Nuits du Bota 2018 : Metz et IDLES, une soirée brutale

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Pour leur dixième étape, les Nuits du Bota avaient concocté une alléchante affiche bourrée de décibels à l’Orangerie. Qui de Metz from Toronto, IDLES from Bristol ou Fontaines D.C. from Dublin allait remporter la palme noisy de la soirée ?

Ce sont en tout cas ces derniers qui étaient sur les starting-blocks à 20h tapantes pour un premier round qui sera tout sauf un moment d’observation. Les cinq jeunes Irlandais (on se demande si le chanteur a 18 ans) n’ont pour le moment publié qu’un EP mais ils possèdent déjà une solide attitude et une présence scénique indéniable.

Post-punk glacial à la Ought via la voix saccadée d’un leader qui déclame plus qu’il ne chante, ils ne se limitent toutefois pas à cette seule influence. En effet, ils n’hésitent pas à y incorporer des lignes mélodiques qui renvoient à Gang Of Four ou, plus surprenant, à l’immédiateté des Vaccines. Le tout en tirant parti des deux guitaristes, fervents pourvoyeurs d’un son puissant, dénominateur commun de la soirée.

Avec le bien nommé “Brutalism”, les gaillards d’IDLES ont sorti un des meilleurs albums de l’année dernière. Pourtant, leur passage au
Dour Festival
dans la foulée n’a pas suscité l’engouement escompté. Trop tôt, trop sage ou pas assez déjanté, peu importe car ce soir, ils vont rattraper la sauce et même l’envoyer en pleine figure d’un public prêt à exploser.

Le leader Joe Talbot déboulera sur scène tel un boxeur en plein échauffement avant de balancer tout de go un brut “Heel/Heal”, parfaite introduction à quarante-cinq minutes de folie furieuse. Si la justesse de son chant (mais est-ce le bon terme ?) laisse à désirer, son énergie compense largement une faiblesse qui finit par devenir un atout, à l’instar de Charlie Steen, la voix de Shame.

À ses côtés et tout autant dans son trip, le guitariste maniéré moustachu à la Eugene Hütz vêtu d’une salopette ne tiendra pas en place. Il plongera régulièrement dans la foule avec ou sans son instrument et lancera çà et là des clins d’œil sous la forme de mesures décalées du hit de Mariah Carey (“All I Want For Christmas Is You”) ou d’Oasis (“Wonderwall”). En gros, c’est la foire sur scène mais pas que.

En effet, le public visiblement très fan de l’album, va hurler les paroles de certains titres, l’efficace “Mother” en tête, tout en se bousculant généreusement. Live, la batterie fait de temps à autre penser à celle des débuts de Therapy? (“Well Done”) ou la candeur des premiers Pixies (“1049 Gotho”) version Angleterre profonde. Seul regret, une basse pas assez mise en avant mais qui ne gâchera en rien un set ponctué par “Rottweiler”, plus mordant que nature.

Les Canadiens de Metz ont sorti à l’automne dernier leur troisième plaque, “Strange Peace” qui, tout comme les précédentes, ne fait pas dans la dentelle. Cette fois, ils en ont confié la production à Steve Albini et le résultat correspond parfaitement à ce que l’on pouvait attendre de pareille collaboration : une petite demi-heure décoiffante de laquelle on ne ressort pas tout à fait indemnes. Mais que dire de leurs prestations live ?

Comme à leur bonne habitude, ils ne vont pas tergiverser et d’emblée activer la fonction destruction de tympans via un brouillon “The Swimmer” auquel succèdera un premier nouveau titre, “Mess Of Wires”, qui semblera plus audible au milieu des stroboscopes et des fumigènes. Illusion ou réalité ? Optons pour la première option car dès “Get Off”, leur punk extrême à tendance grungy reprendra le dessus.

Positionné à gauche de la scène, Alex Edkins s’égosille tant et plus (par curiosité, on voudrait entendre sa voix après le concert) alors que ses deux collègues s’emportent dans leur monde noisy balisé de larsens et d’amplis réglés dans le rouge. Un monde à ne pas mettre entre toutes les oreilles et qui, sur scène, à tendance à devenir un rien trop linéaire (“Kicking A Can Of Worms” et “Nervous System” notamment).

Au rayon des nouveaux titres, les efficaces “Mr. Plague” et “Cellophane” sortent du lot et s’intègrent parfaitement à une set-list qui sent définitivement la poudre. Mais malgré un final époustouflant au son d’“Acetate” et aux pogos mesurés, il leur manquera un petit quelque chose (la subtilité ?) pour prétendre au trône de la soirée. Avantage Idles.

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