Nuits Botanique 2012 : SPECTOR et BRNS concurrencent BLOOD RED SHOES

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Ce dimanche 20 mai avait lieu la dernière soirée à grande échelle des Nuits du Bota avec une des affiches les plus attendues de cette édition 2012. Chaque groupe présent sous le Chapiteau méritait en effet le coup d’œil. Alors que Blood Red Shoes venaient présenter leur nouvel album, Spector rencontraient le public belge pour une deuxième fois en autant de mois et les prometteurs BRNS fêtaient la sortie de leur premier EP.

Ces derniers n’en finissent d’ailleurs pas de collectionner les dates de concert tant au nord qu’au sud du pays, récoltant au passage bon nombre de critiques positives. Il est vrai qu’ils en ont fait du chemin depuis la première partie de Cloud Control à la Rotonde en septembre dernier. Désormais, alors qu’ils ne jouent pas (encore) en tête d’affiche, ils n’hésitent pas à prendre le temps de bien mettre en place leur univers singulier qui devient de plus en plus fascinant. Car la musique de BRNS est tout sauf simple. On pourrait même la définir comme complexe et déstructurée tout en restant paradoxalement accessible et entêtante.


Emmené par le batteur Timothée Philippe, le groupe axe la trame de ses compositions sur les percussions. Il n’est donc pas étonnant de retrouver derrière une semi-batterie le métronomique César Laloux, qui a notamment transité par les Tellers et qui n’hésite pas à attraper divers instruments parfois bizarres (son tourniquet de klaxons par exemple) sur lesquels il frappe pour en extraire le plus de sons variés possible. Cela dit, la voix du leader se retrouve bien souvent secondée par ses compères présents sur scène, créant un ensemble harmonique atypique. Un son unique, donc, qui doit de moins en moins à Foals (excepté “Mexico”) et qui fait de temps à autre penser aux débuts anticommerciaux de Ghinzu, où chaque titre était travaillé à l’extrême. Cela dit, BRNS fait avant tout du BRNS, comme le montre la nouvelle composition jouée en primeur ce soir et qui présente de réelles perspectives. Inutile de vous dire qu’il est impératif de les tenir à l’œil.

Fred Macpherson, le charismatique leader de Spector, doit sans doute être le seul artiste à se retrouver derrière le micro d’un troisième groupe dont on parle dans la presse spécialisée sans avoir sorti un seul album. Les Incompétents au milieu des années 2000 et Ox.Eagle.Lion.Man juste après comptent parmi ses projets avortés. Pourtant, cette fois, cela risque de changer, car non seulement le bonhomme a l’air parfaitement épanoui aux côtés de ses musiciens, mais surtout un premier opus devrait sortir d’ici la fin de l’été.

En première partie de Florence & The Machine à l’AB en mars dernier, ils nous avaient déjà séduits par leur approche musicale très british (pour ne pas dire britpop). On pense à Blur et à Pulp, mais dans une veine plus sixties. Les compositions d’une redoutable efficacité se retrouvent avantageusement mises en avant par un band qui a de la bouteille et qui fonce dans la mêlée (deux guitares réglées dans le rouge et une basse forment l’ossature de leur son). Cela dit, sans Fred Macpherson, leur image serait beaucoup plus terne, lui qui amuse la galerie en assurant un dialogue continu et expressif entre les morceaux et qui, surtout, arbore un look hésitant entre kitsch (les lunettes double foyer à la monture épaisse) et classe (le costume). Les titres accrochent l’oreille (l’imparable “Chevy Thunder” et “Never Fade Away” en tête), ce qui tend à confirmer un équilibre musical (re)trouvé. Eux aussi devraient logiquement faire parler d’eux dans les prochains mois.

Invariablement, lorsqu’ils ne se trouvent pas dans un studio d’enregistrement, les Blood Red Shoes sont sur la route. Infatigables colporteurs du rock indépendant, ils suent sang et eau en se dédicaçant entièrement à leur art. Et cela marche. Alors qu’ils en sont à leur troisième album (“In Time To Voices” est sorti en mars dernier), ils se sont constitué un public fidèle sur lequel ils peuvent compter à chaque visite dans nos contrées.


Et celui-ci va d’emblée montrer sa dévotion à l’écoute des deux premiers titres joués à du cent à l’heure ce soir, “It’s Getting Boring By The Sea” et “Don’t Ask”. Deux classiques qui vont mettre à mal les haut-parleurs du Chapiteau. On ne vous apprendra rien en écrivant que Steven Ansell, vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Led Zeppelin, frappe comme un dingue sur sa batterie pendant que sa compagne de scène, Laura-Mary Carter, caresse vigoureusement sa guitare. Les vocaux sont équitablement répartis, ce qui, dans le cadre du batteur, s’apparente à une réelle performance. N’importe quel autre musicien se retrouverait essoufflé après trois titres. Derrière eux, un environnement plus que sobre leur sert de décor. Un abat-jour rouge et une télévision vintage sont simplement déposés sur des amplis, sans que cela apporte réellement un cachet à une musique qui se passe aisément de tout artifice.

Si l’on ne doute aucunement de la puissante efficacité de titres comme “When We Wake”, “Light It Up” ou “You Bring Me Down” qui provoquent des remous à travers les spectateurs, la première approche en live des nouvelles compositions sera bien plus hasardeuse. À de rares exceptions près (“In Time To Voices” et “Lost Kids” en tête), elles se retrouveront à l’image du dernier album, c’est-à-dire trop produites et moins spontanées. Ainsi, “Cold”, le premier single, passe complètement inaperçu alors que “Down Here In The Dark” ne dégage pas grand-chose.


Pire, on a presque envie d’affirmer qu’ils ont perdu le charisme et la complicité qui faisaient d’eux un duo à part. Heureusement, le judicieux agencement de la set-list limitera les dégâts et permettra de maintenir une cohérence à leur prestation qui se terminera sur les chapeaux de roue avec le toujours aussi nerveux “I Wish I Was Someone Better”.

Outre un “It Is Happening Again” convaincant, les rappels seront caractérisés par quelques déluges stroboscopiques du plus bel effet, qui accompagneront notamment “Je Me Perds” (en français dans le texte), un dernier nouveau titre particulièrement sauvage qui achèvera la soirée sur un mode enlevé. Finalement, les surprises de cette dernière soirée des Nuits Botanique 2012 ne se trouvaient pas nécessairement là où on les attendait…

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Photos © 2012 Bernard Hulet

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