Alcatraz 2018 – Jour 3 : vieilles marmites & meilleures soupes (de citrouille)

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J’ai beau me triturer les méninges depuis trois journées entière, impossible de trouver un troisième titre inspiré de la célèbre série carcérale de Netflix qui soit en rapport avec l’un des moments évoqués dans mon article. Je dois donc me résoudre à utiliser une platitude proverbiale qui, vous le constaterez si vous avez le courage de lire cette prose jusqu’au point final, correspond parfaitement à la réalité de ce troisième jour de festival. Dimanche 12 aout, troisième jour d’incarcération. La solitude me pèse depuis que C. et J.C. se sont évadés en passant par l’infirmerie (NDR : voir l’épisode précédent) et j’ai un peu de mal à quitter la paillasse. Un silence assourdissant plane sur la cour du pénitencier lorsque j’y pose les baskets. Pourtant, il est 11h du matin et si j’en crois le planning fourni par nos geôliers, Pestilence devrait être en train d’incendier les planches de la Swamp Stage. Pourtant, à part le grésillement subtil de la friture et le clapotis lointain d’un ruisseau de bière se déversant dans un gobelet en plastique, rien ne vient perturber cette étrange quiétude carcérale. La prestation du cultissime gang batave aurait-elle été annulée ? Zut Alors !

11h30. Il y a enfin un peu de grabuge. Un riff rapide et mélodique et un cri haut perché, voilà à quoi ressemble ce matin notre chant du coq. Comme si l’on venait d’annoncer que l’on y servait un petit déjeuner gratuit, une partie des détenus se rue vers la Prison Stage. Pas aussi revitalisant qu’une bonne tasse de café et un œuf sur le plat, cependant, le Power Metal convenu d’Orden Ogan me laisse sur ma faim. La prestation, un peu plate à mon goût, semble toutefois convaincre de nombreux fans, qui, avec un certain enthousiasme, reprennent en cœur quelques hymnes relativement accrocheurs.

Midi. La Swamp Stage, qui à cette heure, en principe, aurait dû proposer à nos narines fragiles les relents de chair putrides du Death/Gore de Gruesome, se voit envahie par une toute autre Pestilence. Quel bonheur de pouvoir assister à la prestation de Patrick Mameli (le seul membre original de Pestilence encore en activité) et de ses nouveaux collègues. Trop heureux de ne pas avoir manqué la prestation furieuse des bataves, je ne cherche pas vraiment à m’expliquer les raisons de ce léger remaniement du planning. Impressionnant de puissance et de technique, le Thrash-Death-progressif du quatuor régale une foule compacte constituée d’une bonne partie de nostalgiques et de quelques curieux qui, comme moi sans doute, remercient Gruesome de ne pas être là !

Retour à l’air frais. Sur la grande scène, le changement de style est plutôt radical puisque c’est à Inglorious que l’organisation vient de confier la lourde tâche de distraire les détenus à l’heure de la digestion. Un café à la main, calé dans l’un des sièges du balcon/mirador réservé aux matons, à la presse et surtout, aux fringants VIPs (qui sont les seuls à voir desserré les cordons de la bourse pour jouir de ce privilège), je profite du soleil timide en regardant le quintette londonien proposer à une foule visiblement conquise, un set Classic Rock haut de gamme, très inspiré par les dinosaures du genre que sont Deep Purple et Whitesnake. La situation est confortable, mais pas tout à fait satisfaisante pour l’indécrottable rocker que je suis. J’abandonne donc rapidement ce poste d’observation douillet pour aller vivre ce moment comme il doit être vécu : derrière un mec beaucoup plus grand que moi, calé entre une fille chevelue un peu trop remuante et un accro à la cigarette bien décidé à partager avec moi son futur cancer du poumon. Peu importe. Guitares acérées, orgue envoutant, chant puissant et présence scénique impressionnante, tout ici frise la perfection et rien ne peut gâcher mon plaisir. L’une des meilleures prestations de cette affiche dominicale !

