VARIOUS ARTISTS – I’m a freak 2 baby: A further journey through the British heavy psych and hard rock underground scene (1968-73)

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On a beaucoup de boulot à Music In Belgium et les rédacteurs qui reçoivent à longueur de journée des albums à chroniquer n’ont pas forcément l’occasion de parler de ce qu’ils aiment plus que tout ou du disque perso qu’ils ont acheté et qu’il serait intéressant de partager auprès des lecteurs. Eh bien, basta cosi! Je profite de l’achat de cette deuxième compilation ʺI’m a freak babyʺ du label Grapefruit pour vous décrire brièvement la masse énorme du stock musical qui a été débloqué ici (trois CD, 55 morceaux) et vous initier ou vous ré-initier à la quintessence de ce qui a fait les origines du hard rock et du heavy metal anglais durant ces années formatives cruciales que furent 1968 à 1973.

Cette deuxième compilation fait suite à une première sortie en 2016 et que nous n’avions pas eu le temps de présenter à l’époque. Qu’importe, la deuxième série est tout aussi phénoménale que la première, en ce qu’elle contient des légendes de top niveau (Budgie, Jeff Beck Group, Atomic Rooster, Edgar Broughton Band, Stray, The Crazy World of Arthur Brown, Stone The Crows, The Move, Love Sculpture) aussi bien que des combos mythiques commençant à être reconnus (Leaf Hound, Warhorse, Three Man Army, Wicked Lady, High Tide, Samuel Prody, Sam Gopal qui avait engagé en 1969 un jeune chanteur du nom de Lemmy Kilminster…) ou des obscurités totales méritant le détour (Slowload, The Rats, Purple Haze, Little Big Horn, Natural Gas, Tarsus, Lightyears Away, Frozen Tear, Sardonicus). Ici, l’ombre de Black Sabbath ne cesse de flotter au-dessus de ces fantômes du passé et ce n’est pas pour rien que le livret du CD commence avec une citation de Geezer Butler, bassiste du plus grand groupe de heavy metal de tous les temps.

Nous sommes jetés ici au carrefour des routes qui engendrèrent les parrains du doom metal (Budgie, Iron Claw, Dark), du stoner (Red Dirt, Freedom, Warhorse), du blues lourd (Sam Apple Pie, N.S.U.) ou du hard rock progressif (Atomic Rooster, Bodkin, Mouse, Ancient Grease, Monument ou Love Sculpture avec son impressionnante reprise de la ʺDanse du sabreʺ de Khatchatourian) ainsi que du punk hardcore (Patto et son terrible ʺLoud green songʺ, imaginé dès 1972). Chacun de ces groupes a son histoire et plutôt que de me lancer dans une encyclopédie en douze volumes du proto-metal anglais, je vous renvoie au livret du CD, richement illustré et plein d’informations détaillées sur tous ces oubliés des couloirs du temps. Vous pourrez ainsi étonner la vicomtesse du Lichtenbourg lors d’un prochain cocktail d’ambassade en lui expliquant que les Ecossais de Tear Gas formèrent la base avec laquelle le grand et regretté Alex Harvey allait fonder son Sensational Alex Harvey Band en 1971, ou que Leaf Hound possédait en son sein un certain Peter French, qui allait ensuite venir hurler chez Atomic Rooster ou Cactus pour son dernier album en 1972.

Il faut souligner ici le soin apporté à la production et à la remastérisation des chansons, ce qui n’était pas a priori évident, vu que certains morceaux arrivent directement d’acétates ou de démos n’ayant jamais vu le jour sur un album officiel (Wicked Lady, Iron Claw, Slowload, Tonge). Mais certains autres édités sur des labels plus en vue ressortent ici avec un clinquant et une nouvelle jeunesse, comme le ʺGutsʺ de Budgie qui ouvre la compilation et qui tue littéralement tout. En entendant ce morceau pour la 875e fois et en restant collé au plafond, je me suis demandé comment j’avais fait pour écouter pendant des années ma vieille édition sortie en CD en 1990 sur le label allemand Repertoire. Bon, il faut dire que j’ai aussi le vinyle original, ça compense…

Bref, il n’ya pas à hésiter. Si vous voulez prendre un cours de rattrapage express en heavy rock anglais Seventies, plutôt que de passer 35 ans comme moi à explorer ce sillon sans espoir d’arriver au bout, jetez-vous sur cette compilation et essayez de choper la première au passage. Vous comprendrez tout en matière de stoner, doom et autre classic hard rock ressassés sans fin depuis les trente dernières années. Et vous arrêterez d’écouter du metalcore!

Pays: GB
Grapefruit Records
Sortie: 2019/01/25

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