Sabaton au Lotto Arena : une soirée mémorable

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Après avoir rempli l’AB lors de leur précédent passage en Belgique, les Suédois de Sabaton sont passés à la vitesse supérieure en s’invitant au Lotto Arena d’Anvers. Pari risqué, mais relevé avec panache par la formation originaire de Falun qui a réussi à écouler un peu plus de 4000 tickets en prévente. Il fallait quand même le faire. À moins que ce succès ne s’explique aussi en partie par la présence des charmantes et talentueuses Noora Louhimo et Charlotte Wessels en avant-programme ? Dans la salle, une très belle affluence. Bien que la tribune du haut n’ait pas été ouverte au public, le parterre et la première tribune sont noirs de monde. La soirée commence à 20h00 avec Battle Beast. Formé en 2008 à Helsinki, le groupe de heavy metal finlandais s’est fait remarquer dès son premier album («Steel») en assurant la première partie de Nightwish en 2012. Après le départ de la chanteuse Nitte Vänskä, le groupe engage Noora Louhimo qui est la voix du groupe depuis lors. C’est elle que l’on peut entendre sur l’excellent deuxième album («Battle Beast») sorti en 2013. La formation finlandaise a continué sur sa lancée et vient de sortir son nouvel opus «Unholy Savior» dont elle assure actuellement la promotion. Les autres membres du groupe sont Anton Kabanen (guitare, chant), Eero Sipilä (basse, chant), Pyry Vikki (batterie), Juuso Soinio (guitare) et Janne Björkroth (clavier).


À leur entrée sur scène, le public est encore un peu froid. Noora et ses potes vont donc se donner à fond pour essayer de mettre l’ambiance. Et leur style accrocheur donne des résultats. Petit à petit, le public se dégèle et commence à se laisser entraîner par la musique très séduisante du combo finlandais. Tous les musiciens sont très présents sur la scène qu’ils occupent activement, passant d’un côté à l’autre au gré des morceaux. En ce qui concerne la setlist du jour, promotion oblige, les trois premiers titres sont extraits du tout nouveau cd: «Far Far Away», «Touch in the Night» et «Madness». Noora a une voix exceptionnelle qui n’est peut-être pas mise assez en évidence dans les nouveaux morceaux. Qu’à cela ne tienne, les morceaux suivants, qui sont extraits du répertoire antérieur du groupe, vont lui permettre de montrer toute l’étendue de son talent et de réveiller le public pas encore bien dans l’ambiance. Après «Iron Hand», le déjà cultissime «Black Ninja» est interprété avec deux batteurs, histoire de donner encore plus de punch sur scène (avec Hannes Van Dahl de Sabaton comme 2e batteur). L’excellent «Out of Control» marque la fin d’une prestation très convaincante. Mission accomplie, le public est réactif. Espérons que nous aurons l’occasion de revoir très vite sur scène ce groupe pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur.

Pour suivre, c’est le groupe néerlandais Delain qui est chargé de faire encore monter l’ambiance d’un cran avant Sabaton. Vu la froideur du public lors de leur passage précédent dans cette salle en première partie de Within Temptation, j’étais curieux de voir si le public belge allait persister dans sa frilosité ou finalement se laisser séduire par les mélodies très catchy du groupe fondé par le claviériste Martijn Westerholt en 2002. Pour assurer cette première partie, le groupe a misé sur ses grands succès plutôt que sur son dernier album. Bien vu, car le public se laisse bien vite séduire par les rythmes efficaces du combo néerlandais. Sur scène, Ruben Israel est assis derrière les fûts. À la guitare, c’est la jeune Merel Bechtold (Mayan) qui assure l’intérim de Timo Somers retenu par d’autres obligations. Pour le reste, on a toujours Martijn aux claviers, Otto Schimmelpenninck à la basse et la resplendissante Charlotte Wessels au chant.


Au fil des ans, le groupe Delain n’a cessé de croître et d’embellir. Plusieurs albums ont jalonné la montée en puissance du groupe qui a déjà effectué plusieurs longues tournées en Amérique. Delain se distingue par une écriture très claire et accrocheuse, magnifiquement desservie par la voix sublime de Charlotte. S’il fallait oser une comparaison audacieuse, je dirais que Delain, c’est un peu le Abba du métal. Leur musique est toujours abordable. Les mélodies sont catchy et font merveille en concert. Avec l’expérience acquise et au bout de plusieurs changements dans l’effectif du groupe, la formation est aujourd’hui tout à fait capable d’assumer le show et elle en donne ici la démonstration éclatante. Reste à leur souhaiter un tube mondial et la reconnaissance du grand public…

Côté setlist, le groupe a joué la sécurité en interprétant des morceaux très entraînants extraits de toute sa discographie. Au menu: «Mother Machine» , «Get the Devil Out of Me» , «Army of Dolls» , «Pristine» , «Go Away» , «Sleepwalkers Dream» , «Electricity» , «Not Enough» et «We Are the Others».

La charmante Merel a l’air tout à fait à l’aise dans son rôle d’intérimaire. Un peu moins technique que le génialissime Timo, elle compense par ses attitudes et sa gestique très métal. Otto est toujours pareil à lui-même. Efficacité et bonne présence scénique (les dames en sont folles, même si plus d’une craque aussi pour Ruben à la batterie). Martijn et ses claviers donnent un côté très lisse à la musique de Delain, ce qui la rend particulièrement accessible à un public très large.

