Delain, le métal féminin sous son meilleur jour au Biebob

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Delain effectue actuellement la dernière partie de sa tournée européenne consacrée à la promotion de son album «The Human Contradiction». Cette tournée faisait escale au Biebob (Vosselaar) le vendredi 30 octobre. Music In Belgium était de la partie… Pour l’occasion, j’avais pris une après-midi de congé pour pouvoir arriver bien à l’heure et sans me presser à Vosselaar. Début des hostilités à 18 heures avec une séance VIP de Delain. Bien que la pratique des sessions VIP soit très souvent une dérive commerciale consistant pour certains artistes à demander une somme faramineuse aux fans désireux d’approcher leurs idoles, j’ai voulu tenter l’expérience avec Delain. Le prix restait abordable (44 euros). Ce prix permettait donc aux fans qui le souhaitaient et qui en avaient les moyens de passer une petite heure avec le groupe. De fait, après avoir reçu le lanyard Delain-VIP en souvenir, nous avons été accueillis par le groupe qui s’est livré de bon gré au cérémonial des photos et signatures.

Ensuite, nous avons eu droit à trois chansons en acoustique : «Start Swimming», «In Front Of Me» (reprise du groupe Infected Mushroom) et «Go Away».

Outre ces moments privilégiés avec le groupe, les participants à la session VIP ont aussi eu le privilège d’être les premiers dans la salle, ce qui leur a permis de choisir les meilleures places. J’ai pour ma part passé un très agréable moment qui justifiait amplement la dépense.

Peu après l’ouverture des portes, le premier groupe fait son entrée en scène. Il s’agit de la formation finlandaise Amberian Dawn qui assure actuellement la promotion de son nouvel album «Innuendo». L’accent est mis sur les deux derniers albums avec Päivi “Capri” Selo au micro (pour succéder à Heidi Parviainen partie fonder le projet Dark Sarah). Nous entendons, dans l’ordre: «Fame & Gloria» (de l’album «Innuendo», 2015), «Magic Forest» (de l’album éponyme de 2014), «The Court of Mirror Hall» (de l’album «Innuendo», 2015), «Circus Black» (de l’album éponyme de 2012), «Ladyhawk» (de l’album «Innuendo», 2015), «Cherish My Memory» (de l’album «Magic Forest», 2014) et «River of Tuoni» (de l’album «River of Tuoni», 2008).


Outre la chanteuse Capri, la formation finlandaise se compose aussi de Tuomas “Michael Thomas” Seppälä aux claviers, Emil “Emppu” Pohjalainen à la guitare, Jukka “Jukkis” Hoffren à la basse et Joonas Pykälä-Aho à la batterie. Par rapport à la dernière fois que j’avais vu le groupe sur scène il y a environ 4 ans, je dois bien reconnaître que sa musique a changé pour prendre un virage résolument plus mélodique et moins symphonique. Les lignes mélodiques, plus simples et plus optimistes, sont beaucoup plus accessibles que certaines compositions certes symphoniques, mais plus torturées du passé. Le groupe s’acquitte avec tous les honneurs de la difficile tâche d’ouvrir la soirée. La salle continue à se remplir. L’ambiance commence à monter…

La suite du programme valait le déplacement à elle seule. Sur scène, une affiche de rêve avec Anneke van Giersbergen (ex-The Gathering) au chant, Merel Bechtold (Delain, Purest of Pain, MaYaN) et Ferry Duijsens (Anneke van Giersbergen, ex-Dreadlock Pussy) à la guitare, Ed Warby (Hail of Bullets, Ayreon, ex-Gorefest) à la batterie, Johan van Stratum (Stream of Passion) à la basse et Marcela Bovio (Stream of Passion) aux background vocals. Un absent de marque ce soir: Joost van den Broek (producteur d’Epica, ex-After Forever) aux claviers.


The Gentle Storm donne ici son deuxième concert en Belgique, après une première date à la convention Prog-Résiste à Soignies le 26 avril dernier. Cette dream team batave met son talent au service des compositions nées d’un exercice d’écriture à quatre mains entre le génial Arjen Anthony Lucassen (Ayreon) pour la musique et Anneke van Giersbergen pour les textes. De ce mariage artistique est né le projet The Gentle Storm et un album prodigieux intitulé «The Diary». Ce double album conceptuel raconte, sous la forme d’un journal et d’un échange de correspondance, l’histoire d’amour entre une femme (Susanne Vermeer) et un homme (Joseph Warwijck) au 17e siècle, âge d’or des Pays-Bas. Joseph travaille pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et embarque pour un voyage en bateau de plusieurs années. Toute l’histoire tient en 11 chansons déclinées en version acoustique (plus folk) sur le premier disque sous-titré «Gentle» et en version métal épique sur le second, sous-titré «Storm».

