POWERWOLF : The Sacrament of Sin Tour 2019

16 Participations

Pour une raison inexplicable, Music In Belgium n’avait pas pu obtenir le sésame de presse lorsque les lycanthropes métallurgistes allemands ont fait une halte mémorable à l’AB le 28 octobre dernier. Ce n’est donc qu’à titre privé que j’ai eu l’occasion d’assister à cet excellent concert. La soirée fut tellement intense et riche en émotions que j’ai décidé de retenter ma chance sur une autre date de la tournée pour pouvoir vous en parler ici. L’Aéronef de Lille nous ayant accueillis à bras ouvert, voici donc le compte rendu de la grand-messe métallique célébrée par Attila et ses loups…

À notre arrivée dans la place, la soirée a déjà commencé et l’ambiance bat son plein grâce à l’excellent groupe allemand Kissin’ Dynamite qui ouvre les hostilités en assurant la promotion de son excellent nouvel album intitulé «Ecstasy». Fondé en 2008, ce groupe de heavy metal aux accents glam que j’avais eu l’occasion de découvrir sur scène à la sortie de son tout premier album «Steel Of Swabbia» assure toujours sur scène avec une efficacité redoutable. Emmené par son charismatique chanteur Hannes Braun qui ne ménage pas ses efforts pour mettre le public dans sa manche, n’hésitant pas à s’adresser au public chti dans un français très compréhensible, le combo allemand composé d’Ande Braun et Jim Müller aux guitares, d’Andi Schnitzer aux fûts et de Steffen Haile à la basse, aligne les titres avec un plaisir non dissimulé pour la plus grande joie du public venu nombreux.

 

Au programme: «I’ve Got the Fire», «Somebody’s Gotta Do It», «Highlight Zone», «Love Me», «Hate Me», «Waging War», «You’re Not Alone», «I Will Be King» et «Flying Colours». Un véritable show, très vivant et entraînant. La bonne nouvelle pour les fans est que Kissin’ Dynamite sera bientôt de retour en tournée comme tête d’affiche. Enfin, pour la petite histoire, les fans de Powerwolf qui se sont procurés la version spéciale du dernier album savent que le coffret contient un second cd intitulé «Communio Luporum» composé de reprises de tubes du groupe interprétées par d’autres artistes renommés. Kissin Dynamite était de la partie avec la reprise de «Let There Be Night» dont je vous propose de découvrir le clip pour vous mettre dans l’ambiance de la soirée.

Après une courte interruption qui m’a permis de m’abreuver et de saluer quelques collègues photographes et amis métalleux venus de Paris et de Flandre, c’est au tour du groupe Amaranthe de s’approprier la scène de l’Aéronef. Ce groupe suédois fête son 10e anniversaire avec la sortie de son nouvel opus «Helix». Musicalement, ce groupe métal est une espèce de melting pot d’éléments power metal, de death métal mélodique, de pop, voire de metalcore. Le tout mâtiné du souçon de dance-metal et d’électro. Bref, ça tire dans tous les sens et le groupe a ses fans, y compris dans la salle ce soir.  Le groupe est composé de 6 membres : Elize Ryd au chant clair féminin,Olof Mörck aux guitares et claviers, Johan Andreassen à la basse, Morten Løwe Sørensen à la batterie, Henrik Englund aux growls et grunts ainsi que Nils Molin  au chant clair masculin (qui vient de succéder à Jake E). Cette tournée permet au groupe de fignoler ses réglages en vue de la tournée headliner qui commencera fin janvier 2019 et qui passera par le Trix à Anvers le 1er février. En attendant, les Suédois entraînent le public lillois dans un tourbillon électrométallique avec au programme : «Maximize», «Digital World», «365», «1.000.000 Lightyears», «Hunger», «Amaranthine», «GG6», «Helix», «Drop Dead Cynical», «Call Out My Name» et «The Nexus».

