz, un peu de soul, des trucs électroniques qui contribuent à élargir sans cesse les perspectives de cette galaxie de plus en plus immense qu’on appelle la musique rock. Pourquoi pas le funk ? Et puis, je me suis dit : baste ! En ces temps de morosité virale, de confinements grippaux à rallonge et de tensions pré-apocalyptiques, j’ai pensé qu’un peu de musique fun et dansante, aidant à faire bouger les corps lors des séances de fitness dans la salle de bain ou de jogging sur le balcon pouvait aider à remettre un sourire sur le visage blême de nos contemporains.

Et nous parlons ici de funk, pas de funky. Je tiens à faire la précision. Le funk peut être rock alors que le funky n’est qu’une immonde facette du disco, cette musique imbécile qui retira au monde du rock, à la fin des années 70, des millions de fans potentiels de Kiss ou de Van Halen qui préférèrent se faire hypnotiser par des boules à facettes plutôt que s’oublier dans les ondes brutes du son électrique sur-amplifié. Le funk, ça peut être du lourd, du cosmique. Réécoutez Funkadelic ou Mandrill et vous comprendrez. Allez jeter un coup d’oreille sur les compilations du label anglais BGP et vous aurez une idée des racines authentiques du funk, entre blues du Delta, soul de Detroit et gospel louisianais. Et n’oubliez pas que Jimi Hendrix a été guitariste des Isley Brothers et de Curtis Knight dans les années 1964-65 avant de connaître la gloire. Et plus récemment, Living Colour et les Red Hot Chili Peppers, ce n’est pas du heavy funk, quand ça veut ?

Ici, on va parler d’un petit label indépendant appelé Austin Boogie Crew, spécialisé dans le funk moderne et basé, comme son nom l’indique, au Texas. Le credo de cette maison est de propager l’esprit du boogie et du funk des années 80, qui font toujours vibrer les clubs avec ses sonorités lourdement synthétiques et pleines de groove. Les artistes édités par ce label mélangent en général le son funk avec des tas d’autres influences, incluant l’électronique, le R&B, le hip-hop et même l’indie rock.

Si on veut se faire une idée de la palette de styles déployés par les poulains d’Austin Boogie Crew, on peut écouter à l’aise cette compilation qui met en lice des gens comme Diamond Ortiz, Solar Shield, Rojai, Trailer Limon, XL Middleton, Computa Games ou Jonny Tobin. Le son est feutré, les mélodies soyeuses, les rythmiques dansantes et tout ceci donne une idée de l’évolution du funk au 21e siècle.

Donc, si des fans de funk lisent par hasard cette chronique, ils peuvent sans crainte se plonger dans l’écoute de cette compilation. Pour les rockers, il y a deux écoles. Soit l’esprit est fermé et on n’en parle plus, soit l’esprit est ouvert et alors pourquoi pas, entre deux séances de brutal death metal technique et de heavy boogie sudiste, se détendre un peu les osselets en se mettant ce disque entre les oreilles. On peut aussi se le passer au moment des barbecues dominicaux du printemps et de l’été, histoire de changer un peu du hard rock troupier ou du prog pour ingénieurs qui servent habituellement de bandes son à ce genre de festivités.

La compilation :

Diamond Ortiz : ʺGoodiesʺ (03:21)
Solar Shield : ʺReesisʺ (02:55)
Solar Shield : ʺBeeturiaʺ (05:01)
Rojai: ʺFinest Girlʺ (ft. Sally Green) (03:48)
Rojai : ʺSo Specialʺ (ft. G. Vargas) (03:05)
Rojai : ʺSoul Stepʺ (ft. Sally Green) (03:44)
Trailer : ʺLimon : Love Don’t Pay The Billsʺ (ft. E. Live) (03:00)
Trailer : ʺLimon : Dancing With Somebodyʺ (ft. B. Bravo) (04:12)
Starship Connection : ʺDo It 4Uʺ (03:31)
XL Middleton : ʺEnjoyable Sunburnʺ (04:26)
XL Middleton : ʺNervousʺ (04:19)
XL Middleton : ʺDigital Devilsʺ (04:06)
Lowmac : ʺLate Nightsʺ (03:44)
Computa Games : ʺDo Your Thingʺ (ft. K-Maxx) (03:54)
Computa Games : ʺFeel Right 2Niteʺ (03:52)
B & The Family : ʺA Good Timeʺ (BusCrates Remix) (03:18)
B & The Family : ʺJust Want To Love Yaʺ (04:36)
Moniquea : ʺCloserʺ (04:08)
Jonny Tobin : ʺSunriseʺ (02:22)
Jonny Tobin : ʺSuper Genesisʺ (02:55)
Spence : ʺEar to Earʺ (02:48)

https://austinboogiecrewrecords.bandcamp.com/album/5-years-of-modern-funk

Pays: US
Austin Boogie Crew Records
Sortie: 2020/03/28

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