Avec tous ces changements de dernière minute, je ne sais plus vraiment à quoi m’attendre en pénétrant dans le chapiteau de la Swamp Stage. Death Metal traditionnel de bonne facture décliné dans un show d’une platitude à couper le souffle : Gruesome a fini par trouver le chemin menant à Courtrai. Loin d’être aussi impressionnant que l’affirme son pédigrée, l’ex-tribute band à Chuck Schuldiner me soule au bout de dix minutes. Heureusement, un SMS salvateur signé Stéph me libère de la corvée d’assister à suite du show. Stéph, qui est l’un des rares membres à forte poitrine de mon ancien gang, vient d’être écrouée à l’Alcatraz et je suis prié d’aller la récupérer aux portes du pénitencier avant qu’elle ne déclenche une émeute. Ah quel bonheur de quitter ce chapiteau poisseux pour retrouver, enfin, un visage amical.

Nouvelle modification du planning : Exhorder, qui devait normalement jouer sur la Swamp Stage se retrouve bazardé sur la grande scène. La chose n’a pas vraiment l’air d’effrayer le patriarche. Après 30 ans de carrière, il en faut sans doute un peu plus pour effrayer les thrashers néo-orléanais. Le Thrash Metal Old School, qui constitue généralement l’ordinaire de la cantine de l’Alcatraz, s’est fait un peu rare cette année et cela fait franchement du bien de pouvoir se mettre sous la dent la prestation de l’un des vétérans du genre, même si ce n’est pas le plus célèbre d’entre eux. Revenant aux affaires après une vingtaine d’années d’absence, le groupe se donne à fond pour convaincre de la validité de son retour. En dépit du soleil de plomb qui écrase désormais le parterre du festival, le groupe parvient à faire voguer quelques crowd surfers. Mission accomplie, donc !

Allez savoir pourquoi, Sepultura est un groupe auquel j’ai toujours été allergique. Chose étrange, je n’ai aucun souvenir de sa prestation à l’Alcatraz. Aucunes notes manuscrites dans mon carnet, aucune photo dans mon téléphone. Pourtant, le groupe devait être présent ! Annoncé sur les planches de la Prison Stage juste après Exhorder, il a été photographié, en pleine action, sur celles de la Swamp Stage par les photographes officiels de l’Alcatraz. Aucun souvenir de mon côté. Dingues ces allergies non ?

Par contre, je me souviens plutôt bien du rituel païen qui nous a été proposé par Primordial. Hypnotisé par la présence impressionnante du shaman irlandais A.A. Nemtheanga ; ses vocaux hypnotiques et son look étrange constitué de peintures guerrières et de vêtements en loques assortis d’une jolie corde de pendu en guise de cravate, j’ai peut-être un peu oublié de regarder comment se débrouillaient les autres musiciens du groupe. La prestation de Nemtheanga, en tout cas, reste dans ma mémoire comme l’une des plus impressionnantes de la journée.

Tout aussi impressionnants, mais dans un genre beaucoup moins sombre et surtout beaucoup moins sobre, Alestorm aborde la grande scène du festival avec la grosse artillerie. Les pirates ont désormais le vent en poupe. Grosse tournée et gros moyens pour un concert qui aurait carrément été grandiose si le son n’avait pas été aussi médiocre (de l’endroit où je me trouve, en tout cas, les guitares sont aux abonnés absents). Le superbe décor (NDR : un canard de bain géant et des couleurs on-ne-peut-plus chatoyantes) et l’indéniable talent d’amuseur public de Christopher Bowes suffisent cependant à emballer l’Alcatraz en quelques secondes. La foule, complètement sous l’emprise des Écossais, oscille comme une mer par jour de tempête. Surfers, Slamers et Wall Of Death, rien n’est épargné à celles et ceux qui désiraient profiter du spectacle sans être roués de coups. Côté setlist, nous sommes gratifiés d’un joyeux florilège d’abracadabrantes comptines de pirates (« The Sunk’n Norwegian », « Captain Morgan’s Revenge », « Shipwrecked », « No Grave But The Sea » , etc), de nombreuses invitations à boire (« Nancy The Tavern Wench », « Hangover », « Drink », etc) et de quelques bluettes poétiques comme, par exemple, le très fleuri « Fucked With An Anchor ». À mes côtés, Stéph se montre fortement impressionnée par le kilt virevoltant du Captain Bowes. Quelques clichés du frontman, postés sur la toile il y a quelques jours, révèlent que l’escroc porte un short en jeans sous le tartan. Il n’y donc vraiment plus rien d’authentique dans ce bas monde !

