La science de Tim le Millionaire

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Tim Vanhamel n’est pas un nostalgique. Lorsqu’il a décidé de réactiver Millionaire, c’était pour aller de pair avec l’enregistrement d’un nouvel album et une tournée pour le promotionner. « Sciencing » a beau avoir été publié il y a presqu’un an, le groupe ne se lasse pas de le défendre. Retour sur l’étape de ce jeudi 26 avril à l’Ancienne Belgique.

La première partie était réservée à de vieilles connaissances qui avaient quelque peu disparu du radar ces derniers temps. Les Anversois de Bed Rugs sont bel et bien de retour avec une nouvelle plaque, « Hard Fun Grand Design », et ils se produisent désormais à cinq sur scène avec la participation (temporaire ?) d’Echo Beatty. La voix et la guitare acoustique de cette dernière ne font pas que de la figuration, même si ce sont essentiellement les guitaristes placés aux extrémités qui font le boulot.

Ceci dit, bien qu’il s’agisse essentiellement d’un travail vocal collectif éthéré et plaintif au service de longues pièces planantes, les choses prennent une dimension supérieure lorsque le batteur prend la main et emmène l’ensemble dans l’univers des Flaming Lips alors que c’était plutôt celui de Tame Impala (en plus sombre) jusque-là. La seconde partie du set, plus rythmée, sera d’ailleurs nettement plus passionnante.

« Sciencing », l’album qui a accompagné la reformation de Millionaire après douze ans d’absence, s’apparente à une cure de jouvence pour le groupe. Moins expérimental qu’« Outside The Simian Flock » et surtout moins lourd que « Paradisac », il propose des compositions plus abouties, plus subtiles et même plus groovantes, à l’instar d’« Under The Bamboo Moon », premier nouveau titre joué ce soir après une intro dans l’obscurité signée Tim Vanhamel en solitaire sur « Ballad Of Pure Thought ».

Aux côtés du désormais quarantenaire à l’abondante tignasse, on retrouve notamment un nouveau venu, Sjoerd Bruil (Dez Mona) à la guitare, qui va parfaitement seconder son maître. Les riffs incendiaires de ces deux-là vont d’ailleurs rapidement mettre l’AB à sac via « A Lust Unmatched » et « Streetlife Cherry », des bombes plus stoner que cela tu meurs. L’énergie est bien là mais l’ingénieur du son, lui, a l’air absent…

En effet, si la voix sous-mixée et le son particulièrement crasseux conviennent parfaitement aux extraits de « Paradisiac » (rappelons qu’il a été produit par Josh Homme), il en est tout autrement de ceux de « Sciencing » qui vont perdre pas mal de leurs nuances dans la bagarre. On pense notamment à un méconnaissable « I’m Not Who You Think You Are » ou à un « Busy Man » moins efficace que sur disque, malgré ses généreuses nappes de synthé. En revanche, les menaçants « Bloodshot » et « Silent River » rentreront dans le moule de la soirée, même si on regrettera l’absence vocale de Clara Klein sur le second nommé (un délice au Dour Festival l’an dernier).

Ceci dit, le théâtral leader a plus d’un riff dans son flight case et il en abusera. Parfois à mauvais escient (le trop long et daté « Body Experience Revue ») mais en général en titillant les instincts pogoteurs des spectateurs (un stroboscopique « I’m On A High », un « Champagne » plein d’anticipation). Et il démolira même notre théorie sur les nouveaux titres en toute fin de set avec un excellent « Love Has Eyes » auquel succèdera un « Little Boy Blue » à la seconde moitié complètement dingue.

De puissance, il en sera encore question lors des rappels, si ce n’est lors de « Back In You » dont on n’a toujours pas compris la pertinence du tam-tam (via le batteur de Bed Rugs), tant celui-ci était inaudible. Qu’à cela ne tienne, par la suite, ils exploseront les tympans d’un public qui alternera mouvements spontanés et stage divings sur « Alpha Male » et surtout un « Wake Up The Children » d’une violence rare, faisant voler en éclat le légendaire couvre-feu de l’AB. Mais quand on est Millionaire, on peut se permettre beaucoup de choses…

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