Daan en totale intimité à la Rotonde

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Personnage à part, Daan a longtemps réfuté l’idée de publier un best of, préférant jusqu’ici réarranger ses compositions à l’infini. Pourtant, d’ici quelques jours sortira “Total”, un coffret compilant les quinze premières années de sa carrière solo. Pour fêter l’événement, une stratégie de concerts a été mise en place, débutant par trois soirées en solitaire à la Rotonde du Botanique. Nous y étions ce mercredi 5 novembre.

L’objet comprenant pas moins de 170 chansons dont un paquet d’inédits sortira le 21 novembre chez Pias et sera suivi d’une prestation en trio le lendemain au Studio 4 de Flagey en compagnie d’Isolde Lasoen et de Jean-François Assy alors qu’un concert en full band se tiendra à l’Ancienne Belgique le 26 novembre en guise de cerise sur le gâteau.

Mais en attendant, ce soir, Daan Stuyven est seul sur scène, assis devant son piano. Guitare à la main, il est déjà en train de jouer “Appetite”. Ponctuel, il a en effet débuté sa prestation à 20h15 tapantes alors qu’une longue file de spectateurs se trouvait encore devant la salle. Des spectateurs dont la moyenne d’âge semble plus élevée que d’habitude et qui vont écouter attentivement l’artiste évoluer dans un environnement sobre (le décor) et dépouillé (la musique).


Le temps de s’installer et le voilà s’embarquer dans une excellente version de “Fuzzy”, le hit single de Grant Lee Buffalo. Sa voix rauque sied à merveille à la composition et les riffs de guitare du refrain écartent l’idée d’un concert acoustique. Parlons plutôt d’une prestation unplugged enrichie. Il va ainsi créer des ambiances en utilisant la technique des loops, largement prônée par Yoav notamment. Elle sera particulièrement mise en valeur sur l’intro d’“Exes” ou sur les chœurs d’“Everglades” (à un moment, on a même pensé presque reconnaître la voix d’Isolde).

Elégant comme à sa bonne habitude (costume chic, chemise) malgré une barbe presque négligée et une mèche rebelle qu’il replacera régulièrement, il va abondamment converser entre les morceaux, invariablement en français et en néerlandais, avec sa petite pointe d’humour et ses délires caractéristiques. Petit détail, il carbure à l’eau plate ce soir…

En plus de la guitare, il va passer le plus clair de son temps au piano avec des moments divins qui vont mettre certains titres en valeur (“Parfaits mensonges”, “La crise”) même si, pour d’autres, le résultat sera beaucoup moins heureux, à l’instar de la version approximative de “The Player”. Le public l’aidera à rattraper la sauce en participant activement aux chœurs, tout comme il apportera une valeur ajoutée à “Simple” un peu plus tard.


Et puis il y a les morceaux qui clochent à l’oreille, sans pour autant mettre en question leurs qualités. La faute aux versions enregistrées, bien entendu. Prenons “Addicted”, par exemple, à la voix bien moins haut perchée qu’à l’accoutumée. Ou “Boire & conduire” qui, malgré la plume cynique de Jacques Duvall (et l’utilisation du terme éconduire), donne nettement moins bien que “Drink & Drive”.

Bien que néerlandophone, il a embrassé une culture francophile qu’il maîtrise parfaitement, contrairement à ce qu’il avance. Reprendre une chanson de Charles Aznavour (“J’en déduis que je t’aime”) ou de Joe Dassin (le tragique “Marie-Jeanne” en second rappel) n’est en effet pas donné au premier venu. Mais les interpréter d’une manière aussi convaincante ne peut l’être que par un artiste complet.

Il réservera ses deux tubes majeurs pour la fin du set principal. “Icon” dans une version western enlevée qui fera vibrer le public et un surprenant “Victory” aussi bluesy que groovant pendant lequel il ne pourra s’empêcher de mimer la chorégraphie (même si assis derrière un piano, cela le fait moins…).

Bob Dylan semble devenir l’homme du moment dans les salles de concerts belges puisque quelques jours après
The War On Drugs
avec “Tangled Up In Blue”, Daan va y aller également de sa cover du maître par l’entremise de “Is Your Love In Vain” lors des rappels. Par après, il jouera un inédit qui aurait dû figurer sur le dernier album, “Palaistine” (sic), qui sera une curiosité intéressante. Outre les paroles (“Il n’y a pas de palais en Palestine, et s’il y en avait, ils seraient en ruines”), la guitare inspirée de U2 circa “The Joshua Tree” et un piano mélancolique feront de ce titre un excellent moment. Une manière de regarder vers le futur tout en contemplant un instant le travail accompli…

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Photos © 2014 Laurent Burnier

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