Pour les détenus qui, comme Stéph et moi-même, par exemple, ont commis leurs premiers délits métalliques au début des eighties, le concert d’un groupe tel que The Black Dahliah Murder est souvent l’occasion rêvée pour faire une petite pose ; aller s’assoir dans un coin tranquille, siroter une bonne bière tout en évoquant quelques souvenirs communs. Ah qu’il fut agréable de comparer les nouvelles branches de nos arbres généalogiques respectifs, d’évoquer les batailles épiques qui, jadis, nous opposèrent à des hordes de poules pondeuses assoiffées de sang, ou encore de nous remémorer le souvenir des étranges pratiques scatologiques des pigeons londoniens.


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S’il y a un groupe qui sait casser l’ambiance et nous rappeler que la vie n’est pas uniquement faite de canards de bains démesurés et d’amitiés indélébiles, c’est bien Behemoth. Les Polonais ont sournoisement profité de notre absence pour s’accaparer la scène principale. Comme les autres amateurs de visages blafards, de rituels sataniques et de blasphèmes morbides, nous nous approchons de l’autel du sacrifice afin de prendre part à la sombre messe. Dans un déluge de décibels vitriolés, Nergal crache son venin sur à peu près tout ce qui lui passe par la tête. En le regardant vociférer de la sorte, je me dis que je ne voudrais vraiment pas être à la place de l’aumônier du pénitencier. Quelqu’un l’a vu récemment, au fait ?

Nous passons de la haine pure à la dépression profonde. J’avoue avoir eu un apriori négatif au sujet d’Alcest dont je ne connaissais pas vraiment la musique. Après avoir observé le groupe distiller son Post/Black Metal mélancolique sur les planches de la Swamp Stage, je suis obligé d’admettre que j’avais tort et que sa musique, riche et envoutante, passe plutôt bien le cap la scène. Le groupe remporte un énorme succès, ce qui a même l’air d’étonner un peu Neige, sont frontman, que l’on surprend parfois à sourire de satisfaction face à l’accueil positif qui lui est réservé. Une très bonne surprise, en ce qui me concerne.

Voir In Flames s’embourber dans son trip pour adolescents américains est le spectacle le plus affligeant qui soit. Il faudra bien plus que ce décor hi-tech, pourtant plutôt joli dans son genre, pour me scotcher à la pelouse. Après avoir enduré encore quelques minutes la vision d’Anders Fridén jouant les divas du Metalcore, mon esprit commence à vagabonder et je m’interroge au sur le sens de la vie. Qui suis-je ? Où vais-je ? Est-ce que je me déteste au point de vouloir m’infliger un supplice aussi douloureux que cette prestation d’In Flames ? Où est le bar ?

Perdre ce qui nous reste de molaires en regardant le set de Cannibal Corpse du début à la fin où aller nous placer dans les premiers rangs afin de pouvoir profiter pleinement de la joyeuse réunion qui s’annonce ? Tel est le conflit intérieur qui nous secoue, Stéph et moi, alors que la nuit (et une légère bruine) s’abattent sur l’Alcatraz. Une dure décision à prendre. George ‘Corpsegrinder’ Fisher et son gang de démembreurs nous facilitent un peu la tâche en proposant un show légèrement en deçà de nos espérances. Bien placés pour les citrouilles ce sera, donc !

