Crystal Palace + Thomas “t” Thielen au Das Rind : une superbe soirée !

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Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier cette superbe soirée où, je me suis retrouvé une nouvelle fois dans l’antre d’Oliver Wenzler avec comme toujours, un sympathique accueil de nos amis allemands qui semblent être encore animés de l’amour du vrai grand rock-progressif ! C’est une belle affiche ce soir qui nous tend les bras avec d’une part le multi-instrumentiste/compositeur/chanteur Thomas “t” Thielen que je n’avais jamais vu sur scène et d’autre part, le groupe Crystal Palace que j’ai pu voir une fois à Oberhausen il y a de cela quelques années.

C’est donc une première pour moi de voir enfin sur scène ce diable d’homme (Thomas “t” Thielen) dont j’ai déjà chroniqué plusieurs de ses albums une aubaine car, il n’est pas chose aisée de pouvoir le voir en public. C’est donc chose faite ce jeudi 4 avril et je vous assure que je ne regrette rien, vu la magnifique prestation scénique auquel on a eu droit, un concert fait tout en sensibilité et finesse pour délivrer un rock-progressif varié et complexe. Sensibilité et finesse aussi grâce au timbre de voix de Thomas, une voix unique et sensible chargée souvent de mélancolie, qui me rappelle à la fois David Bowie ou Andy Latimer. Et oui le grand Camel (surtout lorsque je pense à l’album “A Nod and a Wink”) car notre artiste teuton développe il est vrai les mêmes atmosphères à travers son chant et sa guitare mais aussi sa musique, démontrant d’ailleurs qu’il est capable de retranscrire en “Live” la complexité et l’émotion dégagées sur ses productions en studio ! Accompagné ce soir de l’excellent bassiste Yenz (basse, chœurs et membre de Crystal Palace), de Dominik Huetterman (synthés, orgue, piano et programmations électro de belle facture) qui a su pousser vers le haut et les profondeurs les très belles compositions du chef d’orchestre, de Jan Steiger (guitare) apportant un soutien technique important à Thomas et enfin de Thomas NuBbaum (batterie et percussions) qui offrira un jeu tout en finesse avec surtout un très beaux travail aux cymbales, Thomas “t” Thielen nous a offert un concert exceptionnel d’un tout grand rock-progressif voyageant entre la mélodie et l’aérien avec surtout, un artiste montrant un travail vocal de tout haut-vol allant jusqu’à parfois provoquer chez le public présent (c’était mon cas et j’étais pas le seul loin de là) la chair-de-poule ! Aucun regret d’avoir fait trois heures de route pour écouter et rencontrer un si grand musicien et un clapant guitariste, un homme habité par son art et qui le retranscrit pour nous à travers sa musique et surtout à travers sa voix qui ce soir, est allé toucher les cimes !

Et ce n’est pas tout car il y a encore le set de Crystal Palace autre grande figure du prog teuton mais ce soir, c’est plutôt avec de grandes figures du néo-prog anglais que je vais faire quelques comparaisons avec la formation composée de Yenz (basse et chant), Nils Conrad (guitare), Frank Köhler (claviers et programmation) et enfin de Tom Ronney (batterie et percussions).

Côté concert et par rapport à mes souvenirs, le groupe a pris pas mal de bouteille, je l’avais d’ailleurs déjà remarqué par rapport au dernier album paru en 2018 et chroniqué sur notre site, une évolution vers une musique plus complexe et multiples-pistes utilisant aussi bien des envolées de métal-progressif que des programmations propres à l’électro-rock pour construire une musique enjouée et diversifiée. Sur scène c’est aussi le cas avec une équipe rodée qui offre d’emblée un rock-progressif effectivement jonglant entre diverses ambiances, puisque des riffs tranchants côté métal s’associent ici à des rythmiques électro sans oublier une profondeur des claviers qui couvrent tout l’espace sonore, ce dernier étant en plus encadré par une section rythmique d’enfer. Si Yenz est comme je l’ai déjà dit plus haut un grand bassiste et un grand chanteur , Nils Conrad nous émerveille par la beauté de sa guitare mais surtout par son jeu exceptionnel nous délivrant des soli majestueux, ce dernier aura été ce soir littéralement prodigieux jonglant sans soucis entre les riffs métalliques et les touchés mélodiques. Ajoutons aussi à la recette de ce soir beaucoup de puissance et de profondeur dans le jeu de Frank Köhler, de la puissance également dans le chef de Tom Ronney, les quatre hommes offrant au final un set voyageant à travers les divers albums (2013 pour ”The System of Events”, 2016 pour ”Dawn of Eternity” et 2018 pour ”Scattered shards”) mais en les boostant en “Live” avec en sus, beaucoup de groove sur scène.

J’ai parlé de comparaison et même si tout le monde n’aime pas cela, sachez que j’ai perçu en début de concert l’ombre d’IQ, côté mélodique l’esprit d’un Mystery et enfin pour de nombreux passages enjoués et surtout plus pêchus le style de Pendragon au niveau des derniers albums du combo anglais. Crystal Palace avec une telle performance scénique a aujourd’hui atteint le niveau des autres grands groupes allemands du prog, seconde raison pour laquelle je n’ai aucun regret d’avoir fait le déplacement vers Rüsselsheim pour écouter du grand rock-progressif et finalement de la grande musique. Bravo à Tous ces musiciens qui se sont d’ailleurs rassemblés sur scène pour nous proposer une belle reprise (“We can be heroes just for one day” de David Bowie) où, le public a une dernière fois illuminé ses yeux et rempli ses oreilles…pour plusieurs jours je l’espère. Une superbe soirée !

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