Palma Violets sans danger au Bota

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Encensés à leurs débuts par une presse britannique qui n’avait d’yeux que pour eux, les Londoniens de Palma Violets sont désormais à la toujours délicate étape du second album. “Danger In The Club”, sorti en mai dernier, conforte leur position dans leur pays d’origine. Mais qu’en est-il dans nos contrées ? Eléments de réponse lors de leur passage au Botanique ce mercredi 7 octobre. Première constatation, ils ne font pas recette. Déjà à l’AB en 2013, la salle avait été particulièrement clairsemée. Ce soir, un rideau est installé à hauteur de la table de mixage pour empêcher l’Orangerie de paraître trop vaste. Pire, le concert du lendemain au Bataclan de Paris a purement et simplement été annulé pour cause de pauvres préventes.

Ces éléments, les Bruxellois de Black Mirrors n’en ont cure. Invités pour ouvrir la soirée, ils ont joué le jeu à fond et présenté une première partie intense et de grande qualité. Emmenés par une certaine Marcella Di Troia, intenable petit bout de femme à la peinture de guerre minimaliste qui vit sa prestation à fond, ils vont préparer le terrain sans se poser de questions.

Adeptes d’un blues rock vintage à la sauce Dead Weather ou Band Of Skulls, on tombe complètement sous le charme de la solide voix de la chanteuse et des riffs de son guitariste qui en connaît un bout sur l’art de manier son instrument et ses pédales d’effets. D’autant que l’on se surprend à fredonner leurs compositions déjà bien au point. Une chose est sûre, on ne sera pas venus pour rien…

Cet été, au Dour Festival, les Palma Violets nous ont gratifiés d’une prestation plus que décevante sous un chapiteau à moitié désert (décidément…). L’occasion leur était donc donnée de redorer leur blason ce soir devant un public très jeune mais dévolu, à l’instar de celui qui avait assisté au concert de Peace en mars dernier à la Rotonde (les deux groupes sont par ailleurs souvent associés). Ceci dit, “Danger In The Club”, leur deuxième album, a quelques éléments à faire valoir.

C’est même avec un extrait de l’édition Deluxe de cet album qu’ils vont débuter leur prestation. “5 Gold Rings”, avec une balance délibérément crasseuse et un riff qui rappelle de loin les Pixies. Juste après, “Rattlesnake Highway” s’inspire de la fougue des Clash sans toutefois en atteindre le génie. Mais ce qui frappe surtout, c’est la disposition adoptée par un groupe qui se déclare gang alors que les musiciens se tournent presque le dos sur scène. L’avantage, c’est que notre position dans la salle nous a donné tout le loisir d’observer les mimiques du chanteur Sam Fryer et du claviériste Jeffrey Mayhew.

Avec le batteur Will Doyle, ils sont tous empaquetés du côté droit de la scène. On est en train de se demander si la cause de cette configuration pour le moins surprenante n’est pas due à l’insupportable bassiste Chilli Jesson dont la présence scénique et l’attitude irritent au moins autant que son look BCBG en totale inadéquation avec le style du groupe. Et on ose à peine parler de la manière infâme avec laquelle il traite son roadie… Pas rancunier pour un sou, celui-ci viendra les accompagner à la guitare et à l’harmonica un peu plus tard sur scène.

Et la musique dans tout cela ? A l’instar des Libertines à leur période de défonce (un autre groupe dont ils revendiquent l’influence), le set sera pour le moins inégal. Si l’on excepte les excellents “Matador” et “Chicken Dippers”, les meilleurs moments se limiteront à des bribes de titres. Ainsi, le clavier de “Girl, You Couldn’t Do Much Better On The Beach”, le final enlevé d’“English Tongue” et la structure inhabituelle de “Late Of The Summer Wine” compenseront l’impression générale somme toute brouillonne. D’autant que la justesse de la voix lymphatique du chanteur laisse perplexe.

Ceci dit, les groupies ne s’arrêtent pas à ce détail et le public va devenir complètement fou dès les premiers accords de “Best Of Friends” (qui reste un très bon morceau, sélectionné par le NME comme leur single de l’année en 2012). En fin de set, “The Jacket Song” renverra à un Peter Doherty en plein trip alors que l’influence psychédélique des Doors s’invitera sur “Danger In The Club” et “Tom The Drum” avec plus ou moins de réussite. C’est un nouveau titre très pub rock, “Ratway Rock Circus”, qui mettra un terme au set principal.

Les rappels ne changeront pas la donne même s’ils culmineront avec une version bras dessus dessous de “14” ponctuée par quelques bribes du “Death Is Not The End” de Bob Dylan. Comme à Dour. Et comme à Dour, ils sont loin de nous avoir convaincus. Pourtant, notre avis semble isolé, à l’écoute des commentaires glanés à la sortie de la salle. On assume…

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