22h00. Le moment qu’à titre personnel, j’attends depuis trois longues journées est enfin arrivé ! Place à la fiesta Pumpkins United ! « Pumpkins United », pour celles et ceux d’entre vous qui ont raté l’affaire, c’est le nom donné à la nouvelle tournée d’Helloween ; une tournée un peu spéciale puisqu’elle célèbre la réconciliation du Helloween actuel avec les deux vocalistes qui ont créé sa légende : Kai Hansen (NDR : au chant de 1983 à 1986) et Michael Kiske NDR : derrière le micro entre 1986 et 1993) ! Et comme pour prouver qu’une réconciliation ne va pas forcément de pair avec une dispute, Andi Deris (le vocaliste du groupe depuis 1994) est, lui aussi, de la partie ! « Pumpkins United », ce n’est donc pas moins de sept musiciens sur scène, trois vocalistes, trois guitares en ligne (NDR : puisqu’en plus d’assurer sa part de vocaux, Kai Hansen ferraille aux côtés de Michael Weikrath et Sascha Gerstner et une section rythmique imparable constituée du batteur Daniel Löble (NDR : qui a intégré le groupe en 2005 pour l’album « Keepers Of The Seven Keys – The Legacy » et du ‘bass-hero’ Markus Großkopf (NDR : l’un des fondateurs du groupe en 1983 avec Kay Hansen et Michael Weikrath et le regretté batteur Ingo Schwichtenberg).
Le show démarre sur des chapeaux de roues avec « Halloween ». Choisir en ouverture le ‘morceau de bravoure’ du classique « Keepers Of The Seven Keys Part I » semble être un choix plutôt osé. Dans sa version studio, « Halloween » dure déjà plus de 13 minutes. Il se voit ici allongé de quelques minutes supplémentaires en raison de divers échanges avec le public. Toujours-est-il que cela fonctionne plutôt bien. Surtout que les ‘Trois Ténors du Metal Teuton’ sont déjà de la partie, ce qui a pour effet de booster la réaction du public. Malgré la présence de ses illustres prédécesseurs, Andi Déris semble avoir endossé le maillot de leader et, en ce début de set, c’est surtout lui qui tient le crachoir. (NDR : si l’on fait le calcul, Deris a passé beaucoup plus de temps au sein d’Helloween que Hansen et Kiske, ce maillot n’est donc pas usurpé !)

Nous ne quittons pas le ‘gardien des sept clés’ durant les deux titres qui suivent : l’hilarant « Dr. Stein » et le tonitruant « I’m Alive ». Les deux titres, nous offrent de superbes duos entre Andi Deris et Michael Kiske et nous permettent pour la première fois de profiter pleinement des jolies images diffusées sur l’écran de cinéma géant placé en fond de scène. Tout au long du concert, celui-ci diffusera des images d’animation et des extraits de films illustrant les chansons interprétées ainsi que de fantastiques versions animées de pochettes d’albums et de singles d’Helloween. Deris reprend un peu les choses en main en interprétant (seul) deux titres plus récents de la discographie d’Helloween : l’hymnique « Are You Metal ? » et fantastique « Perfect Gentleman » sur lequel il démontre, une fois de plus, ses fantastiques talents de showman ! Le moment que la plupart des détenus (les plus âgés en tout cas) attendaient secrètement est enfin arrivé puisque Kai Hansen débarque sur les planches de la Prison Stage coiffé, comme il le faisait au début des eighties, d’un képi d’officier de l’armée allemande pour entamer un medley de brûlots extraits du premier EP et du premier album du groupe. Après avoir compilé en un dantesque défouloir métallique les antiques « Starlight » / « Ride The Sky » et « Judas », il nous offre encore un « Heavy Metal (Is The Law) » tellurique. Andi Deris calme ensuite le jeu avec une magnifique version d’« If I Could Fly », tiré de l’album « The Dark Ride » sorti en 2000 et qui, à mon humble avis, est l’une des plus belles chansons qu’il ait jamais interprété. La version animée de la pochette (avec cette lune/citrouille noire menaçante) diffusée sur l’écran géant me filerait presque la chair de poule.

