Arid, “Little Things Of Venom” just for fun

27 Participations

Dans le cadre de sa fameuse série Rewind, l’AB a convié Arid pour jouer l’intégralité de “Little Things Of Venom”. Publié en 1999, l’impeccable premier album des Gantois reste un classique qui a désormais son étoile sur le Walk of Fame à proximité de l’AB Café.

Ils entretiennent d’ailleurs une relation particulière avec le complexe du boulevard Anspach. Jugez plutôt. Un des premiers fait d’armes de Jasper Steverlinck et de ses camarades a ainsi eu lieu sur cette même scène en 1996, lors de la finale du Humo Rock Rally restée célèbre pour l’exceptionnelle qualité de ses candidats. Remportée par Novastar devant Tom Helsen, elle a également vu l’émergence de futurs noms marquants du paysage musical noir jaune rouge, An Pierlé et Arid en tête.

Trois ans plus tard, c’est de nouveau à l’AB qu’ils se démarqueront en remplaçant Idlewild au pied levé en première partie de Manic Street Preachers. Et de quelle manière, leur set éclipsera presque celui des Gallois. S’ensuivit une rupture de stock de leur album fraîchement sorti, une Rotonde archi sold, Rock Werchter tout en bas de la Pyramid Marquee, une Orangerie archi sold out, la première partie de Suede aux Halles de Schaerbeek, Rock Werchter tout en haut de la Pyramid Marquee… Le tout en un peu plus d’un an avant l’enregistrement d’“All Is Quiet Now” à Los Angeles.

C’est aussi à l’AB qu’“All Things Come In Waves”, leur troisième plaque, a été officiellement présentée en 2008 et encore à l’AB qu’a été enregistré le live accompagnant la réédition d’“Under The Cold Street Lights”, leur dernier album à ce jour. À quel autre endroit pouvait donc se dérouler la célébration des vingt ans de “Little Things Of Venom” ?

Depuis la séparation du groupe en 2012, Jasper a poursuivi sa carrière solo tout en officiant comme jury de The Voice van Vlaanderen alors que le batteur Steven Van Havere s’est principalement consacré au développement de son école de musique (Metronoom à Bruges). Seul David Du Pré semble avoir fait un pas de côté mais, au vu de sa prestation ce soir, il semble toujours vivre, respirer et dormir avec sa guitare.

Accompagnés du bassiste Maarten Standaert, ils vont revisiter leur premier album dans l’ordre des plages. De la douce intro d’“At The Close Of Every Day” (le titre de la plaque aux States) jusqu’au final particulièrement prenant de “Soiree” (le titre bonus de cette édition américaine), ils retrouveront leurs sensations. Le but, comme le répétera plusieurs fois le leader, est de prendre du plaisir et de profiter du moment.

Évidemment, en vingt ans, le temps a fait son œuvre même s’il n’a pas été trop cruel avec eux. Seul Steven Van Havere (le plus âgé de la bande, il vient de fêter son demi-siècle) arbore une chevelure grisonnante. En revanche, tant la gueule de star de David que les généreuses boucles de Jasper leur garantissent une jeunesse éternelle. À propos, la voix de ce dernier impressionnera de la même manière qu’il y a vingt ans (“All Will Wait”, “Elegy”) tout comme la dextérité du premier nommé.

Ceci dit, mis à part le final légèrement réarrangé de la plage titulaire et le complice duel de guitares improvisé sur “Dearly Departed”, ils resteront assez fidèles aux versions de l’époque. Pour le plus grand plaisir d’un public qui s’égosillera sur “Too Late Tonight” et “Believer” notamment. On appréciera également le pouvoir émotionnel intact de “Me And My Melody” ainsi que l’inimitable slide de l’ami David sur le puissant “Life” (une des compositions préférées de Jasper) au light show menaçant.

Même avec le titre bonus, après quarante-cinq minutes, l’objet de la soirée était déjà bouclé et les musiciens quitteront la scène une première fois. Sans surprise, ils reviendront pour un set best of qu’ils choisiront d’entamer avec “Words”. Tout allait bien jusqu’à ce que Jasper se prenne pour Freddie Mercury à Wembley en titillant les vocalises du public. Heureusement, “Seven Odd Years” aux claviers et “You Are” en crescendo crasseux remettront les pendules à l’heure avant qu’un mélodramatique “Silent Reproach” ne clôture ce premier rappel grandeur nature.

La fête n’était pas encore terminée pour autant mais elle allait prendre une tournure momentanément tristounette via “Samen In Dat Donkere Huis”, une bouleversante cover du regretté Luc De Vos, le leader de Gorki. Déterminant dans le développement de la carrière d’Arid en plus de devenir un véritable ami proche, il a dû frissonner autant que nous là-haut, le tremolo dans la voix de Jasper en solitaire à deux doigts de nous assécher la gorge.

Les trois autres larrons le rejoindront pour un ultime baroud d’honneur qui culminera avec un énergique “Tied To The Hands That Hold You” ou la rencontre entre une voix limpide et une guitare bourrée de distorsion. Il éclipsera sans peine les plus légers “The Body Of You” et “Million Lights”, extraits d’un deuxième album avec le recul moins percutant. En revanche, le magique “If You Go” constituera le parfait épilogue d’une soirée réussie. Le point final de l’aventure ? Laissons planer le doute en paraphrasant Jasper : “Who knows what the future holds ?”

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