Une soirée Bizarro avec The Wedding Present

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Pour le trentième anniversaire de “Bizarro”, David Gedge et ses Wedding Present s’offrent une tournée et un stop au Reflektor. Une soirée centrée autour de leur deuxième album sans toutefois virer dans la nostalgie…

Un mot qui ne semble pas figurer au vocabulaire des Hutois de Showstar, programmés en première partie. Le set du plus british des groupes wallons se développera ainsi majoritairement autour de “Soft Apocalypse”, leur cinquième album paru au printemps dernier. Malheureusement pour les collectionneurs, il est uniquement disponible en streaming et téléchargement…

S’il tient clairement la route sur disque (“Cold Vapour” et “Target” sont des bombes), il se défend honorablement sur scène malgré un son brouillon et une voix par moments noyée au milieu de trois guitares. Enfin, deux dans la réalité car celle du chanteur ne sert pas à grand-chose… Éternellement désabusé, ce dernier n’est toujours pas le roi de la com’ et devrait parfois la fermer, histoire de troquer des palabres sans intérêt contre un morceau supplémentaire.

Car avouons qu’ils maîtrisent la recette pour rendre leurs compositions particulièrement catchy, qu’elles soient franchement rentre-dedans (“Adults”) ou plus retenues (“Lunatic”). Même le tout nouveau “No Encore”, noisy aux paroles basiques (“Calm down…”) balancé en clôture du set accrochera l’oreille. Si leur ville natale n’avait pas été Huy mais Winchester, ils seraient peut-être des stars aujourd’hui.

Entre le bricolé “George Best” (1987) et le chef d’œuvre “Seamonsters” (1991), The Wedding Present ont publié “Bizarro”, un deuxième album dont le single avant-coureur (“Kennedy”) leur ouvrira les portes du top 40 britannique en octobre 1989. Publié chez RCA, il coïncidera avec une période faste qui culminera avec le projet un peu fou de sortir douze 45 tours à raison de un par mois durant l’année 1992.

Aujourd’hui, David Gedge et ses (récents) camarades de jeu (dont une bassiste qui doit avoir la moitié de son âge) célèbrent les trente ans de cet album. Mais contrairement à la plupart des groupes qui s’embarquent dans ce genre d’exercice (exemples récents : dEUS, Madrugada), ils ne se contenteront par de le jouer dans son intégralité avant un rappel constitué d’une poignée de tubes.

Quelques minutes seulement après avoir quitté le stand merchandising généreusement achalandé, ils se mettront en effet en jambes avec “Rotterdam”, un extrait de “Seamonsters”, quelque part entre R.E.M. et Neil Young. Dans la foulée, l’imparable riff de “Brassneck” lancera définitivement la soirée consacrée à “Bizarro” (clin d’œil au graffiti de la pochette qui orne la grosse caisse de la batterie). Un album qu’ils aborderont par blocs dont le point d’orgue sera sans conteste le couple constitué du sautillant “Thanks” et du hit indie “Kennedy”. Mais, en fin de set, “Take Me!” (cette captivante intro kilométrique couplée à un jeu de guitare hyper speedé) et “Be Honest” (cette basse entêtante) les talonneront de près.

Si l’on retiendra également la fougue de “Crushed”, le rythme saccadé de “What Have I Said Now?” et la rigueur de “Granadaland”, l’intérêt de la soirée se situera ailleurs. En effet, ils présenteront en primeur pas moins de trois nouvelles compositions qui devraient se retrouver sur le successeur de “Going, Going…” paru en 2016. Trois titres qui nous feront oublier l’espace d’un moment l’usure du temps (la moyenne d’âge du public approche la cinquantaine et, sur scène, le leader s’aide d’une liseuse pour les paroles). Trois titres balancés toutes guitares en avant mais présentant quelques subtilités. “Don’t Ask Me” bénéficie ainsi de l’intervention des filles sur scène (la guitariste et la bassiste), “Panama” de paroles entêtantes (“It’s the greatest show on earth”) et “Telemark”, le meilleur du lot, de ce son indie tellement caractéristique.

Outre une cover de Magazine (“A Song From Under The Floorboards”), leur impressionnante discographie sera dès lors à peine abordée. On se délectera toutefois du rouleau compresseur “Go-Go Dancer” (un des douze 45 tours susmentionnés), du glacial “Crawl” et, en guise de point final, d’un impressionnant “Nobody’s Twisting Your Arms”. No encore, bien entendu…

Le dernier passage de The Wedding Present à Liège datait de 1996 à l’Escalier. Même si le leader lancera en guise de boutade « See you in 2042 ! », on espère secrètement qu’un nouvel album arrivera avant une potentielle tournée anniversaire de “Seamonsters”. Dans la cité ardente ou ailleurs…

Photos © 2019 Christophe Dehousse

 

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