BLOĐ – Serpent

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Malgré son nom qui signifie sang en islandais, Blóð n‘a rien de scandinave. On pourrait peut-être imaginer une origine germanique avec l‘un des membres qui s‘appelle Ulrich Wegrich mais il s‘avère que Blóð est basé à Paris. Cependant, ici, il ne sera pas question du Moulin Rouge, des petits troquets de Montmartre ou des marchés populaires de la Place de la Contre-Escarpe mais plutôt d‘errances dans le cimetière du Père Lachaise, si l‘on en juge par les attirances morbides de ce groupe et son goût prononcé pour le doom metal le plus funèbre. Oui, Blóð a quand même quelque chose de scandinave, après tout…

Outre Ulrich Wegrich, dit Ulrich W., dit Dagoth quand il évolue dans son autre groupe Otargos, on trouve une certaine Anna W. au chant dans ce duo Blóð, qui signe cette année son deuxième album. Un premier disque éponyme à compte d‘auteur était en effet sorti début 2020 et annonçait la couleur, avec un doom metal épais et triste survolé par la voix plaintive de la chanteuse. Un petit côté gothique et darkwave n‘était pas non plus à négliger sur cet album, dont les titres ʺSpektrsʺ, ʺTombstoneʺ ou ʺLittle deathʺ insistaient sur le goût de Blóð pour les thèmes mortuaires.

On retrouve ces mêmes ambiances sépulcrales sur ʺSerpentʺ, doté sans doute d‘un côté encore plus sombre et encore plus lent que le précédent. Ulrich Wegrich opère sur tous les instruments, guitares, batterie, basse, synthés, tandis que sa compagne égrène un chant lointain et chagriné. Les thèmes n‘évoquent aucunement le printemps et les petites fleurs des champs : ʺLvciferʺ, ʺHecateʺ (la déesse grecque de la magie), ʺBlodʺ, ʺSerpentʺ, ʺHäxanʺ (le mot suédois pour sorcière, référence à un des tout premiers films de sorcellerie de l‘histoire du cinéma, en 1922), ʺSeleneʺ (la déesse grecque de la Lune).

Blóð se pose effectivement comme un groupe cérébral, à la culture sombre et torturée. Sa musique avance comme une lente procession de vestales vouées à la mort. Cette ambiance fatiguée et nocturne s‘imposera tout au long de l‘album, finissant même par lasser devant le peu d‘alternatives rythmiques offertes à l‘auditeur. Le chant aussi, avec ses plaintes toujours renouvelées et ses brisures maladives, s‘insinue peu à peu dans notre cerveau et entreprend un lent travail de sape. Après tout, c‘est peut-être le but recherché et si la première écoute de l‘album s‘était avérée un peu grinçante, les écoutes suivantes familiarisent davantage avec l‘univers dépressif du duo. C‘est ainsi que ʺBlodʺ, ʺEnergumeneʺ ou ʺHäxanʺ nous emportent peu à peu dans un marécage de tristesse, nous donnant envie de relire Dostoievski ou revoir les films de Tarkovski, bref des choses très dangereuses pour l‘équilibre mental.

Si vous êtes finlandais ou si vous traversez une période de dépression nerveuse, cet album de Blóð accompagnera à merveille vos délires souffreteux. Pensez quand même à alterner un peu avec des choses plus rigolotes si vous ne voulez pas devenir complètement fous.

Le groupe :

Ulrich W. (guitare, basse, batterie, synthés)
Anna W. (chant)

L‘album :

ʺLvciferʺ (06:32)
ʺHecateʺ (04:11)
ʺBlóðʺ (06:14)
ʺEnergumeneʺ (07:38)
ʺSerpentsʺ (07:42)
ʺHäxanʺ (05:10)
ʺSeleneʺ (05:16)

https://malpermesita.bandcamp.com/album/serpent
https://www.facebook.com/blodband

Pays: FR
Malpermesita Records
Sortie: 2021/02/19

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