The Kills, still doing it to death

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Sans actualité récente si ce n’est un single isolé, les Kills s’offrent une tournée européenne qui alterne festivals et dates en salle. Leur stop belge était prévu ce samedi 16 juin à l’Ancienne Belgique, un endroit où ils n’avaient plus joué depuis dix ans… Choisies pour assurer la première partie, les Londoniennes de The Pearl Harts feront sursauter l’auditoire dès le premier riff. Hyper au point, l’énergique duo constitué d’une batteuse cogneuse et d’une vocaliste guitariste en cuir noir n’observera aucun temps mort. Cheveux au vent (elles doivent avoir le même coiffeur), elles font preuve d’une désarmante assurance qui verra notamment la chanteuse se rouler par terre entre des compositions lorgnant autant vers Deap Vally (la voix rauque et l’aspect brouillon) que Band Of Skulls (la batterie et le blues crasseux uptempo). Un véritable triomphe.


L’été dernier, les Kills sont passés par deux fois dans nos contrées (à Werchter et à
Dour
), un peu plus d’un an après la sortie d’“Ash & Ice”, leur excellent cinquième album. Ils promotionnaient à l’époque un EP, “Echo Home Non-Electric”, qui avait été à peine abordé. Alors qu’on les croyait en pleine cogitation en vue d’une nouvelle plaque, ils ont surpris leur monde en publiant coup sur coup un album live en édition limitée à l’occasion du Record Store Day (“Live At Electric Lady Studios”) ainsi qu’un single comprenant deux covers à leur sauce : “List Of Demands (Reparations)” de Saul Williams et “Steppin’ Razor” de Joe Higgs.

Avant les premières mesures d’“Heart Of A Dog”, Alison Mosshart avait déjà entamé son légendaire jeu de séduction envers son complice de toujours d’une part, et le public de l’autre (cet accent craquant dans la langue de Molière…). Déchaînée et en perpétuel mouvement, cette féline à la crinière blonde affolée par un ventilateur attire bien entendu les regards mais laisse surtout sa voix prendre le contrôle le plus naturellement du monde.

Officiant devant une banderole sertie de palmiers et de volcans en activité, le duo se fait accompagner d’un bassiste claviériste caché derrière un mur d’amplis et d’un batteur, même si l’on soupçonne des sons injectés çà et là. Insolent guitariste, Jamie Hince va de nouveau s’en donner à cœur joie et concurrencer la belle d’un point de vue hyperactivité, tout en alimentant l’ambiguïté de leur relation (leurs regards pendant “Echo Home”…). De son côté, Alison apportera notamment sa touche instrumentale en attrapant une guitare pour un rugueux “Kissy Kissy” et un “Tape Song” d’une vive intensité


Au fil des ans, ils se sont constitués une sérieuse collection de hits indie dans laquelle ils puiseront allègrement ce soir. Du brut “Fried My Little Brains” à l’hymne “Doing It Do Death” (de loin numéro un des t-shirts à l’effigie du groupe dans la salle) en passant par l’imparable “Hard Habit To Break” ou le plus poppy “Baby Says”, le niveau restera élevé. Mais c’est lorsque le tempo se ralentit que la voix de la chanteuse prend une autre dimension, comme le démontreront un “Black Balloon” parfait et un final troublant qui mixera “Pots And Pants” et “Monkey 23”.

Ceci dit, le sommet de la délicatesse sera atteint à l’entame des rappels lorsqu’elle se présentera seule sur scène, guitare acoustique à la main pour un “That Love” d’une sincérité désarmante. Suivront un “Siberian Nights” au son étonnamment brouillon et un efficace “Love Is A Deserter” (le seul extrait de “No Wow”) avant une interprétation mitigée des deux covers précitées. Les deux titres de trop, aurait-on tendance à écrire…

Photos © 2018 Bernard Hulet

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