PacRock 2018 : back to indie business

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Mis entre parenthèses l’an dernier pour cause de travaux dans le parc du Prieuré, le PacRock faisait son grand retour ce samedi 1er septembre. Une date quelque peu inhabituelle qui a eu le mérite de réconcilier le festival avec la météo.

En effet, les deux dernières éditions organisées au début du printemps avaient oscillé entre déluge et températures polaires. Cette fois, c’est sous un soleil généreux que la bourgade de Pont-à-Celles est de nouveau devenue la capitale du rock alternatif l’espace d’un week-end. D’autant que les programmateurs ont eu l’idée géniale de s’associer à des partenaires de choix : le Rockerill pour la soirée électro du vendredi et le Vecteur ainsi que nos confrères de Goûte Mes Disques le lendemain (la petite scène a été rebaptisée GMD pour l’occasion).

C’est sur cette dernière que notre PacRock a réellement débuté, une Biolégère à la main (la bière bio, de loin supérieure à la Pils cette année) après avoir distraitement écouté la fin du set de Phoenician Drive. Si les Bruxellois ont remplacé leurs compatriotes de Moaning Cities dans le cœur des adeptes de psyché orientalisante depuis l’annonce de leur hiatus l’an dernier, la sobriété n’aide pas à rentrer dans leur univers.

Bref, le premier coup de batterie du set de Daggers allait d’emblée indiquer la direction musclée que les bouillants Liégeois s’apprêtaient à emprunter, d’autant que celui qui se trouve derrière les fûts n’est autre que le batteur de Cocaine Piss. Ce dernier prend clairement son pied, au même titre que le bassiste complètement dans son trip. En revanche, le leader barbu à la voix cassée et au torse tatoué semble nettement moins à l’aise, sauf peut-être lors de son bain de foule en toute fin de set. Musicalement, enfuies sous les coups de boutoir répétés se nichent des mélodies travaillées bien présentes qu’ils devraient peut-être davantage exploiter.

On n’avait toutefois encore rien entendu car la brutalité de Wolves Scream allait forcer les plus rebelles à s’équiper de bouchons pour les oreilles. Pourtant, ici aussi, des moments prenants faisant fi des hurlements nourris d’un leader énervé allaient émailler un set hardcore plus modéré qu’en apparence mais diablement bien ficelé. Outre les jongleries du batteur, laissons de côté les pseudo-chorégraphies d’un groupe qui n’a pas besoin de ce type d’artifice pour se démarquer.

Avec Whispering Sons et Lagüna comme fers de lance, un revival sombre et froid semble se profiler de l’autre côté de la frontière linguistique. Et ce ne sont pas les Limbourgeois de Fornet qui vous diront le contraire. Malgré leur jeune âge, ils semblent avoir écouté en boucle Gang Of Four (ces vocaux saccadés bourrés d’effets et cette basse omniprésente) tout en s’inspirant de l’esprit fourre-tout de The Horrors en plus noisy. Un ouragan qu’on imagine ravageur une fois la nuit tombée.

La montée sur scène de Jessica93 a permis aux organisateurs du PacRock de réaliser un rêve. Cela fait en effet plusieurs années qu’ils tentaient de booker le projet de Geoffroy Laporte. Le seul hic, c’est qu’il s’est produit tout seul avec sa guitare et ses pédales à effets devant quelques amplis, sans décor et quasi sans jeux de lumière. Dans ces conditions, difficile de capter l’attention quarante-cinq minutes durant malgré des compositions cold wave indie efficaces et une voix glaciale impeccable.

La scène GMD accueillait ensuite la curiosité de la journée signée Why The Eye?, un quatuor majoritairement instrumental dont la particularité est de jouer derrière des masques vaudou sur des instruments bricolés qu’ils s’échangent volontiers. Basées sur des percussions et des sonorités électroniques tribales, leurs compositions renvoient de temps autre vers l’univers de Factory Floor. Notons également ce côté vintage mis en avant par l’utilisation de combinés téléphoniques ancestraux qui leur servent de micro pour un résultat délicieusement brouillon.

Sans le moindre répit, l’haletante programmation se poursuivait ensuite sur la Main Stage avec J.C. Satàn, dignes représentants du cultissime label Born Bad Records. Emmenés par une chanteuse à la vindicative voix nasillarde soutenue par celle, grungy, de son camarade tatoué jusqu’au visage à sa droite, les Bordelais jouent toutes guitares en avant sans se poser la moindre question. Au contraire, ils prennent un malin plaisir à brouiller les pistes, s’embarquant dans des chemins stoner ou garage avec une facilité déconcertante. Quant au final en mode destruction massive, il en laissera plus d’un pantois.

Lors de leur passage en première partie de Madensuyu à l’Eden de Charleroi en mars dernier, les trois gaillards de Jean Jean avaient livré une prestation d’une incroyable intensité. Ce soir, ils vont démontrer combien les titres issus de leur deuxième album (Froidepierre) se sont bonifiés sur scène en à peine six mois. Libérés (est-ce l’espace nettement plus vaste que le mouchoir de poche de l’époque ?), ils vont tourner à plein régime avec une puissance au moins équivalente à la tension dégagée par un math rock à légère tendance électro qui rappelle par moments 65daysofstatic. Une grosse claque…

La première fois que l’on a entendu parler de Rendez-Vous, c’était à l’AB en 2016 lorsqu’ils avaient ouvert pour M83. Depuis, leurs tournées répétées leur ont non seulement permis de se forger une envieuse réputation scénique mais surtout de peaufiner les compositions qui se retrouveront sur leur premier album à paraître d’ici la fin de l’année. De moins en moins new wave et de plus en plus dark wave voire EBM lors de l’entame du set de ce soir, ils se démarquent par une basse qui claque et deux voix parfaitement complémentaires. On sera moins enthousiastes concernant leur light show éblouissant (dans le mauvais sens du terme). Les puristes diront qu’ils n’inventent rien, les autres diront qu’ils le font bien. Verdict définitif le 26 janvier prochain au Bota.

La tête d’affiche de la journée sur la scène GMD avait été confiée à BRNS qui capitalisent sur scène leurs efforts discographiques de l’an dernier. Un EP (“Holidays”) et un deuxième album (“Sugar High”) forment en effet l’ossature de leur set, à peu de choses près semblable à celui présenté au Dour Festival. Ce soir, pas de trace de César Laloux dans le public, ils ont donc préféré “Encounter” à “The Missing”. Sans réellement emballer le chapiteau (à leur décharge, la température avait drôlement chuté à cette heure tardive alors qu’un ampli crachotant leur pourrira la vie), ils ont livré une prestation honnête, même si on regrette par moments la fougue de leurs débuts, que leur récente collaboration avec Ropoporose aux Nuits du Bota avait ravivée.

Le PacRock est de retour, et cela fait un bien fou…

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