Une autre facette de DAAN au Théâtre de Namur

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Une fois n’est pas coutume, c’est confortablement installé dans un endroit cosy que l’on a accompli notre mission de journaliste ce mardi 25 janvier. Et pas dans n’importe quel endroit, puisqu’il s’agissait du majestueux Théâtre Royal de Namur. Une soirée presque select en compagnie de Daan qui a choisi de promouvoir son nouvel album dans des salles de capacité réduite et en configuration assise qui conviennent particulièrement bien à son nouveau concept. En effet, “Simple” est un album qui revisite le back catalogue du chanteur en laissant de côté les arrangements pop et les beats électro qui sont généralement sa marque de fabrique. Le résultat donne des compositions à la structure dépouillée tout en étant paradoxalement plus riches grâce à une vision classique dans le sens orchestral du terme.

Lorsque les lumières s’éteignent et que l’immense rideau en velours épais qui masque la scène s’ouvre lentement, les murmures font place à un silence respectueux et la représentation peut commencer. Car c’est bien d’une représentation qu’il convient de parler. Daan Stuyven, toujours aussi charismatique et élégant, s’est installé derrière un piano à gauche de la scène. Il ne le troquera que très rarement contre une guitare ou un simple micro. Il est accompagné du violoncelliste Jean-François Assy (un ancien musicien de Bashung notamment) mais surtout de sa fidèle collaboratrice, la mignonne Isolde Lasoen à l’ensemble rouge seyant particulièrement sexy.


Très vite arrive “Exes”, qui résume parfaitement la philosophie de la soirée. De la douceur, de l’émotion et surtout de la dextérité afin de donner une profondeur à des titres que l’on connaît déjà mais qui prennent une direction inattendue dans la formule proposée. Une preuve supplémentaire du talent d’écriture de l’artiste. De plus, les discrètes projections ne perturbent aucunement le recueillement d’un public qui écoute attentivement la bonne parole avant de bruyamment manifester sa satisfaction.

Cela fait quasi dix ans maintenant que Dead Man Ray fait partie de l’histoire ancienne du chanteur, mais il s’octroie depuis la dernière tournée une timide incursion dans les albums du groupe (rappelez-vous “Landslide” à l’AB en décembre 2009). Ici, c’est “A Single Thing” qui va subir un traitement de toute beauté, basé en grande partie sur le violoncelle de Jean-François Assy. Celui-ci va d’ailleurs éclabousser le set de son savoir-faire (“Neverland” sera un autre exemple frappant parmi tant d’autres).

Mais que dire d’Isolde Lasoen, véritable femme orchestre, magicienne des sons ou pieuvre multi-instrumentiste. Elle va manier tour à tour (quand ce n’est pas en même temps) une batterie simplifiée, un xylophone (avec quatre baguettes à la fois), un tambourin, un carillon et une sorte de cor. Mais à ses pieds, elle gère également un tambourin et un synthétiseur. En d’autres mots, elle est tout bonnement impressionnante, surtout qu’elle s’occupe aussi des chœurs.


Si certains titres restent assez fidèles aux versions originales (“Ashtray”, “Simple” avec une participation active du public), d’autres bénéficient d’une surprenante relecture. Ainsi, “Housewife” ne dépareillerait pas dans une pièce classique tandis que “The Fool” amputé de ses effets électro prend une direction autrement plus humaine.

Cela dit, Daan, plus crooner que jamais, va également profiter du moment pour judicieusement placer deux covers interprétées avec une émotion palpable. En effet, sa magnifique version du “A Man Needs A Maid” de Neil Young ne sera pas loin de surpasser l’originale alors que le “Hang On To A Dream” de Tim Hardin sera magnifié par la voix grave et suave du chanteur.

Une voix qui fera encore des ravages avec “Icon”, titre sur lequel plane l’âme de Johnny Cash. Le public ne s’y trompera pas en réservant une standing ovation anticipée à l’artiste. Tout ceci avant que “Victory” ne permette au bonhomme de lancer une petite pique vers nos décidément peu prolifiques hommes politiques. Il va par ailleurs abondamment blaguer avec le public dans un français parfait. Et en guise de dernière chanson, c’est assis sur le devant de la scène qu’il va chanter “Swedish Designer Drugs” en compagnie d’Isolde Lasoen avec beaucoup de complicité.

Le trio allait revenir pour quelques titres supplémentaires, à commencer par une petite surprise, qui ne devrait pas être répétée très souvent vu que la quasi-totalité de la tournée actuelle se déroule dans des centres culturels en Flandre. Il s’agit de la version française de “Drink & Drive”, peaufinée par Jacques Duvall. “Boire & Conduire” (évidemment) permettra aux spectateurs de se fendre d’une belle tranche de rigolade. Autre moment privilégié, cette excellente cover du “Fuzzy”, morceau de bravoure de Grant Lee Buffalo, que Daan s’accapare parfaitement. Quant à “Protocol”, un inédit du dernier album, il fait la part belle aux instruments classiques et on l’aurait peut-être mieux vu en guise d’intro du concert.

Tout n’était pas encore terminé puisqu’un ultime morceau sera joué par le chanteur, seul au piano. “The Player”, curieusement absent de “Simple”, bénéficiera du même traitement que les autres compositions présentées ce soir. Ce concept original nous a finalement permis de (re)découvrir un artiste attachant dans des conditions optimales. Qui a dit que les concerts assis étaient systématiquement ennuyants ?

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Photos © 2011 Bernard Hulet

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