Michael Kiske s’empare ensuite du micro pour nous présenter ce qui sera la seule nouvelle chanson interprétée ce soir ; le titre, composé spécialement pour la tournée par lui-même et Kai Hansen est intitulé, comme il se doit, « Pumpkins United ». Les trois vocalistes sont de la partie. Il est amusant de comparer leurs styles respectifs. Kai Hansen semble timide et légèrement effacé (pourtant, ses cordes vocale n’ont pas grand chose à envier à celles des deux autres). Michel Kiske, comme souvent, parait sûr de lui et a un peu tendance à se prendre pour le centre du monde. Andi Deris, toujours souriant et sympathique, se donne beaucoup de mal pour mettre en avant ses deux compères. L’instant suivant aurait pu être rébarbatif, puisqu’il est consacré au solo de batterie. Pourtant, il devient, pour moi, l’un des moments forts de la soirée. Après nous avoir proposé une impressionnante salve de roulements et autres martelages techniques, Daniel Löble, se tourne en direction de l’écran géant sur lequel apparait l’image virtuelle d’un lecteur VHS. La cassette vidéo insérée nous laisse découvrir le visage souriant d’Ingo Schwichtenberg (NDR : le batteur original d’Helloween décédé en 1995). L’image est filmée en concert alors que le musicien entame son solo. Après l’avoir regardé un instant, Daniel Löble revient à ses futs et commence doubler, à la perfection, chaque coup porté par Schwichtenberg sur son propre instrument. Un superbe hommage ! Et sans doute l’un des solos (duos ?) de batterie les plus originaux qu’il m’ait été donné de voir.

Après cet instant d’émotion, le groupe revient au complet pour revisiter une fois encore les gros succès de « Keepers » (« Living Ain’t No Crime », « A Little Time »). Deris se remémore ses premiers émois au sein d’Helloween avec « Sole Survivor » (NDR : tiré du « Masters Of The Rings » de ’94) et « Power » (extrait du « The Time Of The Oath » de ’96). Hansen mène une dernière fois les troupes sur un « How Many Tears » des familles. Le groupe quitte la scène et revient sous les vivats pour un premier rappel constitué du superspeedé « Eagle Fly Free » et d’une version écourtée de l’épique « Keepers Of The Seven Keys ». Après les présentations d’usage et un second départ, le groupe, au complet, remonte les planches pour interpréter, en apothéose finale, deux de ses plus gros succès : « Future World » (sur lequel Deris et Kiske orchestrent en duo, une participation vocale plutôt originale des détenus) et l’hymnique « I Want Out », repris en chœur par la foule conquise. La prestation se termine, comme il se doit, par un feu d’artifice.

Cette édition 2018 s’achève donc en apothéose. Pour moi en tout cas, puisqu’avant l’amnistie générale des détenus, il a encore été demandé à Ministry d’atomiser une dernière fois les planches de la Swamp Stage. Étant donné que je suis de ceux qui pensent que la créature d’Alien Jourgensen a dit tout ce qu’elle avait à dire d’intéressant en 1992, avec son album « Psalm 69 : The Way To Succeed And The Way To Suck Eggs » et que sa prestation, donnée ici même, il y a deux ans à peine m’avait laissé de marbre, je choisis d’écourter mon séjour plutôt que de risquer de quitter les lieux sur une mauvaise impression.

Je remercie l’organisation du festival pour sa gentille invitation tout en rêvant déjà à la prochaine incarcération.

Photos © 2018 Gino Van Lancker & Elsie Roymans

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