Sur scène, Charlotte est aussi à l’aise dans une salle de la taille du Lotto Arena que dans un petit club intime comme le groupe en a connu beaucoup à ses débuts. Elle harangue la foule et son entrain éveille la sympathie du public qui participe à la fête en agitant les bras, en secouant la tête et en sautant en l’air sur les rythmes endiablés venus du Nord. Vocalement, Charlotte fait un sans faute. Mention spéciale pour les jolies vocalises à la fin de «Not Enough». Mission accomplie pour Delain: le public est à point pour l’arrivée de Sabaton.

Pendant une longue intro instrumentale, deux roadies en tenue de paracommando viennent dévoiler, un à un, les éléments du décor. Sous nos yeux, un dispositif qui ressemble à un camp retranché. Au beau milieu de la scène, un char équipé de mitrailleuses et surmonté de la batterie de Hannes Van Dahl. En toile de fond, un magnifique backdrop à l’effigie de Sabaton. Fidèle à son habitude, l’entrée du en scène du groupe est annoncée par le morceau «The Final Countdown» du groupe Europe, diffusé dans son intégralité. La foule est déjà en délire alors que le groupe n’est même pas encore monté sur scène. Cela promet d’être une belle soirée…


Sabaton déboule sur scène au grand complet avec Pär Sundström à la basse, Chris Rörland et Thobbe Englund à la guitare et Hannes Van Dahl à la batterie. Le concert démarre en trombe avec l’excellent «Ghost Division». Le ton est donné. Ambiance militaire, thèmes guerriers, musique martiale d’une efficacité redoutable. Tout y est dès le début. On reste dans le sujet avec le deuxième morceau, «To Hell And Back», d’une efficacité redoutable. Une des meilleures compositions du groupe. Le public très enthousiaste fait un boucan d’enfer, preuve de l’excellente ambiance qui règne ce soir, ce qui n’est pas fait pour déplaire au chanteur Joakim Brodén qui remercie le public en disant combien cet accueil chaleureux lui donne la chair de poule.

Joakim a un look reconnaissable entre tous. Pour l’occasion, plusieurs personnes du public ont voulu lui rendre hommage en adoptant le même look que lui: crâne presque rasé avec juste une petite crête de cheveux coupés courts (armée oblige), tatouages, gilet militaire et lunettes de soleil. Sur scène, le chanteur excelle dans son rôle: il chante, danse, saute dans les airs et exhorte le public, pourtant déjà très en forme, à participer à la fête. Sa voix colle parfaitement au style de Sabaton. Il y a, sous la surface métal, un petit côté folk mâtiné de musique militaire et ce mélange lui convient à merveille. Comme dans le morceau «Carolus Rex» par exemple.

Le public apprécie et manifeste bruyamment sa joie. Alors que Joakim place quelques mots entre deux titres, le public va commencer à entonner «Swedish Pagans», avec une insistance telle que le groupe n’aura d’autre choix qu’interpréter ce grand classique du répertoire du groupe. Détail amusant: même après la fin du morceau, le public va continuer à le chanter, au grand étonnement de Joakim qui dit n’avoir jamais vu chose pareille. Sabaton communique beaucoup avec son public, surtout en concert. Après «Soldier Of Three Armies», le groupe annonce le morceau suivant «Gott Mit Uns» et propose au public de choisir entre la version anglaise de ce morceau ou la version suédoise. Et c’est la suédoise qui l’emporte!

Pour suivre, «The Art of War» et «7734». Joakim annonce alors qu’il va jouer un peu de guitare et égrène quelques notes de «Beat It», donnant ainsi à ses guitaristes l’occasion de faire un joli solo chacun sous prétexte de vouloir lui montrer ce que c’est vraiment que de jouer de la guitare. Tout cela en prélude à «Resist and Bite» qui retrace un épisode de guerre qui a eu lieu en Belgique. C’est reparti ensuite avec «The Price of a Mile», «40:1» et «A Lifetime of War» (deuxième morceau que le public préfère à «The Carolean’s Prayer» et qu’il choisit en outre d’entendre en suédois). Après «Far from the Fame», le public a le choix, pour le dernier morceau, entre «Uprising» ou «White Death». C’est ce dernier morceau qui remportera la faveur du public, carrément déchaîné ce soir.

Il faut croire que la musique de Sabaton galvanise et excite même les foules, car on a assisté à un véritable défilé de crowd surfers. Au moins une cinquantaine de personnes, parties d’on ne sait où dans la salle, ont été portées à bout de bras par la foule jusqu’aux barrières séparant le public de la scène. Certains ont fait le trajet quatre fois ou plus…

Pour les rappels, le très vivifiant «Night Witches» relance une dernière fois la machine. À la fin de «Primo Victoria», les éléments du décor bougent pour laisser la place à des spots et des sirènes. Joakim fera même monter sur scène un de ses sosies âgé de 8 ans, à qui il offrira même ses lunettes de soleil. Un moment inoubliable pour ce jeune fan. Fin des hostilités avec «Metal Crüe».

Ainsi s’achève une soirée mémorable, pleine d’excellents moments musicaux dans une ambiance de folie. Si vous avez raté ce concert, pas de panique. Vous pourrez voir Sabaton le 9 août prochain à l’Alcatraz Fest.

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Photos © 2015 Hugues Timmermans

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