La claque Black Box Revelation

17 Participations

L’idylle entre Black Box Revelation et l’Ancienne Belgique ne pâlit pas. Cette fois, c’est par trois fois que les Bruxellois ont rempli la grande salle du boulevard Anspach. Ils venaient y défendre “Tattooed Smiles”, leur consistant cinquième album.

Le support du premier soir avait été confié aux Limbourgeois de Peuk en mode rouleur compresseur à intermittence. En effet, autant le trio impressionne sur une petite scène avec une noise retenue aux guitares bien présentes, autant celle de l’AB semble encore un peu trop grande pour eux. Un problème que n’a pas rencontré le jeune Michiel Libberecht alias Mooneye vu qu’il s’est produit sur le rebord de cette dernière les jours suivants. Seul avec sa guitare, il a toutefois subi un bourdonnement continu de la part de spectateurs pour qui ses compositions acoustiques et délicates n’avaient qu’un intérêt tout relatif…

Au fur et à mesure des écoutes, “Tattooed Smiles”, la dernière livraison de Black Box Revelation, s’impose comme l’album de la maturité. Moins fougueux, plus introspectif et travaillé, il a été produit par le chanteur guitariste Jan Paternoster (qui fêtera ses trente ans dans quelques jours) et accueille son lot de collaborations. Si la voix de Seasick Steve sur le single “Built To Last” n’étonne guère, celles de Jean-François Assy (violoncelle) et surtout de… Roméo Elvis démontrent une grande ouverture d’esprit et apportent un vent de fraîcheur à une formule qui avait peut-être tendance à s’essouffler.

Deux titres (le théâtral “Kick The Habit” et surtout l’impressionnant “Mama, Call Me Please!” bourré de groove et de puissance) suffiront à démontrer que les versions studio, déjà excellentes, gagnent en intensité sur scène pour se dévoiler réellement. Particulièrement en verve et en voix, le leader partage sa rage avec son complice Dries Van Dijck qui cogne sur son immense kit comme si sa vie en dépendait.

Mais la meilleure idée des deux gaillards est peut-être d’avoir troqué la choriste qui les accompagnait sur la tournée précédente contre un musicien multi-instrumentiste auquel ils ont laissé carte blanche. Loin de faire de la figuration, Jasper Morel maniera avec la même bonheur claviers vintage, tambourin, maracas et guitare, tout en assurant les chœurs (ce falsetto sur “Damned Body”…). Il s’aventurera même sur le devant de la scène pour un solo ou l’autre aux côtés de son boss, à tel point que l’on se demande s’il ne fait pas officiellement déjà partie du line-up.

Des spectateurs particulièrement réceptifs auront l’occasion de s’adonner à quelques vocalises pendant le hit “Gloria” et de littéralement s’égosiller sur “War Horse” que le groupe se fera un malin plaisir de faire durer à l’infini. Il s’agira, avec le crasseux “High On A Wire”, des rares incursions dans leur back catalogue lors de la première heure du set. Ils se sont en effet tout d’abord essentiellement concentrés sur “Tattooed Smiles” dont la plage titulaire, très stoner, sera rehaussée par un logo clignotant aux avant-postes.

Celui-ci fait partie d’un décor basé sur des enseignes en néon rouge qui vont s’illuminer au gré des titres. Lapin allongé, teddy bear, double cœur en apesanteur, masque aux yeux rondelets, peu ou pas de rapport avec l’univers du groupe si ce n’est un renvoi vers la pochette de l’album et la série d’autocollants qui accompagne l’édition initiale. En revanche, musicalement, le patiemment construit “Lazy St.”, l’intense “Blown Away” et le prenant “Bur-Bearing Heart” étaieront notamment la riche diversité de leur récente direction.

Bluesy dans l’âme et particulièrement populaire, “Never Alone, Always Together” (repris en chœur par le public) marquera le point de départ d’une fin de set en crescendo qui culminera avec “My Perception” pendant lequel l’ami Jan prendra son pied et qui se ponctuera avec “I Think I Like You” dans un mouvement de foule spontané rarement vu à l’AB ces derniers temps, crowdsurfings et stage divings inclus.

Si les rappels débuteront avec “Gravity Blues” dans la configuration minimaliste du groupe, ils se poursuivront à… quatre. En tout cas, le dernier soir avec le retour de Jason Morel et la venue de Roméo Elvis pour un “Laisser Partir” plus vrai que nature. Ceci dit, l’époustouflante version sans lui les soirs précédents constituait déjà un des meilleurs moments du set. Ils auraient même franchement pu se passer d’une seconde interprétation de “Tattooed Smiles” qui n’apportera rien à celle jouée plus tôt dans la soirée. Le seul bémol relatif d’un set qui vient de propulser le groupe dans une dimension supérieure. La tournée des salles moyennes belges à l’automne vaudra à n’en point douter le détour.

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