Le public n’est pas insensible au son très dansant de l’électrométal made in Ikéa. Elize et les deux autres chanteurs bougent beaucoup et font bien plus qu’assurer le service minimum. Leur enthousiasme est communicatif, même pour celles et ceux qui ne connaissent pas le groupe. Pour ma part, n’étant guère amateur d’entropie musicale, j’ai du mal à adhérer à cette musique, même si je dois bien reconnaître que je supporte cet épisode nettement mieux que quelques semaines auparavant. Peut-être finiront-ils par réussir à me convertir à ce culte étrange…

Un gigantesque drap noir masque la scène en guise de rideau. Le public attend impatiemment la suite dont on ne distingue encore rien hormis quelques lumières furtives que l’on voit ondoyer derrière le rideau. Quand les lumières s’éteignent et que les premières notes de l’intro «Lupus Daemonis» s’élèvent dans les airs, l’ambiance monte d’un cran et le public scande le nom de Powerwolf telle une incantation préparatoire à la cérémonie qui va suivre. Les musiciens sont en place. Quand ils entament les premières notes de la grand-messe métallique version lycanthrope, le rideau noir descend d’un coup, dévoilant un décor magnifique où se côtoient la mort, des éléments d’architecture gothique, des loups-garous, des éléments religieux.

Sur scène, le décor et les accessoires vont dans le même sens. Maquillés et grimés en parfaite symbiose avec le décor, Attila et ses loups ouvrent les festivités devant un public conquis d’avance. Les tubes vont défiler à une allure vertigineuse, entrecoupés de quelques interventions en français d’un Attila d’humeur très enjouée ce soir et de petits jeux avec le public.

Sur scène, on ne change pas une équipe qui gagne et Attila Dorn (au chant et au porte-encens) est donc entouré de ses fidèles comparses Matthew Greywolf et Charles Greywolf aux guitares, l’énigmatique Falk Maria Schlegel aux claviers et à l’animation du public ainsi que le sombre Roel van Helden aux fûts.

Au fil des ans et des albums, Powerwolf n’a cessé d’étendre son répertoire et sa base de fans. C’est aujourd’hui devenu une machine énorme, avec un tour bus peint à l’effigie du groupe, des décors sublimes et multiples, des accessoires devenus cultes, un répertoire auquel on pourrait reprocher un petit côté répétitif mais dont chaque titre est d’une efficacité diabolique et vous fait perdre le contrôle sur vos cervicales qui partent en headbanging comme par enchantement. Le public chante, danse, saute et s’amuse d’une manière qui fait plaisir à voir. Sur scène, la mécanique est parfaitement rôdée et pourtant, Attila parvient à recréer la magie chaque soir, donnant l’impression au public que le concert du jour est le seul de la tournée.

Bref, les Powerwolf s’y entendent mieux que personne pour mettre l’ambiance, grâce à leurs nombreux hymnes métalliques devenus cultes, mais aussi par une interaction très dynamique entre Attila et son public. Il s’adressera d’ailleurs au public des Hauts de France dans la langue de Molière, non sans humour, notamment quand sa voix a connu un léger raté alors qu’il entraînait le public à chanter le refrain d’«Armata Strigoi». Autre moment très fun, quand Attila et le claviériste se partagent la salle en deux et font scander leur nom par le public, les femmes d’abord et puis les hommes, histoire de voir qui criera le plus fort. Bref, autant de petites touches d’humour qui contribuent à une excellente interactivité avec un public conquis et à rendre l’ambiance incandescente.

Côté musical, le programme de la soirée était roboratif, de quoi assouvir la soif de sang et d’hymnes métalliques : «Fire and Forgive», «Army of the Night», «Incense & Iron», «Amen & Attack», «Let There Be Night», «Demons Are a Girl’s Best Friend», «Killers With the Cross», «Armata Strigoi», «Blessed & Possessed», «Where the Wild Wolves Have Gone», «Resurrection by Erection», «Stossgebet», «All We Need Is Blood», «We Drink Your Blood» et «Lupus Dei».

Les riffs guitares giclent avec la précision d’un moteur de formule 1, la batterie et les claviers complètent le tapis musical sur lequel s’épanouit la voix d’Attila, malgré un léger refroidissement.

Après une sortie de scène de quelques minutes durant lesquelles le public a crié toute son admiration et son envie de plus, les lycanthropes teutons sont revenus sur scène au son de l’intro «Agnus Dei» pour entonner les trois derniers morceaux : «Sanctified With Dynamite», «Coleus Sanctus» et «Werewolves of Armenia», avant de remercier le public au son de «Wolves Against The World».

Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à une des dates de cette tournée, voici une captation réalisée lors de la première partie de la tournée (qui est passée notamment par l’AB). Powerwolf devant son public en Allemagne. Régalez-vous!

 

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