DISKORD – Degenerations

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Le monde du death metal va pouvoir se préparer à un choc révolutionnaire avec cet album de Diskord, un combo norvégien qui prend son temps puisqu’il est l’auteur de trois albums long format et deux EP en une vingtaine d’années d’existence. Il faut dire que Hans Jørgen Ersvik (batterie et chant), Eyvind Wærsted Axelsen (basse et chant) et le jeune guitariste Dmitry Soukhinin (arrivé de Russie en 2015) ont besoin d’un certain temps pour mettre au point un hallucinant mélange de death metal old school, de dissonances radicales, de technicité exigeante et même d’éléments jazz ou progressifs. Et donc, après l’EP ʺhdfhʺ (2005), les albums ʺDoomscapesʺ (2007), ʺDistopicsʺ (2012) et un autre EP ʺOscillationsʺ (2014), voici ʺDegenerationsʺ, un album qui bouscule toutes les règles traditionnelles du death metal et qui va semer la zizanie chez les arbitres du bon goût death, plutôt enclins à toujours écouter la même musique.

Quand on propose du changement à des forces conservatrices, deux réponses possibles viennent étayer leur méfiance : ʺOn a toujours fait comme çaʺ ou ʺOn n’a jamais fait comme çaʺ. Ces réponses protègent à la fois les Anciens et fustigent les Modernes. Alors ici, qu’imaginer comme tourments dans les têtes des défenseurs de la tradition death quand arrive cet OVNI d’une folle imagination qui doit autant à Carcass ou Atheist qu’à Primus ou au Dillinger Escape Plan ?

Nous n’allons pas nous intéresser aux états d’âme des réfractaires mais plutôt imaginer avec plaisir les cris d’enthousiasme de ceux qui attendaient depuis longtemps un petit mouvement à la surface de la banquise du death metal, qui semblait frigorifiée à jamais. Voilà un groupe et un album qui viennent donner de grands coups de chalumeau dans la glace, dans l’espoir de faire craquer la masse figée et il faut s’en réjouir.

ʺDegenerationsʺ s’avère totalement excentrique, imprévisible à chaque seconde, retourné en permanence par des changements de tempos, des assauts tourmentés de guitare, des ruptures d’ambiances qui font jaillir une confusion savamment entretenue. Le groupe ne reste jamais sur un schéma rythmique plus de quelques secondes. Le chant se disperse en hurlements chaotiques alors que guitare, basse et batterie semble jouer chacune leur propre partition, partant dans des coins avant de revenir se confronter les unes aux autres dans des bouillonnements insensés, de quoi faire passer Frank Zappa pour un métronome.

Extraire un ou plusieurs morceaux de ce fouillis relève du pari insensé. Chaque titre joue un rôle dans le montage sonore de cet album et tous ces morceaux ont leur grain de folie propre. Certains intitulés valent aussi leur pesant de bigorneaux : ʺLoitering in the portalʺ, ʺBionic tomb eternalʺ, ʺClawing at the fabric of spaceʺ, ʺRaging berzerker in the universe rigidʺ. Il faut aussi s’accrocher pour produire le son d’un tel disque mais l’expérience de Colin Marston (Gorguts) est là pour relever tous les défis. La pochette est également à la hauteur de la personnalité sonore de l’album. Ici, par de squelettes grouillant dans les profondeurs de l’enfer, comme habituellement sur les pochettes de death metal, mais un dessin abstrait signé Sindre Foss Skancke, qui avait déjà peinturluré les albums précédents de Diskord.

Barré à l’extrême, furieusement anti-mélodique, savoureusement complexe et superbement méprisant des conventions, cet album de Diskord suscitera autant l’effroi que l’admiration, cela dépend du public qu’il rencontre. Mais en aucun cas, il ne peut laisser indifférent, et c’est à cela qu’on reconnaît les œuvres fortes.

Le groupe :

Hans Jørgen Ersvik (batterie et chant)
Eyvind Wærsted Axelsen (basse et chant)
Dmitry Soukhinin (guitare et chant)

L’album :

ʺLoitering in the Portalʺ (02:48)
ʺBionic Tomb Eternalʺ (02:52)
ʺAbnegationsʺ (04:40)
ʺThe Endless Spiralʺ (03:57)
ʺDirigiste Radio Hitʺ (03:55)
ʺLone Survivorʺ (01:32)
ʺDragged for Coronationʺ (03:00)
ʺClawing at the Fabric of Spaceʺ (04:01)
ʺAtoms Decayʺ (02:20)
ʺRaging Berzerker in the Universe Rigidʺ (03:23)
ʺGnashingʺ (04:32)
ʺBeyond the Grimeʺ (04:16)

https://diskordband.bandcamp.com/album/degenerations-dissonant-technical-death-metal
https://www.facebook.com/DiskordNorway

Pays: NO
Transcending Obscurity
Sortie: 2021/08/13

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