C’est d’ailleurs de cet album que sont extraits les trois premiers morceaux de la setlist («Heart of Amsterdam», «Brightest Light», «The Storm»). Très intelligemment, Anneke intègre dans la setlist des titres phares de sa carrière antérieure avec «Eléanor» (de l’époque The Gathering ), «Witnesses» (de l’époque Agua De Annique), de «Strange Machines» (toujours The Gathering ) et «Fallout» (David Townsend Project). Le temps imparti étant ce qu’il est, le groupe en arrive déjà à son dernier titre et termine son set avec «Shores of India», dernier extrait de l’album.

Sur scène, la formation impressionne par son niveau technique et son professionnalisme. Les mélodies exceptionnelles de Lucassen sont parfaitement mises en valeur par la voix exceptionnelle d’Anneke qui chante avec une aisance extraordinaire. Marcela Bovio fait un excellent travail en support vocal et dans les parties chantées en duo. Les musiciens font un excellent travail eux aussi. Cela bouge sur scène et le public apprécie beaucoup. Ma seule petite déception est l’absence du claviériste car le recours aux claviers préenregistrés rend la prestation un peu plus figée. Mais je suis en train de faire la fine bouche car le niveau est vraiment très haut. Autant vous dire que je suis déjà à mi-chemin de l’état de nirvana métallique. Et la tête d’affiche n’a pas encore commencé son set!


Après cette première claque musicale, on sent le public impatient de retrouver toute l’équipe de Delain. Le 19 octobre dernier, le groupe annonce sur son site que Merel Bechtold, qui l’accompagne déjà occasionnellement en live, fait désormais officiellement partie de Delain. Conséquence directe, elle apparaît sur scène pour la seconde fois ce soir, cette fois avec la très talentueuse et charismatique Charlotte Wessels au chant, Martijn Westerholt aux claviers, Ruben Israel à la batterie, Otto Schimmelpenninck à la basse et Timo Somers à la lead guitar.

Dès les premières notes de «Go Away», le public s’enflamme et les headbangings partent dans tous les sens. On embraie tout de suite avec l’excellent «Get The Devil Out of Me», extrait de l’album «We Are The Others» (2012). Cet album se caractérisait par une écriture particulièrement catchy, rendant le style Delain très abordable pour un public fort large. L’album «The Human Contradiction» (2014) renforce le côté métal, mais en conservant cette limpidité d’écriture qui rend les morceaux si catchy. Pour preuve les trois morceaux suivants du set, qui sont extraits tous les trois de cet album: «Army Of Dolls», «Lullaby» et «Stardust».

Retour en 2012 avec l’excellent «Milk And Honey», aux accents électriques, avant d’aborder «Here Come The Vultures», un de mes morceaux préférés du dernier album. La salle est déchaînée et réserve un accueil très chaleureux à la formation néerlandaise. Charlotte, Martijn et les autres ont l’air d’apprécier…


Flashback avec «April Rain» (de l’album éponyme de 2009), toujours très efficace pour faire bouger le public, et avec «Sleepwalkers Dream» extrait de «Lucidity» , le tout premier album du groupe, sorti en 2006. Tout le monde accompagne en frappant dans les mains alors que Ruben s’en donne à cœur joie sur l’intro très batterie. Que ce soit avec les titres de son ancien répertoire ou avec ses titres plus récents, Delain parvient toujours à susciter un réel engouement. Cette excellente relation avec le public est renforcée par le talent de communicatrice de Charlotte qui a l’art d’entraîner à sa suite toutes les personnes présentes en les invitant à secouer la tête, à taper dans les mains ou à sauter au rythme de la musique.

Retour en 2014 avec un morceau plus électro, «Don’t Let Go» suivi d’une nouveauté «Turn The Lights Out» qui figurera sur le prochain album. Delain a toujours eu pour habitude, pendant les concerts donnés en phase d’écriture et de préproduction du nouvel album, de jouer un ou deux nouveaux morceaux en concert pour les tester. Ils l’avaient déjà fait par le passé avec «Milk And Honey». Le nouveau morceau commence tout en douceur et se transforme en morceau très delainien. C’est propre et bien écrit. Efficace dès la première écoute. Les fans venus nombreux sont ravis de découvrir ce nouveau titre.

Double flashback avec «Silhouette of a Dancer» et le tube «The Gathering», avant de clore le set avec l’exceptionnel «Not Enough» qui finit avec des jolies vocalises de Charlotte. L’ambiance est surchauffée et le public en veut encore et encore. Delain revient sur scène pour un triple rappel avec «Mother Machine», «Stay Forever» et «We Are The Others». La soirée se termine sous un tonnerre d’applaudissements appuyés et d’acclamations méritées. Un dernier point très positif à souligner: quelques minutes après la fin du spectacle, les membres des trois groupes sont présents au stand de merch pour dédicacer photos et cd et pour prendre la pause pour les traditionnels selfies d’après concert.

Autour de moi, les visages sont souriants. Manifestement, le public a, tout comme moi, passé une soirée formidable au son de voix féminines qui comptent actuellement parmi les meilleures du circuit. Une soirée hors du commun grâce à une affiche haut de gamme. Et certainement une expérience à rééditer!

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Photos © 2015 Hugues Timmermans

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