Slow Crush on you

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Deux mois jour pour jour après avoir ouvert la version Corona du Pukkelpop, Slow Crush s’est produit à la Rotonde. Le groupe emmené par Isa Holliday a entamé au Botanique sa tournée mondiale en support de « Hush », une deuxième plaque très attendue.

Mais avant, place aux déjantés Limbourgeois de The Guru Guru qui n’ont eu que trop peu l’occasion de défendre « Point Fingers », un album publié chez Luik Records juste avant la pandémie. Résultat, ils sont retournés en studio pour y enregistrer la suite, parue en juin dernier sous la forme d’un EP bourré de parenthèses, baptisé non sans humour « It’s A (Doggy Dog) World ». Conseil consommateur, la version vinyle comprend en face B quatre titres live enregistrés au Trix qui ne sont disponibles nulle part ailleurs, pas même en version digitale.

C’est d’ailleurs avec un extrait de cet EP, « Where’s My Rum (Isn’t It Anywhere) », qu’ils lanceront la soirée de flippante manière, entre déclamations sinistres, hurlements sentis et flashes stroboscopiques. Aux avant-postes, un chanteur au succulent pseudo (Tom The Bomb) en pyjama et charentaises même si une camisole de force aurait été davantage en adéquation avec son regard de psychopathe. À ses côtés, deux guitaristes, un batteur et un bassiste s’activent sans compter, histoire d’alimenter ses théâtraux délires vocaux.

Si certaines parties se révèlent brouillonnes, à l’instar du nouveau « (In) Snakes & Ladders (Stakes Don’t Matter) » qui alterne passages noisy et mélodies presque pop ou du saccadé « Chramer », d’autres touchent dans le mille. On pense notamment aux hits indie que sont « Delaware » et « Mache » aux lignes de basse proéminentes. Le chanteur parviendra même à se montrer touchant en s’accompagnant d’un banjo sur le troublant « And I’m Singing Aren’t I ». Un moment de respiration en introduction de l’impeccable « Origamiwise », sans aucun doute le sommet du set. Time for The Guru (Guru)…

SET-LIST
WHERE’S MY RUM (ISN’T IT ANYWHERE)
CHRAMER
DELAWARE
(IN) SNAKES & LADDERS (STAKES DON’T MATTER)
HONESTLY (I DON’T FEEL LIKE DANCING)
AND I’M SINGING AREN’T I
ORIGAMIWISE
MACHE

La tournée qui démarre ce soir au Botanique s’apparente à un nouveau départ pour Slow Crush. La pandémie a en effet stoppé net une progression qui a vu le groupe se produire autour du monde et glaner une envieuse réputation scénique depuis la sortie de son acclamé premier album, « Aurora ». L’inopinée mise à l’arrêt des activités a notamment eu pour conséquence l’annulation d’une série de concerts aux Etats-Unis et, plus tard, le départ simultané du batteur Steven Cammaerts et du guitariste Jan Jouck. Ajoutez-y la faillite du label Holy Roar Records suite aux allégations de scandale sexuel à l’encontre de son fondateur et vous comprendrez qu’Isa Holliday et Jelle Ronsmans, les deux têtes pensantes du projet, ont dû passer quelques nuits blanches lors de ces dix-huit derniers mois.

La bonne nouvelle, c’est qu’ils ont réussi à rapidement rebondir. En se réfugiant dans la composition dans un premier temps, en engageant deux nouveaux musiciens ensuite. Jeroen Jullet et Frederik Meeuwis complètent désormais le quatuor, respectivement à la batterie et à la basse. En trouvant non pas une, mais deux nouvelles maisons de disques, enfin. Church Road Records, gérée notamment par une ex de leur ex-label et Quiet Panic Records (pour les States) publient aujourd’hui leur deuxième plaque, « Hush ».

Une plaque qu’ils vont timidement aborder dans un premier temps. En effet, mis à part « Blue » qui prolongera avec beaucoup d’à-propos une intro sombre dans tous les sens du terme, ils se plongeront tout d’abord dans leur back catalogue. Une manière de gagner de l’assurance et de permettre aux deux petits nouveaux de prendre leurs marques. À ce sujet, on déplorera la rugosité du batteur dont le kit semble un peu trop mis en avant. Il amplifie en effet la sensation de voix noyée au milieu d’un mur du son alimenté par la guitare d’un Jelle Ronsmans particulièrement déchaîné.

À ses côtés, Isa Holliday arbore elle aussi une guitare et semble victime malgré elle d’une balance peu en sa faveur. On sait qu’il s’agit d’une des marques de fabrique du shoegaze mais l’aspect dream pop de leurs compositions mériterait peut-être un espace plus vaste à son égard. On pense à « Tremble » ou à « Aurora » que Slowdive n’aurait pas renié si Kevin Shields s’était occupé de la production de « Just For A Day ».

C’est alors que le groupe (qui se produit devant une banderole à son effigie à peine visible) se lancera dans le plat de consistance de la soirée, à savoir la découverte du nouvel album. Les deux titres précurseurs, la plage titulaire et « Swoon », laissaient entrevoir une évolution vers un son plus musclé et la version franche et directe du second nommé nous confirmera cette impression. Dans la foulée, « Gloom » et « Bent And Broken », aussi mélancoliques que planants, nous inciteront à fermer les yeux tout en se laissant emporter.

Un peu plus tard, les influences de My Bloody Valentine se feront sentir sur « Swivel » mais c’est curieusement l’aspect construit et délicat à la Beach House qui ressortira de la fin du set. « Rêve » et « Thrill » portent ainsi parfaitement leur titre mais entre les deux, « Hush » et « Lull » seront les pièces maîtresses d’un concert désormais dans sa partie la plus passionnante. Patiemment construites tout en alternant douceur et furie dans un environnement sombre, elles s’inscrivent dans la nouvelle direction du groupe.

Un groupe qui bouclera toutefois la soirée à coup de décibels, de guitares en avant et de spots aveuglants au son de « Glow ». Juste pour rappeler dans Slow Crush, il y a aussi le mot crush…

SET-LIST
INTRO
BLUE
DRIFT
TREMBLE
AURORA
SWOON
GLOOM
BENT AND BROKEN
SWIVEL
RÊVE
HUSH
LULL
THRILL
GLOW

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