Whispering Sons fidèles à leur Image

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La veille de la sortie de leur très attendu premier album et l’avant-veille de sa présentation officielle à l’AB Club, les Bruxellois d’adoption Whispering Sons se produisaient dans l’intimité de Chez [PIAS] devant un parterre de privilégies. Une répétition générale de haut vol. Les vainqueurs de l’édition 2016 du Humo Rock Rally ont en effet pris le temps de peaufiner “Image”, une collection de dix titres soigneusement testés sur scène et mis en boîte sur une dizaine de jours dans un studio des cantons de l’est. Produit par Micha Volders (The Sore Losers, Little Trouble Kids) et Bert Vliegen (Teen Creeps, Sophia), il marque une évolution notoire de leur univers sans pour autant le révolutionner.

Ainsi, sur “Stalemate”, la plage d’intro, l’environnement sombre se voit adouci par de surprenantes (dans leur chef) nappes de claviers chaleureuses. Sur scène, en revanche, la température plonge et ces mêmes nappes contribuent à maintenir un cap post punk plus que marqué auquel prennent part un guitariste au jeu glacial, un batteur qui joue debout et un bassiste essentiel sans oublier la hargne de Fenne Kuppens. Non contente d’exploser le final du très Soft Moon “Got A Light”, elle donnera une nouvelle dimension à “Alone”, point d’orgue de leurs concerts depuis un bout de temps et désormais aussi pertinent qu’un rageur “White Noise” dans la foulée.

Attardons-nous un instant sur ce petit bout de femme à la voix androgyne qui assume complètement son statut de frontwoman en vivant sa prestation à fond. Habitée de spasmes frénétiques et saccadés (pour ne pas dire épileptiques…), elle occupe pleinement le devant de la scène. Chaussures et ceintures mises à part, le blanc est de rigueur, comme si son souhait était de trancher avec la noirceur des compositions du groupe.

On pense bien évidemment à Joy Division (le menaçant “Skin” dont la particularité sera de distinctement mettre en avant chaque instrument) et à Sisters Of Mercy (la voix caverneuse de “Fragments” et de l’excellent “Hollow”). Mais “No Time” à la basse essentielle et le prenant tout autant qu’énervé “Waste” constitueront à n’en point douter deux des sommets de la soirée. Curieusement, ils ne se plongeront que sporadiquement dans “Endless Party”, leur acclamé EP de 2015, à travers un “Wall” particulièrement en verve et un époustouflant “Insights” en guise de final du set principal.

Ceci dit, c’est lors du rappel qu’ils montreront leur exceptionnelle marge de progression. Entamé au piano avec une intro flippante sur laquelle se posera une voix claire et précise, “No Image” verra le groupe faire monter la tension autour de la chanteuse qui terminera sa prestation immobile telle une statue de marbre les mains derrière le dos, fixant le ciel les yeux débordant d’émotion. Si on ne doit retenir qu’une seule image de la soirée, ce sera celle-là…

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