Anna Calvi, hungry as the Hunter

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Après un silence discographique de cinq ans, Anna Calvi se rappelle à nos bons souvenirs avec « Hunter », un consistant troisième album qu’elle est venue présenter dans une Orangerie du Botanique sold out depuis des lustres. Pour cette tournée européenne entamée au Splendid de Lille début octobre, elle a décidé de confier le warm-up à des artistes sélectionnés par ses soins auxquels elle a demandé de jouer au DJ. À Bruxelles, on a eu droit à Maya Postepski, l’ex-batteuse d’Austra désormais installée en Belgique qui a notamment co-produit « Forever », le dernier (dans tous les sens du terme) album de Soldout. Derrière les platines, elle l’a jouée crescendo dans un style toutefois légèrement trop afterwork branchouillard…

La dernière fois que l’on a vu Anna Calvi dans une salle belge, c’était au Stadsschouwburg d’Anvers en première partie de Morrissey en novembre 2014. Si l’on avait perdu sa trace depuis, elle n’est pas restée inactive pour autant, entre collaboration à la BO du film Insurgent, hommages appuyés à David Bowie et composition d’un opéra. Ceci dit, l’annonce de la sortie d’un nouvel album avait une saveur nettement plus pertinente à nos yeux. « Hunter », supervisé par le célèbre Nick Launay, renoue avec les atmosphères envoûtantes de ses débuts tout en s’éloignant drastiquement de PJ Harvey à laquelle on l’avait précipitamment comparée.

Sans grande surprise, elle entamera sa prestation seule sur scène et armée d’une guitare avec « Rider To The Sea », l’instrumental ténébreux qui ouvre son premier opus. En moins de trois minutes, elle confirmera son statut de guitar hero au féminin au milieu de lumières rouges tamisées qui seront la norme tout au long de la soirée. Rouge, à l’instar du blazer et du lipstick devenus au fil des ans sa marque de fabrique.

Simplement accompagnée d’un batteur et d’une claviériste, elle se plongera à pieds joints dans « Hunter » dont les extraits constitueront la grande majorité d’une set-list ne s’adressant clairement pas aux nostalgiques. Il était en effet essentiel de maîtriser la nouvelle plaque pour profiter pleinement de l’enlevé « Indies Or Paradise », du puissant « As A Man » ou du rageur « Don’t Beat The Girl Out Of My Boy » avant un premier retour en arrière via « I’ll Be Your Man », quelque part entre ange et démon.

Impressionnante et désormais totalement désinhibée sur scène, elle capte l’attention (ce regard…) et sera par moments habitée au point de terminer certains titres à même le sol tout en étalant son insolente dextérité à la six cordes. À ce propos, la soirée perdra momentanément en intensité lorsqu’elle troquera sa guitare fétiche au son crasseux contre une plus conventionnelle l’espace de deux nouveaux titres plus calmes, « Away » et « Swimming Pool ». S’ils mettront en avant une voix suave couplée à un univers rêveur, on regrettera cependant un usage de vocalises superflues.

Une parenthèse qui n’aura finalement qu’un impact limité sur le ressenti de la soirée car « Desire » remettra ensuite les pendules (bien) à l’heure grâce notamment à un batteur particulièrement en verve. Mais l’élégamment allongé « Wish », un des meilleurs extraits de « Hunter » bardé de sonorités classic rock seventies (batterie carrée et riffs destructeurs en tête) ponctuera le set principal d’époustouflante manière.

Entamé avec le classieux « Suzanne & I », les rappels emprunteront ensuite une angoissante direction avec cette cover tribale et lancinante du « Ghost Rider » de Suicide à la voix forcée presque méconnaissable. Ce petit bout de femme n’a clairement pas encore fini de nous surprendre…

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